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La paille de la corruption de "Là-bas" et la poutre de la corruption d'"Ici-là"

   Pour nos lecteurs non-Antillais, "Là-bas", dans notre langage courant désigne la France et "Ici-là" la Martinique.

   Tous ces temps-ci, qu'entend-t-on partout dans les conversations, que lit-on sur les réseaux sociaux, que découvre-t-on sur les blogs et autres site-web martiniquais ? Une virulente indignation contre la corruption de...Là-bas. Et FILLON par ci ! Et CAHUZAC par-là ! Et FERRAND par ci ! Et BOILLON par-là ! Etc...

   Bravo ! Quelle détermination dans la dénonciation de la corruption ! Quel courage surtout !

   Par contre, c'est motus et bouche cousue sur la corruption d'...Ici-là. C'est à croire que les Martiniquais seraient blancs comme neige. Certes, ils le sont déjà dans leur tête pour la plupart en vertu du principe fanonien du "peau noire, masques blancs", mais on jurerait que le népotisme, le clientélisme, les dessous de table, les délits de favoritisme, les détournements de fonds publics et autres joyeusetés du  même acabit n'existent pas dans l'île aux fleurs (pourtant fanées depuis longtemps). Cela nous rappelle les leçons de catéchisme de nos vertes années : la parabole de la paille et de la poutre. Je vois la paille de la corruption dans l'œil de mon voisin (enfin, voisin, y'a tout de même 7.000kms entre Là-bas et Ici-là !), mais je ne vois pas la poutre de la corruption dans mon propre œil.

   Tenez, prenons un simple exemple ! Celui du CEREGMIA.

   Vous en entendez parler ? Vous entendez ou lisez des dénonciations fracassantes à l'encontre de ces mafieux ? NON ! Pourtant, les 14 millions d'euros qu'ils ont volés impactent directement notre université laquelle est obligée de rembourser 750.000 euros par an pour boucher le trou qui a été creusé, cela jusqu'en... l'an de grâce 2021. Tout cela affecte grandement la sécurité financière d'un établissement chargé de former 4.500 jeunes Martiniquais chaque année. La fine fleur de notre jeunesse (ou en tout cas une partie d'entre elle puisque nombre de bacheliers vont étudier à l'extérieur). Et ces 4.500, ce ne sont pas pour la plupart des filles et fils de médecins, d'avocats, de pharmaciens, de dentistes ou de chefs d'entreprise. Ce sont des enfants du peuple. Donc les "vakabonnajri" du CEREGMIA impactent directement leur devenir et personne ne pipe mot. Personne ne s'en émoie. Personne ne s'en indigne publiquement.

   Personne surtout n'exige du Procureur de la République et du juge d'instruction en charge de l'affaire que ces voyous soient enfin traînés à la barre du tribunal et qu'ils remboursent les sommes détournées. Bien que virés de l'Université (ce qui n'est qu'une sanction administrative), ces messieurs continuent à mener tranquillement leur petite vie, sachant d'une part qu'ils sont protégés par la franc-maçonnerie et de l'autre, que l'opinion publique martiniquaise ne se bougera pas pour que l'affaire soit traitée au pénal. Ils savent que la sanction pénale ne viendra jamais.

   Cette opinion publique préfère, en effet, dénoncer TAPIE, CAHUZAC, FILLON, BAYROU, FERRAND, BOILLON et consorts...

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