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Jeter par terre le dossier d'un doyen au cours d'une réunion est désormais licite à l'Université des Antilles

Raphaël CONFIANT
Jeter par terre le dossier d'un doyen au cours d'une réunion est désormais licite à l'Université des Antilles

   C'est ce qui, en effet, s'est passé lors d'une réunion du Conseil de la Faculté es Lettres et Sciences humaines le mois dernier !!! Réunion au cours de laquelle le doyen, en l'occurrence le Pr Cécile BERTIN-ELISABETH, a été agressée verbalement pendant plus d'une heure par trois collègues contestant la présence de personnalités extérieures au sein de ladite réunion.

    Mais aussi agressée presque physiquement par l'un des enseignants contestataires qui s'est emparé des dossiers du doyen et les a "voltigés" par terre tout en se dressant dans sa direction, ce qui a obligé un autre collège à s'interposer. Le différend portait sur la présence ou non des personnalités extérieures, élues lors de la précédente mandature et à propos desquelles le règlement intérieur de la faculté indique clairement qu'elles doivent terminer leur mandat.

    Interruptions systématiques du doyen, cris, hurlements, ricanements, menaces et finalement jet des dossiers du doyen sur le sol, c'est tout cela que le grand public pourra entendre lorsque nous aurons décidé de publier l'enregistrement de cette réunion. Des personnes qui ont pu l'écouter ont eu cette réaction unanime : "Cela dépasse l'entendement !". C'est en tout cas indigne d'un lieu de savoir tel que l'université où l'enseignement est censé être "supérieur". Il est vrai que certains (es) s'y livrent, en toute impunité, à des activités beaucoup plus lucratives que le seul fait d'enseigner.

   Informé de ces agressions, la gouvernance de l'université n'a JAMAIS réagi ! Et pour cause : les "hurleurs" sont de son côté. Elle parle même aujourd'hui, cette gouvernance, de désinformation dans un communiqué dans lequel elle qualifie ceux qui s'opposent au machisme et au macoutisme de "groupuscule" appuyé par des personnes extérieures à l'établissement. Comme si les parents des quelque 4000 étudiants inscrits sur le campus de Schoelcher n'avaient pas le droit de savoir qui enseigne à leurs rejetons  et comment se déroulent les enseignements ! Pourtant, on n'a pas besoin d'être expert en étymologie pour analyser le mot "université". Chacun comprend que c'est le contraire de "nombrilité".

   En fait, tout ce qui se passe en ce moment peut être considéré comme des séquelles du scandale CEREGMIA, ce groupe de recherches aujourd'hui dissous et dont les trois principaux chefs ont été définitivement révoqués de la fonction publique. La gouvernance avait pourtant cherché à les faire revenir devant les étudiants en promouvant une soi-disant "politique d'apaisement" !!! Aujourd'hui, le Parquet de Fort-de-France a transmis le dossier de ces trois individus et de leurs 40 complices au Parquet National Financier de Paris. Là, on change de braquet ! La phase judiciaire va pouvoir commencer très bientôt et des têtes vont tomber, pas seulement celles des 7 personnes actuellement mis en examen et qui sont sous le coup de plusieurs chefs d'inculpation dont le tout premier est__excusez du peu !__le "détournement de fonds publics en bande organisée au détriment de l'Union Européenne".

     Hier, on tentait donc de réintégrer le trio du CEREGMIA, aujourd'hui on apporte son soutien sans faille à des gens qui agressent des femmes élues démocratiquement (car Mme Odile FRANCOIS-HAUGRIN, vice-présidente du Pôle Martinique a subi et continue de subir exactement les mêmes choses). Belle leçon pour nos étudiants ! Sans compter qu'on viole systématiquement la loi qui a créé l'Université des Antilles en 2015 laquelle prévoit l'autonomie des deux pôles qui la compose. On cherche, en effet, à transformer le campus de Schoelcher en simple annexe du campus de Fouillole en transférant, au cours des prochaines années, l'équivalent de 6 millions d'euros en postes d'enseignants et en moyens de la Martinique vers la Guadeloupe. Cela avait la complicité de hurleurs et de revendeurs de savonnettes à l'aloe vera dont l'audience intellectuelle s'étend de la Baie des Mulets au Morne Balai.

   Que ces gens sachent en tout cas que nous ne baisserons pas la garde ! Nous pouvons parfaitement perdre contre combat, mais nous ne baisserons jamais la garde et le moment venu, l'enregistrement de la tristement célèbre réunion au cours de laquelle les dossiers du doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines ont été jetés par terre seront livrés aux médias et au grand public.

   Pé ké ni pasé lanmen !...

 

  NB. Depuis plus de vingt ans, j'assure des conférences, en anglais, pour des étudiants américains et canadiens (cf. photos illustrant le présent texte) en stage au sein de notre université. Comme d'autres collègues, nous nous astreignons à cette tâche dans le but de grandir l'image de notre établissement aux yeux de l'extérieur. J'ai arrêté de le faire il y a trois ans déjà en guise de protestation contre ce que le CEREGMIA et ses complices faisaient subir à une autre femme, le Pr Corinne MENCE-CASTER, aujourd'hui en poste à La Sorbonne.

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