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LA CORRUPTION EST-ELLE UNE FATALITE ?

LA CORRUPTION EST-ELLE UNE FATALITE ?

   Est-elle dans ce que l'on appelle "la nature humaine" ? Si oui, il faudrait alors définir en quoi consiste ladite "nature", chose qui on s'en doute bien n'est guère facile, sauf à se contenter de banalités.

   Le problème est d'abord qu'elle est multiforme et touche toutes les classes sociales ou presque. Déjà, on peut tenter un distinguo entre ce qu'on peut appeler "la corruption en col blanc" d'une part et la "corruption ordinaire" de l'autre. La première est mis en œuvre par des individus qui sont loin, très loin de crever de faim, et engage des millions d'euros, de dollars, de gourdes, de pesos, de dirhams etc. On en a un bon exemple avec le scandale PETROCARIBE qui secoue Haïti depuis quelque temps et qui a entraîné une colère populaire sans précédent. En effet, où sont passés les 3 milliards de dollars que Hugo CHAVEZ avait attribué à ce pays ? Combien de routes, d'hôpitaux, d'écoles, d'entreprises ont été construites avec ce véritable pactole ? La réponse est dans les manifestations qui secouent le pays de TOUSSAINT-LOUVERTURE : les dirigeants haïtiens corrompus avec la bourgeoisie compradore ont détourné cet argent.

   Zéro dollar pour le peuple haïtien pourtant le plus pauvre des Amériques !

   Mais ce n'est pas mieux dans les territoires français d'Amérique où, à l'époque de l'ex-Université des Antilles et de la Guyane, un groupe de recherches dénommé CEREGMIA a détourné pas moins de 10 millions d'euros (sans doute 14, selon les dernières investigations de l'OLAF, le "FBI européen"). Des universitaires de ces trois pays n'ont pas hésité à détourner à leur profit des subventions européennes et d'ailleurs le premier chef de la mise en examen qui a été signifié à 7 d'entre eux (sur les 43 impliqués) n'est autre que le "détournement de fonds en bande organisée au détriment de l'Union Européenne".

   Sinon, il y a une autre forme de corruption que l'on peut qualifier d'ordinaire. Elle concerne les gens du peuple, les classes dites défavorisées et n'engagent que des sommes ou des objets de valeur modeste. Par exemple, tel employé qui utilise pendant le weekend des appareils de son entreprise ou son administration pour faire du travail au noir ou "jobs". Ou tel autre qui glisse un ou deux petits billet de 50 euros à un fonctionnaire pour que ce dernier accélère l'examen de son dossier. Ou encore tel autre qui dérobe du matériel dans son entreprise ou son administration pour le revendre. Tout cela n'a RIEN à voir avec PETROCARIBE ou le CEREGMIA ! C'est ce que l'on appelle en créole du "dépri" autrement dit de la débrouillardise. C'est illégal, c'est condamné par loi, mais ça n'impacte pas la vie de centaines, de milliers ou de millions de gens comme la corruption en col blanc.

   Cette dernière est la vraie corruption.

   Comment lutter contre elle ? En la punissant de la prison à vie (dans les pays où la peine de mort est interdite) ou de la peine de mort. Aux Etats-Unis, MADOFF qui a failli déstabiliser les institutions financières mondiales en 2008, dort en prison et n'en sortira que pour aller au cimetière. En Chine, les politiciens, les chefs d'entreprise et les fonctionnaires corrompus finissent devant le peloton d'exécution pour "crime économique". A l'inverse en France et donc dans ses territoires ultramarins, la lutte contre la corruption semble être le cadet des autorités quel que soit le parti au pouvoir. Il est vrai que la corruption en col blanc et surtout l'impunité dont jouissent les criminels dans ce pays est absolument ahurissante en comparaison des pays anglo-saxons ou de l'Allemagne.

   Une vraie "République bananière". Ou plus exactement "République betteravière"...

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