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KENEDY : "DE TI MO KREYOL, MI SE SA AN VLE TANN !"

KENEDY : "DE TI MO KREYOL, MI SE SA AN VLE TANN !"

   Longtemps, jusqu'au milieu des années 80 du siècle dernier, le créole fut banni de l'expression de l'amour, cela tant dans la vie réelle que dans les chansons.

   Alors, chacun s'efforçait d'écorcher le français dans le but de séduire la femme sur qui il avait jeté son dévolu et ça donnait des choses comiques comme le fameux "Ma pied me fait mal" d'une chanson des années 70. Et puis, une sorte de révolution linguistique s'est produite avec au moins quatre acteurs majeurs : 1) le GEREC (Groupe d'Etudes et de Recherches en Espace Créole) dirigé par le professeur Jean BERNABE à l'Université ; 2) le groupe KASSAV et l'émergence du zouk 2) le journal entièrement en créole, "Grif An Tè" (1979-1985) et ses 52 numéros ; 4) L'apparition d'un nombre conséquent d'auteurs créolophones (Joby BERNABE, MONCHOACHI, Sony RUPAIRE, Raphaël CONFIANT, Hector POULLET, Térez LEOTIN, Max RIPPON, Georges-Henri LEOTIN, JALA, Serge RESTOG, Jude DURANTY, Daniel BOUKMAN, Romain BELLAY, Hughes BARTELERY, Jean-Marc ROSIER, Jean-François LIENAFA, TIMALO, Roger EBION et bien d'autres).

   Cette révolution linguistique, contrairement à d'autres pays où existe une langue dominée comme la Corse, la Bretagne, la Kabylie, la Catalogne ou encore le Québec, n'a pas été menée par des politiques, même si militants et syndicalistes se sont embarqués dans le mouvement. Elle a d'abord émanée de la société civile comme on dit. Mais il faut se garder de croire que la partie est gagnée. Ce combat a certes abouti à la création d'une Licence et d'un Master de créole à l'Université des Antilles, à celle du CAPES de créole et de l'Agrégation de créole (dont le premier concours s'est déroulé en avril dernier) et du doctorat de créole, mais le corps politique est encore loin de vouloir donner toute sa place à notre langue. Il y a certes des initiatives ici et là, mais pas de vraie "glottopolitique" ou politique linguistique qui seule permettrait de mettre le créole définitivement hors de danger.

   En attendant, écoutons cette magnifique chanson de KENEDY...

Document: 

Kénédy - Enmé Mwen An Kreyol