Accueil

L´ANGOISSE DES PARENTS TRANSMISE AUX ENFANTS

Maxette Olsson

"Pour maintenir l’ordre, pour que les élèves filent sagement dans l’entonnoir, on utilise une arme redoutable : l’angoisse. Les télés, les radios, les politiques, les profs, les parents, toute la société dans son ensemble angoisse la jeunesse " a écrit Rue 89, Le nouvel Observateur.

Puisqu’on ne donne que ce que l´on a disons aussi que les adultes transmettent ce qu´ils ont eux-mêmes: l´angoisse, l´anxiété, la crise, le désarroi, le désespoir... ce n´est pas nouveau, je l'ai eu dans ma jeunesse à la Guadeloupe.

Puisque tout a son argument contraire, on me dira qu´il y avait des raisons car c´était une époque sans sécurité sociale, sans RMI, sans assistance sociale, quant au travail, presque pas de travail qui n´était pas le chômage puisque ce mot signifiait en créole s´amuser dans l´insouciance c´est-à-dire tenir à distance les soucis. Il y avait très peu de voitures, pas de IPhone, pas de téléphone, pas de TV, pas d’internet... enfin tout ce qui comble l´ennui n´existait pas. Les mots « Prévoir » et « débouya pa péché » régnaient sur l´imagination. Aussi imaginez-vous l´inquiétude et la détresse quotidiennes qu´il fallait éteindre par une décente occupation rémunérée ou pas... tel celui du mako au coin de la rue qui vous indiquait à quelle heure était passé untel... des occupations à dessein de ne pas avoir à calculer (réfléchir) sur son sort... de descendants d´esclaves ou autres.

La misère étant le mot sur toutes les lèvres. Oui, nous les enfants ressentions l´angoisse mais nous l’étouffions nous-mêmes (pas par la visite chez un psy car les psychologues n´existaient pas, en cas de crise c´était directement l´asile), mais par faire la ronde, chanter, danser, jouer-musique, jouer-cristal, tiré-banza, se chamailler, jouer-théâtre, écouter les contes dans la cour, surveiller les couples, se réunir devant une maison où un couple se mangeait, aujourd´hui cela s´appelle violence domestique... enfin nous épousions tous les problèmes des adultes et les imitions en bien ou en mal... Aujourd´hui adultes nous sommes, mais nous étions ces enfants qui ont des enfants...

Tout cela pour dire que la transmission des angoisses n´est pas nouvelle. Sans être grand grecque, j´observe qu´un changement social n´a rien à voir avec la volonté mais avec la programmation d´une société... et rappelons qu´une société composent des relations entre des personnes qui ont ou qui mettent quelque chose en commun… donc une société sur la même fréquence ouverte au changement. Et seule la décision et l´intention motorisent la volonté. Malheureusement c´est un travail de chacun de nous et pas collectif même si comme l´affirmé Rousseau (pas Edmond Rousseau Hahaha! ) mais Jean-Jacques. "Les particuliers meurent, mais les corps collectifs ne meurent point. Les mêmes passions s'y perpétuent, et leur haine ardente, immortelle comme le démon qui l'inspire, a toujours la même activité. " Il est rare qu´il y ait une parfaite harmonie entre les corps, les groupes collectifs, les associations, les religions, les sectes, les équipes etc. même malgré les profits, peut-être parce que leur but est souvent de surpasser un autre groupe. Ce qui est dommage mais un autre chapitre.

En attendant, une société en fusion où l´intégration, le meelting-pot, la multi culture, c´est-à-dire une société authentique est un processus très difficile, dû justement à l´angoisse qui déjà domine les parents et les enfants car si on ose leur émettre une pensée positive, ils vous renvoient brutalement à la "réalité". Cela m´arrive souvent. Et ils ont raison car j´ai aussi mes angoisses.

Mon angoisse premiere est d´être consciente que je n´ai pas raison ou alors j´ai tellement raison que je la donne à tout le monde qui n´a pas sa raison car il ne faut pas contrarier les fous. Et qu´est-ce que l´angoisse ? "Un malaise général, physique et psychique, consistant en manifestations neuro-végétatives pénibles, associées à un sentiment d'anxiété" qui elle est "un état de trouble psychique causé par le sentiment de l'imminence d'un événement fâcheux ou dangereux, parfois indéterminé, et qui s'accompagne souvent de phénomènes physiques neuro-végétatifs." Vous avez bien lu, je ne l´ai pas inventé. Allez comprendre! Je suis souvent traitée de bizarre et de phénomène. Hahahaha! Je commence à le croire. Bèl bonjou mésyézédanm!

Maxette Olsson

Pages