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LA FOUTAISE DE L'ANGLAIS DES LA MATERNELLE

LA FOUTAISE DE L'ANGLAIS DES LA MATERNELLE

   "Anglais précoce", "Anglais dès la maternelle", ritournelle du système éducatif français.

   Avant d'analyser cette niaiserie, il serait bon d'interroger ceux qui ont l'opportunité de voyager dans deux des plus grandes puissances mondiales : le Japon (3è) et la Chine (1è ex-aequo). Pays qui au début du XXe siècle pour le premier et jusqu'au dernier tiers pour le second étaient considérés par l'Occident comme arriérés. Les plus anciens d'entre nous se souviennent de ces fameuses montres japonaises qui étaient vendues au kilo dans les années 60 et qui tombaient en panne une semaine au mieux après leur achat. Quant aux voitures chinoises jusqu'à aujourd'hui, il est douteux que nous soyons intéressés à en acheter une puisque justement nous doutons encore de la capacité de l'Empire du Milieu à en construire. Et ne parlons même pas de la Corée du sud, rasée par la guerre au milieu du XXe siècle, et qui, à cette époque avait le même PIB que le Ghana.

   Or, aujourd'hui, nous roulons en Toyota (japonaise) en utilisant un smartphone Samsung (coréen) qui captera bientôt la 5G (chinoise), celle dont les Etats-Unis ne veulent pas parce que ce ne sont pas eux qui l'ont inventée.

   Qu'est-ce qu'il y a de commun entre ces trois pays, outre le fait qu'on s'y fait débrider les yeux à tours de bras et que cette opération est même offerte comme cadeau aux jeunes filles qui réussissent au baccalauréat coréen (chose qui prouve que l'aliénation n'empêche pas de résoudre des équations, contrairement à ce que croient les noiristes) ! CECI : personne n'y parle anglais. Si vous êtes touriste à Tokyo, vous serez complètement stupéfait de constater que dès que vous mettez les pieds en-dehors de votre hôtel, vous êtes complètement perdu. C'est à peine si le chauffeur de taxi baragouine deux mots de la langue de Shakespeare et dans les magasins, y compris les très grands, on peine à trouver un vendeur qui sache aligner trois phrases un tant soit peu compréhensibles. Et si vous poussez le bouchon jusqu'à vous balader au hasard dans cette ville tentaculaire, là, vous êtes mort. Impossible de demander votre chemin ! On vous fera force courbettes à la manière nippone, de larges sourires et de grands gestes mais personne ne saura vous indiquer comment faire pour retrouver le quartier où se trouve votre hôtel.

   Dans les grandes villes chinoises et coréennes, c'est pareil qu'à Tokyo. Et dès qu'on s'éloigne de celles-ci et qu'on se rend en province, alors là, zéro mot d'anglais ! Pourtant cela n'a pas empêché ces trois pays de se développer et même de se trouver dans le Top 10 des pays les plus riches du monde. Mieux : au lieu de s'emmerder à enseigner l'anglais à sa population, les Japonais viennent de mettre au point un petit appareil grâce auquel vous tapez votre question dans votre langue laquelle question est immédiatement traduite en japonais et votre interlocuteur d'en faire de même en sens inverse et la communication est établie ! Dans les restaurants, les gares, les magasins etc..., cette invention fait désormais le bonheur des touristes en visite au pays du Soleil levant.

   Oui, mais dira-t-on, l'anglais est la langue de la science et un pays, surtout s'il est sous-développé, a absolument besoin de celle-ci. Encore un cliché ! Car quelles sont les deux plus grandes théories scientifiques du XXe et début XXIè ? Celle de la Relativité générale d'EINSTEIN et celle de la Physique quantique de Niels BOHR. Le premier  l'a développé en allemand, le second en...danois. Certes, l'anglais est devenu une "lingua franca" scientifique car il permet à tous d'accéder aux théories ou aux découvertes scientifiques, mais les chercheurs travaillent dans leur langue et ensuite font traduire leurs articles en anglais en vue de les publier dans des revues internationales. Les chercheurs chinois qui ont développé la 5G l'ont fait dans leur langue, puis l'ont fait connaître au monde par le biais de l'anglais. Ils n'ont pas travaillé directement en anglais.

   Enfin, troisième argument contre le mythe de l'anglais langue salvatrice : on ne compte pas les pays anglophones sous-développés en Afrique, en Asie et dans notre caraïbe. La Jamaïque n'est pas plus développée que Saint-Domingue l'hispanophone !  Et puis les immigrés saint-luciens et dominiquais qui accourent en Martinique et en Guadeloupe, ils ont été élevés dans un système anglophone, non ? Et ne parlons même pas du Québec plus en avance que maints états anglophones du Canada, sinon la plupart d'entre eux !

   Instaurer donc l'anglais précoce ou dès la Maternelle en Martinique sous ces motifs fallacieux est en réalité une manière habile de finir d'étouffer le créole.

   Ainsi, le petit écolier de Basse-Pointe ou du Saint-Esprit va-t-il faire taire sa langue maternelle pour certains et co-maternelle pour d'autres pour faire place aux leçons de vocabulaire et de grammaire anglaises. Cela avec la complicité d'enseignants et de chefs d'établissement qui ont tourné le dos à notre culture et qui s'imaginent "civiliser" des cerveaux vides ou vierges. D'ailleurs, on constate que, dans le même temps, tout est fait pour restreindre l'enseignement du créole, voire l'annihiler pour ouvrir la voie à une francisation totale accompagnée d'une anglicisation masquée ou rampante.

   Ceux qui se montrent complices de cette opération de génocide culturel devront rendre des comptes le moment venu...

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