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Indignation silencieuse des Martiniquais face à la corruption

Indignation silencieuse des Martiniquais face à la corruption

   Si le Comité "VIGILANCE ANTI-CORRUPTION" a réussi son pari de rassembler près de 300 personnes un samedi matin pour défiler silencieusement dans les rues de Fort-de-France, que personne ne s'y trompe ! Une indignation générale contre le développement des pratiques mafieuses de toutes sortes est en train de monter au sein de la population martiniquaise. Elle est audible dans la rue, dans les transports en commun ; elle est visible sur les réseaux sociaux ; elle imprègne les réunions amicales, les fêtes de famille, les conversations impromptues entre inconnus.

   LES MARTINIQUAIS VEULENT DESORMAIS DIRE "STOP" AU NEPOTISME, AU CLIENTELISME ET A LA CORRUPTION QUI GANGRENENT LEUR PAYS.

    Ce samedi 10 mars, c'était donc l'affaire dite du CEREGMIA qui était sur la sellette, sigle mystérieux pour la quasi-totalité des Martiniquais, des Guadeloupéens et des Guyanais (puisque ce groupe de recherches universitaires a exercé ses talents sur ces trois territoires durant deux décennies), mais qui a fini par devenir le symbole de tout ce dont les gens ne veulent plus : des personnes censées être éduquées et éduquant leurs enfants, cela au plus haut niveau puisqu'il s'agit de l'enseignement supérieur, des personnes détentrices de doctorats et donc d'un savoir, dans leur discipline en tout cas, largement supérieur à celui de Monsieur-Tout-le-Monde, des personnes bien sous tous rapports et membres de partis politiques (le PPM en l'occurrence), de club-services respectables (et de loge maçonniques), des pères et mères de famille (des femmes sont mouillée dedans comme l'ancienne agent-comptable de l'université, la Guadeloupéenne Micheline HUGHES), qui n'hésitent pas à se livrer à des pratiques financières maffieuses.

   Sé moun-tala pa WONT !...

   Ce ne sont pourtant pas des Smicards. En effet, si le salaire d'un universitaire est très en-dessous de celui d'un chef d'entreprise, il est très au-dessus de celui des femmes de ménage, des chauffeurs de taxi, des aide-soignantes, des facteurs ou des agriculteurs. Un universitaire ne roule pas sur l'or, mais pour peu qu'il ou elle ne jette pas son argent par la fenêtre, ils ou elles peuvent vivre très correctement, surtout dans des pays comme la Martinique et la Guadeloupe où le nombre de chômeurs dépasse le chiffre de 40.000. Chose énorme pour de si petites populations ! Chômeurs qui pourtant parviennent à survivre.

   Quel besoin ont donc des universitaires de faire de fausses factures, des bons de commandes au nom de l'établissement qui les emploie mais sur papier libre, d'utiliser les noms de leurs collègues pour des billets d'avion fictifs ou pire, d'imiter leur signature sur des documents où plusieurs centaines de milliers d'euros sont en jeu ? OUI, QUEL BESOIN CES UNIVERSITAIRES ONT-ILS EU DE SE LIVRER A DE PAREILLES TURPITUDES ? C'est pourtant ce à quoi Fred CELIMENE, KInvi LOGOSSAH, Eric CARPIN et leurs 43 comparses se sont fortement soupçonnés de s'être livrés durant près de vingt-cinq ans au sein de l'ex-UAG (Université des Antilles et de la Guyane) et ensuite de l'UA (Université des Antilles).

   C'est à tout cela que les manifestants silencieux, conviés par le Comité "VIGILANCE ANTI-CORRUPTION", on voulu dire un "NON" solennel. Et il est heureux qu'ils aient reçu l'appui actif de deux syndicats d'enseignants : l'UNSA-EDUCATION et le SNUEP-FSU. Celui de mouvements politiques : le PALIMA, le Parti Communiste Martiniquais, le RDM (Rassemblement Démocratique pour la Martinique), Martinique-Ecologie, AOP (Alliance ouvrière et Paysanne), le MPREOM etc. Il est surtout heureux qu'ils aient été accompagnés à travers les rues de la capitale par des dizaines de citoyens qui ne sont syndiqués nulle part ou qui ne sont encartés dans aucun parti politique. Car sur le passage de la manifestation, des passants se sont spontanément joints à elle, ce qui est tout de même rare. Sans compter toutes celles et tous ceux qui lançaient des encouragements ou des félicitations aux manifestants, s'indignant de la mansuétude dont semble faire preuve la justice envers le CEREGMIA depuis tant d'années et surtout de la soi-disant politique "d'apaisement" voulue par le président de l'Université des Antilles et exprimée sur MARTINIQUE 1è, la semaine passée, par son avocat.

   Car l'indignation des Martiniquais vise au tout premier chef la gouvernance de l'Université et non la justice dont tout un chacun sait qu'elle est lente et qu'elle manque de personnel pouvant permettre de faire avancer les dossiers à un rythme acceptable. D'ailleurs, la manifestation silencieuse organisée par le Comité "VIGILANCE ANTI-CORRUPTION" n'avait aucunement pour but de faire pression sur la justice, mais bien sur la gouvernance de l'Université des Antilles. Il faut savoir que les propos de Me SYLVESTRE, le nouvel avocat choisi parce qu'il revient moins cher (aux dires de l'Université) ont tout simplement scandalisé les gens ! Certaines personnes peu au fait du dossier ont même cru qu'il était l'avocat du...CEREGMIA. C'est dire ! D'ailleurs, au JT de Martinique 1è, on le voit discuter en toute cordialité dans le hall du tribunal avec...Eric CARPIN et Fred CELIMENE. L'avocat de la partie civile qui fait donc ami-ami avec les mis en examen qu'il est censé...combattre.

   La gouvernance de l'Université des Antilles se moque du monde ! Son président a déclaré, toujours a la télé que "l'avocat a le droit de dire ce qu'il veut". C'est du n'importe quoi ! C'est tout simplement faux car un avocat dit ce que son client, c'est-à-dire celui qui le paye, lui demande de dire. Point à la ligne. Il faut ajouter que cette même gouvernance avait déjà caché à la communauté universitaire que la juge d'instruction en charge du dossier du CEREGMIA lui avait envoyé une notification de prolongation de l'interdiction d'accès au campus de Schoelcher pour le trio du CEREGMIA (CELIMENE-LOGOSSAH-CARPIN). L'arrêté d'interdiction s'achevait, en effet, au 03 février 2018, or l'arrêté de prolongation avait été signifié à la gouvernance de l'Université à la...mi-décembre 2017 !!! Loin donc d'en informer la communauté universitaire, la gouvernance cherchait déjà fiévreusement des postes pour le trio afin de les réinstaller tranquillement ! Il a fallu que Radio MARTINIQUE 1è révèle l'existence de l'arrêté de prolongation pour que la gouvernance recule.

   Deux échéances de justice sont en vue : d'abord, le mardi 13 mars prochain, à la Cour d'Appel de Fort-de-France, où les juges diront si ledit arrêté de prolongation pris par la juge d'instruction est valide ou s'il doit être annulé, le trio du CEREGMIA ayant fait appel. Au cas où les mafieux seraient autorisés à reprendre leurs postes, il faut savoir que de graves troubles vont secouer la sérénité du campus de Schoelcher d'autant que comme ils avaient déjà tenté de le faire il y a deux ans, CELIMENE et ses amis reviendront sur le campus en grandes pompes et accompagnés par la presse ; ensuite, l'échéance encore plus importante du 09 avril, à Paris cette fois, devant le CNESER (Conseil National de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche), la structure qui avait jugé administrativement (et seulement administrativement) Fred CELIMENE en le révoquant purement et simplement de l'Université et en suspendant sans salaire pour plusieurs années ses deux comparses, Kinvi LOGOSSAH et Eric CARPIN. Ce jugement, on s'e souvient, avait été ensuite cassé par le Conseil d'état pour des raisons juridiques, cette institution ne jugeant jamais sur le fond des dossiers, mais uniquement sur la forme. Immédiatement, le trio avait exulté et fait croire au bon peuple qu'ils avaient été blanchis. Ce qui est archi-faux puisqu'ils repassent devant le CNESER le 09 avril prochain.

   Le problème, le très gros problème, est que l'ancienne avocate de l'Université des Antilles connaissait très bien le dossier et avait magnifiquement défendu les intérêts de l'établissement lors de la première comparution du trio du CEREGMIA devant le CNESER. Mais qu'en sera-t-il aujourd'hui avec ce nouvel avocat qui n'aura jamais le temps d'étudier sérieusement un dossier aussi complexe, qui parle "d'apaisement" et qui fait ami-ami avec les mis en examen ? Il y a gros à parier que lors de cette deuxième comparution le trio bénéficiera de l'immense mansuétude de la part de cet avocat (et donc de la gouvernance de l'Université qui le paye). Reste à espérer que devant la matérialité des faits reprochés au trio et devant leur énormité surtout que le premier jugement sera confirmé avec les petites corrections juridiques demandées par le Conseil d'Etat.

   Le Comité "VIGILANCE ANTI-CORRUPTION" et les universitaires opposés aux pratiques du CEREGMIA ne mènent pas une croisade contre telle ou telle personne. Ils veulent simplement que les écuries d'Augias soient nettoyées afin que les finances de l'Université ne soient plus "mises en danger par les pratiques du CEREGMIA"selon l'expression employée par le deuxième rapport de la Cour des Comptes consacré au CEREGMIA. En effet, l'Université des Antilles a déjà remboursé 6 millions d'euros à cause du CEREGMIA et 2 millions d'euros ont été placés en réserve pour continuer le remboursement. C'est autant d'argent qui n'ira pas à l'amélioration des conditions de travail des étudiants et des enseignants, à la résorption des emplois précaires au niveau des administratifs et du personnel de service, à la rénovation des locaux, à l'achat de matériel informatique performant etc...etc...

   N'importe qui de sensé peut comprendre cela. Nous faisons donc confiance à la justice tout en demeurant très vigilants et mobilisés...

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