Accueil

Le « Bombe »

Au temps de la traite négrière, les capitaines les plus avisés avaient coutume d’embarquer sur leurs navires un personnage singulier : le Bombe. Il lui incombait de désamorcer les révoltes et d’empêcher les suicides au sein de convois terbolisés par la déportation, le passage des eaux, la réduction en esclavage.

Le Bombe tirait des contes, jouait du tambour, incitait à danser. Bref, faisait la bombe pour récréer les bossales désespérés, contenir les plus déterminés. Le Bombe, recruté parmi les déportés, recevait un repas journalier supplémentaire, au mieux une vague promesse d’affranchissement. Son intérêt, en apparence, son comportement, à l’évidence, divergeaient de celui des autres bossales, servaient les maîtres.

L’attitude de notre « philosophe » baimbridgien ou de notre « sociologue » émigré à Paris mais touchant les 40% de vie chère n’est pas sans rappeler celle du Bombe historique. Ils amusent la galerie nègre, la détournent de l’action par une logorrhée humaniste, droit-de-l’hommiste, pour accomplir par en bas un véritable travail de sape au profit de la domination coloniale. Le tout en échange d’un affranchissement symbolique : un strapontin dans un aimable comité parisien contre les ségrégations pour l’un ou une sinécure dans un organisme de recherche pour l’autre.

Tout comme le Bombe, notre « philosophe » et notre « sociologue » n’ont pas été achetés bien cher. Quelques billets d’avion, quelques nuits d’hôtel à Paris, quelques cocktails dinatoires pour le premier, des billets d’avion vers les Antilles, où il est censé être en poste, et deux-trois commandes d’enquêtes sociologiques-bidon pour le second, auront suffit pour les retourner comme une cassave sur sa platine.

Ces brèves considérations sur la nature de notre « philosophe » et de notre « sociologue », ont pour but d’apprécier la valeur de leurs saillies. Nous savons en effet, qu’indépendamment des propos tenus il importe de toujours interroger la nature de ceux qui tiennent les propos en cause.

La nature de notre « philosophe » est celle d’un ancien militant indépendantiste guadeloupéen ayant troqué ses convictions contre un plat de lentilles, et qui tente de brûler ce et ceux qu’il adorait il y a encore peu. Pareille nature invalide le contenu de ses propos. Sa posture prétendument morale cherche en fait à masquer une imposture, une forfaiture politique. Il n’y a pas de leçon d’humanisme à recevoir d’un renégat !

Quand au pseudo-sociologue d’origine martiniquaise, ce n’est qu’un médiocre dont personne ne cite les travaux (pour autant qu’ils existent !) et qui se la coule douce sur les berges de la Seine en touchant un salaire normalement réservé aux colonies. On se demande quand la Cour des comptes mettra le nez dans ce qui constitue un véritable scandale ! Quand ce monsieur parle de dignité, on se demande s’il faut rire ou détourner la tête.

Jean-Laurent Alcide

Pages