LE CHUV PAIE DES FEMMES PRETES A GROSSIR

Par Laurent Antonoff http://www.tdg.ch/

Dans le cadre d’une étude sur la surnutrition, des volontaires sont payées 3000 fr. pour consommer chips, coca et pains au chocolat !

A la première lecture sur le Net, cela ressemble à une fausse information comme il en circule par wagons entiers sur les réseaux sociaux. Et puis finalement, on apprend que l’annonce est des plus sérieuses: le CHUV est à la recherche de volontaires féminines pour les engraisser, si possible de 4 à 5 kilos. «L’étude a commencé il y a deux ans et elle durera encore autant», confirme le médecin Ismael Turk.

L’étude concerne des femmes de 18 à 35 ans, en bonne santé, ne prenant pas de pilules contraceptives et ne suivant pas de régime particulier. Elles doivent être disponibles plusieurs journées non consécutives au cours d’une période de six semaines. Leur mission: surconsommer des «chips, du coca, des pains au chocolat et des Mars». Il est précisé qu’une aide leur sera fournie pour retrouver leur poids initial au terme de l’étude, pour laquelle une indemnité de 3000 francs est prévue.

Alors concrètement, comment ça se passe? «Une fois que vous êtes sélectionnée pour l’étude, vous continuez à manger comme d’habitude à la différence près que nous ajoutons la moitié de votre besoin quotidien en calories», explique le médecin. Pour une femme ayant un besoin de 2200 calories par jour, elle devra ingurgiter deux Coca, un pain au chocolat, un Mars et un demi-paquet de chips en plus. Et cela pendant 31 jours. «A ce régime, on prend facilement un kilo par semaine. Cela va vite.» Il faut encore prévoir quatre grandes journées et trois matinées de test au CHUV. Déjà neuf femmes ont participé à l’étude. Le CHUV en recherche encore vingt-sept.

Reste que prendre du poids, comme des mauvaises habitudes alimentaire aussi rapidement, cela n’est-il pas dangereux? «Pas du tout. L’étude est limitée dans le temps et la prise de poids n’est pas si conséquente. Notre objectif est de prévenir les maladies liées à l’obésité», se défend Ismael Turk. Il s’agit notamment d'étudier si un changement s’opère quant à la sensibilisation à l’insuline en cas de surnutrition. (TDG)

Post-scriptum: 
Image: PHILIPPE MAEDER

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