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Billet du jour

FRED CELIMENE ET KINVI LOGOSSAH, UN CAMOUFLET PAR LE CONSEIL D’ETAT !

Au mois de mai dernier, on se souvient que la présidente de ce qui était encore l’UAG, Corinne Mencé-Caster, avait pris la décision de suspendre Fred Célimène et Kinvi Logossah, respectivement directeur et directeur-adjoint du CEREGMIA, de leur fonction d’enseignant-chercheur avec interdiction d’accès au Campus de Schoelcher.

Cette décision qui constituait une préconisation forte des conclusions du rapport de l’IGAENR, avait d’ailleurs été publiquement et largement approuvée par Geneviève Fioraso, secrétaire d’état à l’enseignement supérieur et de la recherche, qui avait de plus adressé un message de félicitations à la présidente de l’UAG. Ce message avait été fortement relayé par la presse.

Il est à noter que cette suspension d’un an avec salaire, ainsi que la préconise la loi, s’est faite sur la base de 4 rapports accablants rédigés à l’encontre des pratiques du CEREGMIA : 2 de la Cour des comptes, 1 du Sénat et 1 de l’IGAENER (Inspection Générale de l’Education Nationale et de la Recherche). Rapports qui d’ailleurs avaient poussé le Procureur de la République à Fort-de-France à ouvrir une enquête pour suspicion de « délit de favoritisme, détournements de fonds publics et escroquerie en bande organisée au préjudice de l’Union européenne ». Il faut noter aussi qu’aucun de  ces 4 rapports n’a été rédigé par la présidente de l’Université ni par des membres de sa gouvernance. Elle n’avait d’ailleurs même pas encore été élue lorsque les deux rapports de la Cour des comptes ont été commis.

Cela n’avait pas empêché les avocats des dirigeants du CEREGMIA, à savoir Philippe Edmond-Mariette et Gérard Dorwling-Carter, de clamer haut et fort au cours d’une conférence de presse qu’il « n’y avait pas d’affaire CEREGMIA » !!! Après la suspension de leurs deux clients, ils disposaient de deux mois pour faire appel, ce qu’ils ont fait deux jours avant la date-butoir. Ils avaient déclaré également porter plainte en diffamation contre le site MEDIAPART qui avait publié une enquête très fouillée sur les pratiques du groupe de recherches de Fred Célimène, enquête intitulée : « Détournements massifs de fonds européens à l’Université des Antilles et de la Guyane ». Quelques semaines plus tard, F. Célimène et K. Logossah avaient été convoqués au SRPJ du Lamentin pour des interrogatoires d’une journée entière. Ressortis libres, leurs avocats avaient à nouveau clamé leur innocence alors qu’e ces interrogatoires s’inscrivent dans la procédure normale d’une information judiciaire qui n’en est qu’à ses débuts. Rappelons qu’elle n’a été ouverte que le 7 avril 2014. D’ailleurs, de source bien informée, il se dit que F. Célimène, K. Logossah et deux de leurs comparses, Hector Elisabeth et Diana Ramassamy, seront convoqués courant septembre par le SRPJ.

L’audience du Conseil d’état visant donc à examiner la requête en suspension relative aux mesures conservatoires déposée par les dirigeants du CEREGMIA s’est déroulée à Paris le 19 août dernier. La présidente de l’Université et ses avocats et F. Célimène ainsi que Kinvi Logossah accompagnés de leurs avocats ont été entendus en même temps. Au cours de cette audience surréaliste, on a eu d’un côté, une présidente qui s’appuyait sur des rapports détaillés et chiffrés et d’un autre côté, des dirigeants du CEREGMIA déclarant que toute cette affaire n’était qu’ « un complot fomenté par la présidente et son bras droit, le doyen de la faculté des lettres et sciences humaines avec le MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais) afin de renverser Serge Letchimy, actuel président PPM du Conseil régional de la Martinique et de s’emparer de la Collectivité de Martinique lors des élections de décembre 2015, cela dans le but de conduire la Martinique à l’indépendance » !!!

Rien que ça ! Quid des rapports institutionnels des experts ?

Cette argumentation des plus grotesques parce que C. Mencé-Caster n’a jamais fait de politique et que R. Confiant n’a jamais été membre du MIM - avait, il est vrai, déjà été développée dans un mail qui avait fuité de Jeff Lafontaine, directeur de cabinet de Serge Letchimy, mail lui aussi largement repris dans la presse et sur le Net, ainsi qu’un article-Facebook de Camille Chauvet, conseiller régional PPM, qui dénonçait le complot contre le PPM des « deux chabins » (sic) à savoir Alfred Marie-Jeanne et Raphaël Confiant !!! Deux chabins qui auraient à l’entendre « chabiné » (re-sic) la présidente !!! On mesure là le niveau de l’argumentation de ces messieurs. Fort heureusement, le Conseil d’état n’a pas cru à cette fable et a tout simplement rejeté les deux demandes en appel de F. Célimène et K. Logossah. Non seulement, ils demeurent suspendus de leur poste d’enseignant-chercheur et n’ont pas le droit d’accéder au campus de Schoelcher, mais en outre, ils sont condamnés à 3.000 euros d’amendes pour procédure abusive…

Quand on sait qu’au lendemain des mesures conservatoires de suspension et d’interdiction d’accès prises par la présidente de l’UAG, Gérard Dorling-Carter, ce célèbre ventrologue, avait claironné partout que la présidente de l’UAG (qu’il avait d’ailleurs traitée de « littéraire » farfelue) avait outrepassé ses droits en prenant un arrêté qu’il revenait à la Ministre de prendre, on est en droit de se demander qui est avocat et qui ne l’est pas !

Le Conseil d’Etat a donc tranché dans le vif ! Saluons le courage de la présidente et de son équipe qui, après une année universitaire 2013-2014 particulièrement terrible,  se sont retrouvés en plein cœur des vacances universitaires, à monter un mémoire en défense et à partir pour une audience au Conseil d’Etat à Paris à la mi-août !

L’affaire CEREGMIA poursuit donc son cours ! A la justice de conduire ce dossier comme il se doit.

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