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La jeune fille et le soldat ennemi

La jeune fille et le soldat ennemi

   La photographie est parfois supérieure à l'écrit et souvent à l'image animée (vidéo, cinéma etc.).

   L'écrit, en effet, joue sur la triple temporalité qui habite le cerveau humain : il revient sur des événements passés, décrit l'événement présent et conjecture sur ses conséquences futures. 

   L'image animée, elle, est une succession d'instants présents qui l'un chasse l'autre comme dans la vie humaine aussi.

   Par contre, l'image figée, autrement dit la photo, quand elle sait capturer la magie d'un visage, d'un geste, d'une posture, d'une douleur, d'une colère ou d'une détermination, les font entrer dans l'éternité.

   Eternelle sera cette photo où l'on voit la toute jeune résistante palestinienne, Ahed TAMINI, âgée de 16 ans, se tenir derrière un soldat israélien lourdement armé et pointant sa mitraillette Uzi, sans doute sur un membre de sa famille.

   Ahed n'esquisse aucun mouvement. Elle est comme au garde-à-vous. Ses traits sont murés dans une extraordinaire impassibilité. Elle semble attendre. Quoi ? Difficile de le savoir, mais ce que par contre, montre la photo, c'est son implacable lucidité mâtinée de détermination.

   Cette photo en tout cas est beaucoup plus parlante que celles, pourtant magnifiques, où l'on voit la jeune fille affronter à mains nues la soldatesque sioniste.

   Magie de la photographie... 

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