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LA CULTURE SELON LÉVI-STRAUSS

Claude Lévi-Strauss définit sa théorie de la culture, fondée sur des structures symboliques inconscientes, dans une introduction à l'œuvre de l'anthropologue Marcel Mauss :

«Toute culture peut être considérée comme un ensemble de systèmes symboliques au premier rang desquels se placent le langage, les règles matrimoniales, les rapports économiques, l'art, la science, la religion. Tous ces systèmes visent à exprimer certains aspects de la réalité physique et de la réalité sociale, et plus encore, les relations que ces deux types de réalité entretiennent entre eux et que les systèmes symboliques eux-mêmes entretiennent les uns avec les autres ».

Pape malgré lui du structuralisme

Dans La Pensée sauvage (1962), Lévi-Strauss bat en brèche les idées héritées de Lévy-Bruhl (auteur de La mentalité primitive), qui opposait les «primitifs» incapables de conceptualisation et adeptes de la pensée magique, à la rationalité occidentale. Il s'oppose également à Sartre et à sa conception de la dialectique historique dont sont exclus les peuples sans écriture, prétendument sans histoire.
Pour Lévi-Strauss, toute société humaine s'organise selon des schémas symboliques inconscients. Contrairement aux humains «sains d'esprit», les aliénés sont porteurs d'un symbolisme qui n'appartient qu'à eux.
Au cours de ses nombreux voyages auprès de peuples dits «premiers», l'ethnologue s'intéresse aux moindres aspects de leur vie en société, tous régis par des codes, qu'il s'agisse des recettes de cuisine, des règles de politesse, de l'usage des parures et des masques ou de la narration des mythes. Il découvre des analogies entre des mythes amérindiens et grecs mais reste très prudent vis-à-vis de la notion d'universalité.

Penseur visionnaire par bien des aspects, Lévi-Strauss prévoit dès les années 1970 une mondialisation synonyme d'uniformisation, écrivant que «l'humanité s'installe dans la monoculture ; elle s'apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave». Pessimiste sur la possibilité de préserver les «fleurs fragiles de la différence», il ne manque pas d'observer en 1979 que «le marxisme est une ruse de l'histoire pour occidentaliser les peuples» !

En 2006, la création à Paris du musée du quai Branly, dédié aux Arts premiers dans leur diversité, est en quelque sorte l'aboutissement du travail de Lévi-Strauss pour faire reconnaître la valeur de ces civilisations d'Afrique, d'Amérique, d'Océanie et d'Asie.

Aujourd'hui membre de l'Académie française et docteur honoris causa de nombreuses universités de par le monde, du Congo aux États-Unis, Lévi-Strauss a traversé le XXe siècle en y faisant résonner son message profondément humaniste.

Une archive vidéo de l'INA

Interviewé par Bernard Pivot, Claude Lévi-Strauss parle de son livre "Tristes tropiques" paru en 1955. Il avait pensé faire de son expérience au Brésil un roman mais il a renoncé au bout de cinquante pages... Jean Malaurie lui a alors demandé d'écrire pour sa collection "Terre humaine"...

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