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LA REPUBLIQUE DE MAURICE : LE 3è P.I.B PAR TETE D'HABITANT LE PLUS ELEVE D'AFRIQUE

LA REPUBLIQUE DE MAURICE : LE 3è P.I.B PAR TETE D'HABITANT LE PLUS ELEVE D'AFRIQUE

Performances macroéconomiques et perspectives

La croissance du PIB réel de 2015 à 2019 était modérée, mais constante, s’établissant en moyenne à 3,8 %. elle était principalement soutenue par les services financiers, le commerce de détail et de gros, et les technologies de l’information et des communications. Le PIB par habitant a suivi une tendance à la hausse, atteignant, selon les estimations, 10 200 dollars en 2019 — ce qui en fait le troisième le plus élevé d’Afrique après la Guinée équatoriale et les Seychelles. L’économie repose largement sur les services (76 % du PIB en 2019), loin devant l’industrie (21 %) et l’agriculture (3 %). La demande globale a été soutenue par une forte croissance de la consommation des ménages, tandis que l’investissement se situait à 19 % du PIB en 2019.

La politique monétaire accommodante de la Banque centrale a été largement considérée comme étant appropriée compte tenu de la faiblesse récente de l’inflation. La politique budgétaire était expansionniste sur la période 2015–2019 : les dépenses publiques étaient dominées par les dépenses ordinaires, mais la masse salariale publique a augmenté, et un régime de retraite universel plus généreux a été introduit. Les dépenses ont été compensées par une augmentation des recettes, grâce à un bon recouvrement des impôts. Le déficit budgétaire, de 3,2 % du PIB en 2019, est principalement financé par des émissions de dette intérieure et les décaissements en cours de la subvention de 500 millions de dollars accordée par l’Inde en 2016. L’assainissement des finances publiques devra passer par une mobilisation accrue des ressources intérieures et la vente d’actifs publics.

Le déficit du compte courant, estimé à 6,3 % du PIB en 2019, devrait baisser et passer à 5,6 % du PIB en 2020 et à 5,2 % en 2021, en grande partie grâce à l’amélioration des recettes d’exportation et du tourisme. Le déficit du compte courant continuera d’être couvert par les revenus d’investissement des sociétés offshore et les investissements directs étrangers.

Le taux de chômage des jeunes est de 22,5 % et le taux de chômage national de 6,9 %. La réorientation de l’économie des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre vers des secteurs émergents à forte valeur ajoutée exige des compétences plus élevées. Les inégalités ont récemment augmenté.

Facteurs favorables et défavorables

Les principaux moteurs sectoriels de la croissance devraient continuer à produire des résultats satisfaisants. La croissance du PIB réel devrait s’établir à 3,9 % en 2020 et à 4,0 % en 2021, en raison de l’augmentation de l’activité touristique, de la croissance régulière des investissements et de la demande extérieure découlant de la croissance régionale et mondiale. Les arrivées de touristes devraient dépasser 1,2 million de personnes par an, dont un plus grand nombre en provenance des marchés non traditionnels d’Asie et d’Afrique. L’économie devrait se diversifier davantage dans des secteurs à plus forte valeur ajoutée tels que l’agroalimentaire, le tourisme médical, les services d’enseignement supérieur et le développement de l’économie des océans. Cette dernière comprend des activités telles que les loisirs, l’énergie, l’aquaculture et la logistique portuaire qui pourraient ajouter de 1,5 à 2 points de pourcentage au PIB.

Les efforts visant à accroître l’efficience et la productivité des services publics pourraient inclure la numérisation de l’économie, comme dans les domaines de la technologie financière et de l’intelligence artificielle. Un environnement économique favorable et des réglementations favorables aux entreprises telles que la Loi révisée sur la facilitation des affaires devraient stimuler les flux d’investissements étrangers directs, et l’amélioration de la demande économique mondiale devrait accroître l’exportation de biens et de services. Les efforts du gouvernement pour diversifier davantage les marchés d’exportation et faire de Maurice la porte d’entrée pour le commerce et l’investissement entre l’Asie et l’Afrique consolideront la position du pays en tant que centre de logistique et de services pour l’Afrique et stimuleront l’économie au sens large.

La hausse mondiale des prix de l’énergie et des denrées alimentaires devrait réduire la balance des opérations courantes et accentuer l’inflation, qui devrait atteindre 3,5 % en 2020 et 2021. La dette publique reste élevée, se situant à 63 % du PIB, et l’objectif fixé de la ramener à 60 % du PIB à l’horizon 2021 limitera la marge de manœuvre budgétaire pour investir dans l’infrastructure et le capital humain. Bien que le secteur financier soit parmi les plus solides et les mieux réglementés d’Afrique, il répond principalement aux besoins des grandes entreprises. Pour les petites et moyennes entreprises, l’accès au financement demeure un vrai défi. Parmi les autres risques qui pèsent sur le potentiel de croissance, il faut citer le manque de compétences, la dégradation de l’environnement, le vieillissement rapide de la population et l’aggravation des inégalités de revenus. Les efforts déployés pour accélérer les investissements publics indispensables et améliorer la prestation des services publics pourraient s’essouffler en raison de contraintes institutionnelles et réglementaires. L’investissement privé dans les infrastructures stratégiques telles que l’eau, les transports et l’énergie devrait rester faible en l’absence de réformes réglementaires significatives.

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