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La Chambre d'agriculture de la Martinique ou la Belle au bois dormant du chlordécone

La Chambre d'agriculture de la Martinique ou la Belle au bois dormant du chlordécone

   Pendant trente longues années (1972-2002) et même après, la Martinique a subi un véritable bombardement chimique à cause d'un dangereux pesticide organochloré appelé chlordécone utilisé pour combattre le charançon du bananier. Mis au point aux USA, il y sera définitivement interdit en...1979 à cause de sa dangerosité extrême prouvée par maintes études scientifiques lesquelles sont aisément trouvables sur le site-web de l'American Cancer Institute. Site qu'ont largement utilisé les lanceurs d'alerte Louis BOUTRIN et Raphaël CONFIANT pour écrire leur ouvrage Chronique d'un empoisonnement annoncé publié en 2007 c'est-à-dire il y a...11 ans.

   La Chambre d'Agriculture de la Martinique, où les gros planteurs békés (principaux utilisateurs du chlordécone), ont leurs hommes, n'a jamais pipé mot sur cette catastrophe environnementale aux conséquences dramatiques pour la population martiniquaise puisque 92% des Martiniquais ont des traces de ce pesticide dans le sang. Ce sont des études menées par les propres services de l'Etat qui le disent ! Quant à nos parlementaires, ils ont été régulièrement instrumentalisés par ces gros planteurs et n'ont cessé d'année en année de plaider à l'Assemblée nationale pour que des dérogations soient accordées s'agissant de l'utilisation du chlordécone.

   On a donc tranquillement empoisonné les Martiniquais pendant des décennies et la Chambre d'Agriculture jouait la Belle au Bois Dormant.

   Or, voici qu'aujourd'hui cette même Chambre a le culot monstre de s'élever contre une tentative de proposer une solution aux agriculteurs travaillant sur des terrains  non-contaminés : le LABEL ZERO CHLORDECONE mis au point par le PNM (Parc Naturel de la Martinique).  En effet, ces agriculteurs-là, aux yeux du consommateur et donc de l'acheteur, sont rangés dans la même catégorie que ceux qui travaillent sur des terrains contaminés et se retrouvent donc fortement pénalisés. Ne rien faire à ce niveau reviendrait à condamner la totalité de la petite et moyenne agriculture martiniquaise !

   Or, au lieu de se tourner vers les coupables de notre empoisonnement (L'Etat français, les Békés et les parlementaires complices), la Chambre d'Agriculture martiniquaise qui, rappelons-le, avait dénoncé le livre de BOUTRIN et CONFIANT en 2007, le qualifiant de "tissu de sottises et de contrevérités", s'en prend maintenant à une initiative qui, certes ne résoudra pas le problème d'un coup de baguette magique, mais qui est déjà un début de commencement de sortie de crise. Car ne rien faire, ne rien proposer, est-ce cela la politique de la Chambre d'Agriculture de la Martinique ?

   Au fait, ces messieurs pourraient-ils répondre à une question ? Une simple petite question :

   Pourquoi utilisait-on six fois plus de chlordécone à l'hectare dans les bananeraies de la Martinique (et de la Guadeloupe) que dans celles d'Amérique du sud ?

  Le charançon était-il plus méchant en milieu insulaire qu'en milieu continental (où pourtant les bananeraies s'étendent sur des centaines de milliers d'hectares) ? Ou alors, n'était-ce juste qu'une question de gros sous, les importateurs (békés) du pesticide ayant intérêt à en écouler un maximum ?

   Répondè réponn !...

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