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La municipalité de Tunis décide d'imposer l'inclusion de l'arabe dans toutes les enseignes des commerces de la capitale

La municipalité de Tunis décide d'imposer l'inclusion de l'arabe dans toutes les enseignes des commerces de la capitale

Tous les commerces de Tunis seront bientôt obligés d'inclure l'arabe dans leurs enseignes.

“Aujourd’hui, lorsqu’on arpente les rues de notre capitale, on est surpris par l’absence de la langue nationale dans les enseignes et façades des magasins (...) Ceci fait réfléchir sur l’indépendance du pays. De plus, pour le touriste, cette absence de la langue arabe diminue sa sensation d’être loin de chez lui, dans un autre pays”. Voilà l’un des arguments de Ahmed Bouazzi, élu à la municipalité de la ville de Tunis, qui s’était adressé au Conseil municipal demandant d’imposer la langue arabe à toutes les enseignes et façades des commerces de Tunis.

Contacté par le HuffPost Tunisie, celui-ci confirme l’adoption à l’unanimité de sa proposition par le Conseil municipal, indiquant tout de même que la décision n’a pas encore été rédigée.

Pour Bouazzi, cette initiative se veut préservatrice de l’ “identité nationale”. Dans une publication sur sa page Facebook, reprenant son discours, il estime que la Tunisie qui a combattu le colonialisme dans toutes ses formes, n’a cependant pas vraiment réussi son indépendance culturelle vis-à-vis de la France.

Arguant par des textes de la convention du 3 juin 1955 entre la Tunisie et la France, Bouazzi explique que la France avait tenu à ancrer sa langue en Tunisie, comme étant une deuxième langue, et non pas une langue étrangère.

“La France savait que consolider la langue française en Tunisie lui garantissait plus de contrôle économique, culturel, intellectuel et politique, que la présence militaire. Les politiques français savaient très bien que la colonisation des esprits est moins coûteuse et plus efficace que le colonialisme direct, et que ce procédé permet de remplacer un colonialisme militaire par une colonisation plus douce” écrit Bouazzi.

La décision communale qui sera émise à ce sujet, obligera les commerçants à inclure l’arabe dans leurs enseignes, de façon à ce que les lettres soient d’une taille supérieure ou égale à celle des lettres latines.

“S’il veulent utiliser une seule langue, que ce soit l’arabe” ajoute Bouazzi.

“Avec ce décret, vous aurez non seulement appliqué la constitution et restauré le prestige de l’État, mais aussi suivi les traces de nos ancêtres, et ouvert une nouvelle page de l’histoire de la Tunisie qui assurera son indépendance culturelle” conclut Bouazzi.