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La joyeuse quête libertine de Zaza

Serghe KECLARD
La joyeuse quête libertine de Zaza

Un auteur définit l'érotisme ainsi : « L'érotisme, c'est donner au corps les prestiges de l'esprit.» On peut compléter, volontiers, cette définition en y ajoutant « Et à l'esprit, l'exaltation du corps.»

En lisant, Je suis une martiniquaise libertine de Pyrrha Ducalion, à K.éditions, dans la collection ErotiK, j'y ai retrouvé cette double exigence. Seconde œuvre de Ducalion, après L'Amour à la créole, Je suis une martiniquaise libertine est présentée, en effet, comme «un hymne  au plaisir, un hymne au clitoris, an gloriyé landjèt.» Puisque  ce roman ou cette longue nouvelle polyphonique met en scène Zaza, l'héroïne, femme et mère, libérée de toute fausse pudeur, décidée envers et contre tout, de prendre du plaisir (et d'en donner) «Retrouver légèreté, lubricité, sans gamme d'aucune sorte, c'est comme si je lis, de temps à autre, à livre grand ouvert, ma vie de femme urbaine, que la conjugalité avortée, la double maternité épanouie, pourtant, n'ont pas travestie en triste roman édifiant...» Les différents protagonistes qui croisent sa route sont autant  d'adjuvants dans sa joyeuse quête libertine :

Ro, «l'homme avec lequel [elle] partage des petits plaisirs libertins.»

Suze, son amie aux attitudes ambivalentes «an bel fanm, bien doubout qui ressemble à une reine...»

Et enfin, «l'homme-au-borsalino-noir», prêtre défroqué et poète au flamboyant verbe créole qui «essaya de s'emparer de [son] âme et tenta d'ensorceler [son]corps.»

En fait, Je suis une martiniquaise libertine de Pyrrha Ducalion, qui est une déconstruction du discours masculin sur l'érotisme - démarche déjà entamée  dans l'Amour à la créole - se veut un hommage à la sexualité féminine créole libre, au travers du prisme de la littérature et de cette «langue muette» de nos ébats amoureux : le créole. Langue qui recouvre, désormais, dans cette œuvre, sa voix...

                                                                                                   Serghe Kéclard, décembre 2016.

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