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JOCELYNE BEROARD : ‘’POURQUOI JE N’AI PAS D’ENFANT’’

http://www.topvisages.net (23 avril 2014)

Récemment à Abidjan dans le cadre du concert humanitaire en faveur de l’hôpital Mère-Enfant de Bingerville, Jocelyne Beroard a bien voulu se prêter à cette causerie qui a porté sur l’humanitaire. L‘une des icônes de Kassav nous a révélé le lourd secret de sa vie : La star du zouk n’a pas d’enfant.

• Quels sont tes rapports avec ces personnes dites faibles, notamment les enfants, et quelle place leur accordes-tu dans tes actions ?

- D’abord, pour moi, il n’y a pas de gens faibles. Mais plutôt des gens en faiblesse. Et je pense qu’il est de notre devoir d’aider les gens qui ont besoin d’un soutien, si on a les moyens physiques ou financiers…

• Quelle motivation particulière sous-tend ton engagement en faveur des enfants ?

- L’envie de ne pas être inutile sur terre. En plus j’aime les gens, donc participer à réaliser ou entretenir un monde meilleur pour tous est pour moi, une belle cause.

• On sait aussi que tu milites au sein d’autres associations pour enfants en France. La question de l’enfant doit donc avoir une grande place dans ta vie…

- Un enfant qui est martyrisé ou qui n’a pas reçu l’amour nécessaire pour grandir harmonieusement, donnera un adulte moins équilibré. Protéger les enfants de même que les éduquer est une nécessité à laquelle tout adulte devrait accorder une partie de son temps, à la maison ou dehors. Je n’ai pas d’enfant alors je tâche d’offrir un peu de mon temps, lorsque cela est possible pour essayer de réparer ce qui doit l’être.

• Tu n’as pas d’enfant, dis-tu. Pourquoi ?

- Non. Je n’ai pas eu l’occasion d’en faire. Bien entendu des papas ne manquaient pas (rires). Mais il ne suffit pas d’avoir seulement envie de faire un enfant, il faut aussi penser à son équilibre, son éducation, son bien-être. Je ne voulais pas faire des enfants que j’abandonnerais dans les bras de n’importe qui alors que je suis en tournée. Des enfants auxquels je ne pourrai pas consacrer le maximum de temps. Je voulais pouvoir m’en occuper moi-même, et ça n’aurait pas été possible en étant sur les routes ou alors ça aurait coûté trop cher.

• Comment vis-tu cette situation ?

- Le plus naturellement du monde. C’est un choix et non une obligation, encore moins, une interdiction. J’ai bien réfléchi, pesé le pour et le contre avant de me décider. C’est donc sans regret.

• Tu serais retournée en Martinique pour être près de ta famille. C’est si important pour Jocelyne?

- Oui, je l’ai ressenti lorsqu’on m’a appelée alors que ma mère était très malade. Le temps de rentrer, elle est partie deux jours après. Je ne voulais pas qu’il en soit de même pour mon père. J’avais besoin de voir les miens, vivre avec eux. Je ne supportais plus aussi d’être loin de mon bout de terre. J’éprouvais également le besoin de me ressourcer et ne pas être coupée de l’évolution des choses chez moi. Si je parle aux miens, je ne peux pas être déconnectée.

• Tu as renoncé à tes études en pharmacie pour te consacrer à la musique. Qu’est-ce qui a été déterminant dans ce choix ?

- J’ai renoncé à mes études de pharmacie pour les Beaux-arts. Autre métier artistique que je voulais aussi exercer. La musique est venue à moi et m’a volé ma vie en quelque sorte. Je n’avais pas prévu d’être chanteuse à part entière. Je faisais de petites choses ici et là et je me suis retrouvée finalement à ne faire que ça, vivre de ça, et Kassav a fini le hold-up…

• Et si c’était à refaire, tu le referais ?

- Je pense que oui. Je n’ai aucun regret.

• Un peu plus de 30 ans de carrière, autant d’albums à succès, des concerts aux quatre coins du monde, des disques d’or.... Qu’est-ce qui te motive encore à continuer?

- Ce qui motive des tas d’artistes à continuer d’exercer leur métier, parce que c’est un métier. J’ai du plaisir à chanter, du plaisir à rencontrer les autres et leur raconter mes histoires en musique. J’aime chanter de nouvelles chansons, et en partager avec d’autres artistes. C’est un métier prenant, usant, mais tellement passionnant que je ne l’arrêterais que lorsque mon corps ne pourra plus gérer les belles notes que j’ai  beaucoup de plaisir à partager.

• Manque-t-il encore quelque chose de particulier à ta carrière, que tu cherches peut-être à acquérir?

- Des sous pour mon prochain CD (rires). Je cherche à être meilleure dans mon métier et j’apprends tous les jours donc j’y arriverai un jour…

 

Par Claude Kipré

claudekipre@topvisages.net

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