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Le grand n'importe quoi du journalisme en Martinique

   Depuis quelques jours, suite au dernier rapport de la Chambre Régionale des Comptes à propos de l'ex-Conseil régional, on entend une ânerie sur les ondes-radio ainsi que sur les plateaux de télévision et on la lit dans les colonnes de la presse écrite : Serge LETCHIMY et le PPM/EPMN auraient perdu les élections de la collectivité territoriale en décembre dernier parce que le GRAN SANBLE POU BA PEYI-A AN CHANS a menti en affirmant que les comptes de l'ex-Conseil régional étaient déficitaires. Or, ce ne serait pas le cas puisque la CRC a trouvé 536.000 euros dans les caisses ! Au passage, on notera deux choses : d'abord, cette somme correspond proportionnellement à environ 5 euros en fin de mois pour un particulier qui gagne autour de 1.500/2000 euros, soit un excédent ridicule ; ensuite le PPM/EPMN avait claironné avoir laissé 5 millions d'excédent donc il manque près de 4,5 millions à l'appel.

   Mais revenons au point qui nous occupe : nos journalistes veulent nous faire croire que Ti Sonson décide de son vote au regard des résultats comptables de la collectivité concernée par une élection. A ce compte-là, vu le déficit pluri-décennal et abyssal de la municipalité de Fort-de-France, il y a belle lurette que le PPM l'aurait perdue ! Or, il est clair que l'électeur est tenu par des liens parentaux, de quartier, associatifs, religieux, qu'il n'est pas insensible aux pratiques clientélistes ("Mè-a ba sè-mwen an ti travay lakantin") ni aux appels nombrilistes ("Kandida-tala pa moun lakay-nou !") lesquels font, par exemple, qu'il est quasiment impossible de devenir maire d'une commune si on n'y est pas né. Bref, Ti SONSON fait son choix à partir d'une multitude de critères et non à partir des seuls résultats comptables comme feignent de croire ou tentent de nous faire croire nos chers (ères) journalistes.

   Conclusion : le PPM/EPMN n'a absolument pas perdu les élections de décembre dernier parce que le GRAND SANBLE POU BA PEYI-A AN CHANS l'avait accusé d'avoir une gestion déficitaire. Il a perdu pour la série de raisons ci-après :

 

   . L'ex-Conseil régional a été incapable de terminer le lycée de transit de l'ex-Maternité, dont l'ouverture était prévue pour septembre 2013, et donc de reloger les élèves du lycée Schoelcher qui vivaient dans des bâtiments pouvant s'écrouler au moindre séisme sérieux.

 

   . l'ex-Conseil régional a été incapable de terminer le TCSP alors que la fin des travaux était prévue fin 2015.

 

   . le nombre de chômeurs a augmenté d'environ 4.000 personnes sous le règne LETCHIMY.

 

   . l'ex-Conseil régional est passé de la 12è place sous la mandature d'A. MARIE-JEANNE à la 23è place sous de le régime de S. LETCHIMY, soit à l'avant-dernière, s'agissant de la gestion des régions de France.

 

   . les journaux français LE MONDE et CAPITAL, dont la crédibilité est incontestable, avaient sévèrement épinglé, chiffres à l'appui la gestion de S. LETCHIMY.

 

   . l'ex-Conseil régional a soutenu la mafia du CEREGMIA au sein de l'Université, essayant même de verser une subvention d'1 million d'euros à ce soi-disant groupe de recherches en économie avant de reculer piteusement devant la mobilisation des étudiants et des personnels enseignant et administratif.

 

   . l'ex-Conseil régional a détruit la Formation professionnelle, fermant tous les centres de formation agricole et mettant l'AFPA quasiment en faillite.

 

   . divers élus PPM ont été mouillés dans des scandales (Loyers commerciaux impayés à hauteur de plusieurs centaines de milliers d'euros, Vedettes Madinina, BOODOOM, EX-PAY etc.) qui ont défrayé la chronique.

 

   . l'opposition était régulièrement insultée ("chien abiyé an moun !") et menacée ("Sé lè ou lé, la ou lé !"), cela au vu et au su de toute la population puisque les séances plénières sont télévisées et ceux qu'elle soutenait, comme l'ex-présidente de l'Université, ont été salies par des élus voyous qui confondaient régulièrement l'hémicycle de Plateau Roy avec les berges de Bò Kannal.

 

   . l'échec ou l'invisibilité de grands projets tels que "LE GRAND SAINT-PIERRE" et "L'EMBELLIE DES TROIS-ILETS" dont le peuple n'a cessé de se gausser (notamment des totems placés à l'entrée de Saint-Pierre) et de s'indigner à cause des dépenses occasionnées à cet effet.

 

   . la fusillade de la boite de nuit "LE PAPARAZZI" au Lamentin qui a impliqués des voyous porteurs de bracelets électroniques embauchés par les municipalités PPM de Fort-de-France et de Basse-Pointe, chose qu'a dénoncé dans l'entre-deux tours le Procureur de la République.

 

   . des projets fumeux tels que le "Téléphérique Vert-Nord" ou le "Pôle Joaillerie" en collaboration avec le Brésil n'ont jamais vu le jour ou se sont lamentablement plantés.

 

   Etc...etc...etc...

 

   Bref, on peu trouver cent raisons à la défaite du PPM en décembre dernier et aux 13.000 voix d'écart qu'il a pris dans les dents. Parmi elles, il est clair que la dénonciation du déficit régional a joué un rôle, mais c'est 1 rôle sur 100. Ramener donc cette défaite à la seule dénonciation du déficit régional relève soit de l'imbécillité crasse soit de la désinformation.

   Soit des deux à la fois...