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HAÏTI: PECK PREND LA CITADELLE

{{Avec un budget de près d'un million de dollars, Raoul Peck s'est installé à la Citadelle du Roi Christophe, loin de tout, pour réaliser son prochain film : Moloch tropical. Pour faire vivre la garnison des acteurs, techniciens et autres rouages que la machine de production nécessite, il fait revivre la dernière demeure du Roi bâtisseur. Une équipe de Ticket magazine a visité, dimanche dernier, le plateau de tournage. C'est grandiose, même si on ignore si, encore une fois, une oeuvre de fiction montrera les Haïtiens laids, bêtes et méchants. Le film traite des derniers instants au pouvoir d'un président haïtien. Moloch tropical sera sur les écrans d'ici la fin de l'année.}}

Des notes se faufilent d'une petite flûte dans le silence minéral qu'imposent les hauts murs de pierre de la Citadelle Lafferière. Il fait un peu froid. Le soleil se cache. Adossé au socle imposant où les mots d'Albert Mangonès résonnent figés dans la plaque couleur bronze, un monsieur essaie de jouer « Hier encore » de Charles Aznavour. Le flutiste improvisé multiplie les fausses notes. Dieu, que le roi Christophe ne l'entende pas !

A la huitième reprise, tout aussi ratée que les sept précédentes tentatives de «Je me souviens d'un temps...», tout le monde s'habitue aux hoquets de la flute ou fait semblant de ne pas s'en offusquer. Tout se passe au ralenti et ce rétro d'Aznavour est de circonstance. La musique plane sur la cour centrale de la Citadelle comme un baume. Vingt, trente, quarante personnes attendent depuis des heures, dans une nonchalance feinte, que leur tour arrive. Que Peck le Moloch les invite, par le biais d'un assistant du 2e assistant de son premier assistant-réalisateur, à se préparer à être filmé. Fausses notes ou pas, la musique n'a jamais autant adouci les moeurs.

Sur le plateau de Velvet Film, la maison de production de Peck, tout le monde a un assistant qui se dévoue de tout son coeur à la réussite de chaque action qui concourt à la réalisation du film. Il faut le voir pour le croire quand on dit à quelqu'un la phrase magique « Raoul te cherche », le monde cesse de tourner jusqu'à ce que cette personne résolve le pépin ou le problème de Peck.

Une nouvelle salve d'Aznavour retentit. La Citadelle en ce temps-là... se languit. Un film, c'est lent à construire. Un machiniste huile les rails du traveling. Le marqueur se promène avec ses rubans adhésifs multicolores à la ceinture. L'éclairagiste court chercher une ampoule. Le 2e assistant réalisateur nous rassure : « Vous verrez Raoul tout à l'heure ».

Comme nous, les figurants dans l'attente patientent. Le job principal des figurants est d'attendre sans trop savoir quoi. Les acteurs aussi attendent. Mais, eux, ils ont lu le scenario. Eux, ils ont des loges et, entre pairs, conversent de maquillage, des costumes, d'une scène tournée hier, de tout et de rien, pour faire passer le temps.
Les figurants s'étirent, dorment, baillent, essaient de rire de leur condition. Pour 300 gourdes par jour ce n'est pas le pire emploi de la République. Heureusement que le monarque de ces lieux, Henri Christophe, est mort. Il aurait pu les faire travailler pour rien. A la Citadelle, quand dix ne pouvaient abattre une tâche, Henri 1er le faisait réaliser par cinq ! La veille, une dame venue du Cap-Haïtien a fait un esclandre, un scandale, un lòbèy. Elle avait laissé son studio de beauté pour venir jouer dans un film. Elle rêvait d'Hollywood. Le cachet de misère lui a fait sortir de ses gonds, nous raconte-t-on. Des décorateurs passent. Il faut refaire les tapis pour la scène suivante. Démonter par-ci, superviser les menuisiers. Trouver le bon accessoire. La lampe ou les lumières qui vont avec le décor et l'ambiance du plan séquence 34.
A dos d'hommes ou sur la tête des femmes, tout arrive à destination. Une cohorte de femmes passe avec des vivres. OEufs par caisse, poulets par caisse, sac de sucre, paquets de pâtes, des bananes, des légumes, de la viande. Dans l'autre sens, deux filles évacuent des déchets, épluchures, restes du repas de la veille, une grosse boîte de pâte de tomate Alberto. Un lent ballet les conduit au pied de la Citadelle où le pick-up de service livre de l'eau. Il en faut pour les toilettes, pour le bain, pour la lessive. De l'eau encore pour la boisson, pour ces jus et le café que les équipes engloutissent par litres et par gallons. Au réfectoire, autour de repas joyeux ou sur la petite table qui suit de près les déplacements que nécessitent le tournage, il y a beaucoup de gobelets pour plein de gosiers asséchés. La bouffe est correcte. Nous avons dégusté. Cassave, poulet sauce poivrons, jus de cachiman, confiture d'ananas, petits paquets de bonbon Casino. Diverse et variée, ça passe vite. Tout le monde mange tout le temps. Filmer ça creuse. Et pas question de s'éloigner. A la Citadelle on n'a pas le choix non plus. Il n'y a que l'horizon à l'horizon.

La machine mise en place par Peck est comme une usine. Cela consomme de tout en grandes quantités pour produire des images qui seront un jour sur les écrans, petits et grands, du monde entier. Les génératrices ronronnent. Le comptable cherche le machiniste en chef. Deux gaillards colportent un panier de mangues. Ça va, ça vient. Le film avance au pas lent du script. Soudain, les radios de communication grésillent.

« Silence », hurle le crieur de service. Il répercute l'ordre venu du bout du couloir où Raoul Peck est en train de tourner une nouvelle scène de son film dans une cuisine baroque où poulets, cochon éviscéré et homards cohabitent sur une grande table en bois, signe qu'une orgie gargantuesque se prépare ou qu'une énième réception prend place dans le palais décadent où un président haïtien vit ses derniers jours.
Tout le monde se raidit. On dirait que l'on arrête de respirer. « Qu'il finisse ce plan et passe à celui où j'ai un rôle !», semble se dire chaque personne présente, assise de-ci de-là, dans le cadre grandiose de la cour où la garde royale de Christophe lui présentait les armes, il y a deux siècles. Un malfini plane tout là-haut dans le ciel un peu gris de ce dimanche matin. Est-on bien dimanche ? Le film se joue des jours. Ici on travaille sans arrêt, pour respecter le calendrier et le budget.
Depuis trois heures, après l'épuisant et pénible voyage par la route de la veille où nous avons mis huit heures pour relier Port-au-Prince au Cap-Haïtien, nous attendrons que Raoul Peck soit libre pour lui poser quelques questions sur son film Moloch tropical. Le 2e assistant repasse. « Vous verrez Raoul dès qu'il aura fini de prendre son déjeuner ».

Il n'y a rien à faire qu'attendre. Nous avons posé des questions et soutiré des commentaires de tous ceux qui voulaient bien lier conservation avec nous, sans l'autorisation de Raoul que tout le monde semble craindre et respecter. Après tout, c'est son film et il est maître des lieux, des biens et des carrières.

Pour passer le temps, seul ou en bande, chacun de nous découvre ou revisite la Citadelle. On visite les dortoirs. Lorgne sur les appartements de Peck et des grosses pointures. Découvre les w.-c. de la Citadelle. Pas de culottes en vue, comme la sénatrice l'avait dénoncée. Mais caleçons et autres linges se balancent au soleil sur des lignes tendues entre deux murs de la fortification la plus célèbre du pays. Des décors ont été construits. Il est visible qu'un certain soin a été pris pour ne pas dénaturer le site. Dans le bureau du président, un pan de mur sort de terre et s'impose comme s'il est naturel de le trouver là. La nécessité et l'obligation de ne pas l'abattre imposent le mur comme un accessoire de charme. Un pan de mur en brique en ruines planté dans le parquet de bois cohabite avec le téléphone présidentiel et autres gadgets modernes. C'est surréaliste comme un tableau de Magritte.
Des Népalais de la Minustah arrivent comme un bataillon en civil, habillés de la tête aux pieds des mêmes fringues, comme quand ils sont à l'armée. C'est amusant de les voir déambuler sans guide, attentif à écouter les explications que l'un d'eux a dû pécher sur Internet. La tragédie du Roi Christophe en népalais cela donne quoi ?

La flûte pleure. La musique d'Aznavour parle des notes à réveiller un mort. Nous baptisons l'artiste Fonoteur, joli nom pour un piètre musicien. Avec sa barbe et son chapeau, Fonoteur décidément lui va bien. Cela fait classe. Avec les autres figurants, il ne finit pas d'attendre. Nous aussi. Réginald Georges arrive avec des jeunes filles qu'il vient de récupérer au Cap. Il manquait de femmes pour la scène de la réception dans une réplique artistique de la salle des bustes du Palais national de Port-au-Prince, en plein Citadelle. C'est cela la magie du cinéma. Faire tout croire en n'importe quel lieu.

Les filles attendent. Puis partent s'habiller. Reviennent. Plus désirables que belles. Je crois les avoir vues dans le dernier S.A.S que j'ai lu. Pareilles sous toutes les latitudes. Elles jouent, je devine, les indispensables hétaires qui accompagnent les fêtes. Signes extérieurs de richesse ou de pouvoir depuis que le monde est monde. Un film se doit d'être au plus proche de la réalité. Faire le casting est un art.
Sonia Rolland sort enfin de sa chambre. Royale dans sa robe mauve. Jolie comme une poupée Barbie qui a pris un peu de soleil. Grosses lunettes. Chignon présidentiel. Elle a l'allure et la prestance d'une première dame. Gessica Généus revient dans un tailleur bleu-mauve et une coupe de cheveu qui la vieillit un peu. Pour les besoins de son rôle. Mireille Métellus, actrice de longue date qui vit à Montréal, est aussi dans les parages. Ce n'est pas le premier long-métrage qu'elle tourne avec Peck. Elle est dans « L'Homme sur les quais ». Fardia, dont personne à Ticket ne connaît le nom complet bien que le visage nous soit connu, flâne d'un groupe à l'autre. Bien mise en valeur par son uniforme bleu de soubrette. La belle bonne a-t-elle flashé dans les yeux du président ? Nous nous posons la question et en sommes convaincus quand Junior Metellus la taquine sur sa grossesse future. Porte-t-elle un enfant de son excellence ? L'histoire du film ne durera pas assez longtemps pour que qui que ce soit sache la réponse. Un film est un court moment d'éternité. Inoubliable quand il est bien réalisé. Rien de plus.

Les autres cinéphiles de par le monde s'interrogent-ils, comme nous, sur ce qui ne se passe pas à l'écran pour allonger les scénarios, comme on le fait souvent ici ? Cette question me hante tant j'ai assisté, une ou deux fois pris part, à des discussions enflammées sur des actions qui n'ont pas eu lieu dans des films.

« Silence », lâche le crieur. La cour est comme saisie. Raide. Figée. Pour ne pas altérer la bande son, il faut éviter de faire du bruit. Cela parasiterait tout. L'ingénieur de son veille. Le réalisateur veille. Les assistants sont aux aguets. La script aussi. Le directeur de la lumière idem. Ses assistants aussi. Sur ce plateau, pour la première fois, nous avons un aperçu, grandeur nature, des impératifs de la réalisation d'un film. Il faut du talent certes, mais surtout de l'argent, des techniciens au fait de leur art et une organisation sans faille. Filmer ce n'est pas impressionner de la pellicule. C'est surtout consommer des ressources rares. Tous les acteurs du monde du cinéma haïtien devraient passer un jour sur un tournage de cette envergure pour comprendre la magie et les rigueurs du cinéma. Peck devrait faire école. Séminaire. Conférence.
Un cameraman passe avec une petite boîte marquée « Panavision ».

Depuis ma plus tendre enfance je lis à la fin des génériques « Tourné en Panavision ». C'est donc cela, un procédé technique qui accompagne l'histoire du cinéma. Le perchiste emballe le plumeau de son super micro. La prochaine scène sera sans son original. Sur une terrasse de la Citadelle Peck s'installe. De l'autre côté de la cour, sur une autre terrasse, les acteurs prennent place. Le metteur en scène donne les instructions. Ashley Laraque qui a passé la journée à deviser avec une diaspora, qui s'est retrouvée figurante par hasard parce que cousine du 3e assistant réalisateur, déboule d'un angle mort. Il est sanglé dans un gilet kaki qui recouvre un t-shirt bleu. Un M-16 en main. Impressionnant et voyant. Il est garde du corps du président. Mine de circonstance, il se place comme le lui demande Raoul.

« Silence », la grosse caméra tourne. « Coupez ». Pour l'éclairage, on arrête tout. Un nuage passe. La scène qui est tournée en extérieur ne peut être filmée dans de telles conditions. Il faut attendre le retour du soleil. « Silence ». Cela repart. « Coupez ». Raoul n'est pas satisfait de la chorégraphie de Sonia entre les invités qui assistent à la réception donnée par son mari. « Sonia, tu es la maîtresse de maison. Va de groupe en groupe, va faire la conversation » recommande Raoul.
Ça reprend. S'arrête. Repart. Stop. Puis, go. Action.

Crâne luisant, léger dans ses sportwears, ultra concentré, Peck va de la caméra à la table de contrôle. Il a l'oeil sur tout. Il est le seul qui peut dire que ce qui est en boîte est bon. Il n'a pas droit à l'erreur au risque de découvrir une faille le jour du montage quand les acteurs et le décor ne seront plus là. Wap, il démarre, court vers la terrasse d'en face pour placer Zinedine Soualem et donner un conseil à Gessica. Les plans se suivent. Les séquences s'enchaînent. Le joueur de flûte est bientôt au centre d'une scène. J'ai comme l'impression qu'il joue la comédie comme à la flûte.

Ostensiblement, nous nous faisons voir. Stéphanie qui a passé la journée à glaner des infos et à fouiner pour découvrir la Citadelle est ultra visible dans son juste à corps rouge. Frédérick se place partout, armé de son appareil photo et d'un gros zoom. Moi, je suis, de par ma surface et mon poids, omniprésent.

Peck nous ignore. Absorbé par ce qu'il fait. L'heure tourne. Il veut passer à une autre scène extérieure avant que le soleil se couche. Cette fois, ce sera au centre de la cour, là où tous les figurants ont passé la journée à attendre. Le 2e assistant réalisateur me parle de mon mail qui l'avait averti de notre venue. Il se désole de l'avoir lu un peu tard. De ne pas y avoir répondu. Et me laisse supputer que Peck ne sait pas pourquoi je suis là. D'ailleurs, la seule fois que nous nous sommes parlé, le moloch de la pellicule et moi, ce fut pour un bref salut. Il m'a reconnu, car nous nous sommes un peu fréquentés dans des couloirs de ministères quand il était ministre de la Culture et au cours d'une conférence de l'Unesco à Paris il y a de cela un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. « Tu as grossi », m'a-t-il dit. Sans me promettre de me revoir comme je le lui suggérais.

Bientôt cinq heures. Allons-nous attendre que la tombée de la nuit arrête le tournage pour avoir le loisir d'interroger Peck ? Ne sera-t-il pas trop fatigué après une telle journée de travail ? Comment allons-nous faire pour rejoindre Milot et repartir vers le Cap. Monter à l'assaut de la Citadelle en plein jour sur le dos de Big Belly est un exploit déjà grand. Redescendre dans l'obscurité me rebute. D'autant que mon fier cheval refuse d'avancer autrement que sous les coups de fouet d'Altesse, l'un des trois conducteurs de chevaux qui nous accompagne depuis le matin. Big Belly se transforme en « Ti Bato », lent et prêt au naufrage, dès que je lui grimpe sur le dos. Nous pesons le pour et le contre. L'attente à la Citadelle nous a déjà empêché d'aller à la mer à Cormier. Allons-nous, comme l'équipe du film, dormir à la Citadelle pour pouvoir parler à Peck?
Réginald Georges nous rassure. Bruno Mourral également. « Quand Peck aura terminé avec la dernière scène du jour, il vous accordera un peu de son temps ». « En êtes-vous sûrs ? » les deux opinent de la tête que oui. Le 2e assistant revient. Gueule des mauvais jours en avant. « Il vous verra, ne vous inquiétez pas ». Jamais, il ne nous confirme que Peck est au courant de pourquoi nous sommes là.

Les minutes glissent. Le plateau de la prochaine scène se met en place. On demande à ceux qui ne font pas partie de la production ou du casting de libérer la place. Il faut descendre d'un niveau pour sortir du champ de l'action. Là où nous sommes, impossible de voir et de se faire voir. Cela nous achève. Démoralisés, nous décidons de partir. Je croise Bruno Mourral, l'informe de notre départ. Il me confesse que depuis trois jours, il passe ses journées à la Citadelle. Se fait saluer par Peck. Mais, il lui est impossible de lui parler. Mourral veut pourtant entretenir le réalisateur de son travail. Il est le responsable de l'équipe qui tourne les scènes extérieures pour le film Moloch tropical. Si lui n'arrive pas à accrocher Peck. Que dire ! Qu'espérer ! Qu'attendre !

Le tournage arrive à sa fin. Peck réussit son pari. Il a pris la Citadelle. La Citadelle lui prend tout son temps. Il doit faire vite. Profiter de chaque minute pour ne pas dépasser son budget de près d'un million de dollars. Nous ne pouvons plus attendre les molochs et nous nous interrogeons déjà sur ce qui restera de ce que nous avons vu filmer dans la version définitive du film.

A bout de patience, nous partons, Nous n'aurons pas d'interview de Monsieur Peck, mais quelle belle journée au cinéma à la Citadelle que fut ce dimanche 3 mai 2009. Rendez-vous le jour de la première.

{{Frantz Duval}}

duvalfrantz@yahoo.com

source http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=70078&PubDate...

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