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Le négationnisme tranquille d'une certaine bourgeoisie dite "de couleur"

Le négationnisme tranquille d'une certaine bourgeoisie dite "de couleur"

   Nous vivons malheureusement une époque au cours de laquelle le flot continu d'informations et de caricatures d'informations (genre Whatsaloperies) nous empêche d'être vraiment attentif aux propos des uns et des autres. Quoique ne s'envolant plus désormais et faisant mentir le proverbe latin qui la décrivait comme éphémère puisqu'elle peut désormais être enregistrée, la parole demeure tout de même volatile. Elle pénètre par une oreille et ressort de l'autre. Tandis que l'écrit, lui, sur papier ou en ligne, persiste et signe dans son implacable immobilité. D'où l'importance cruciale des journaux, magazines, blogs et autres sites-web par rapport à tous les médias audio-visuels qui envahissent notre quotidien.

   Contrairement aux oreilles, ce qu'on lit d'un œil ne ressort pas de l'autre.

   C'est ainsi que dernièrement, en survolant l'interview d'un bourgeois dit "de couleur" dans un organe de presse martiniquais, le lecteur le moins attentif n'a pas pu manquer d'être alerté, puis choqué s'il a relu, puis encore scandalisé, s'il a eu le courage de lire une troisième fois, la réponse de l'individu en question à la question suivante :

   "Est-ce que ce type de climat ne favorise pas des manifestations comme on a pu le constater le 25 mai dernier au centre commercial de Génipa à Ducos, à l'appel de l'activiste Kémi SEBA ?

     REPONSE : Je pense que l'appel de l'activiste Kémi SEBA pourrait relever d'un aspect plutôt folklorique s'il ne s'avérait pas dangereux dans la forme et sur le fond. Dans la forme, il n'est pas admissible que l'on fustige un individu. Quelles que soient les opinions que l'on puisse avoir sur cette personne. On ne cible pas quelqu'un avec une certaine facilité parce qu'il aurait réussi dans la vie économique, parce qu'il serait blanc, béké et que sais-je encore. C'est ce que font les extrémistes, les populistes. Et c'est e général comme cela que l'on manipule les masses. C'est d'ailleurs ce qu'on fait les régimes extrémistes totalitaristes. Très souvent on a fustigé une classe de personne, une catégorie de personne...Tut cela n'est pas de ma culture, c'est contre mes principes et mes valeurs."

   D'abord, on se dit, non, mais je rêve ! Sémi KEBA n'est pas notre tasse de thé, mais prétendre que l'action qu'il a menée au centre commercial de Génipa revenait à "fustiger un individu", un seul et unique individu, c'est du grand n'importe quoi. C'est carrément prendre le lecteur du journal et donc le Martiniquais pour un con ! Mais continuons dans le décorticage de ce tissu d'ignominies : "Quelles que soient les opinions que l'on peut avoir de cette personne". Là, on se sait pas s'il faut rire ou pleurer de rage ! Car depuis quand caractériser quelqu'un comme descendant ou héritier des esclavagistes est-elle une opinion ? C'est un fait. Juste un fait ! Point barre. C'est écrit dans tous les documents historiques. Quand je dis "Untel est un Béké et un Béké est un descendant direct d'esclavagiste", ce n'est pas une opinion personnelle qui pourrait varier d'une personne à l'autre. Laisser croire pareille chose est tout simplement ignoble.

   Mais, hélas, il faut descendre encore plus bas. Ecoutons la suite : "On ne cible pas quelqu'un avec une certaine facilité parce qu'il aurait réussi dans la vie économique...". Donc pour notre bourgeois de couleur, les Békés auraient réussi dans la vie économique !!! Ben, oui, ils ont débarqué dans cette île, décimé les autochtones, rasé les forêts, planté de la canne et du café, fabriqué du sucre et du rhum, puis ouvert des supermarchés, des concessions automobiles ou des magasins de bricolage ou de nautisme grâce à la seule sueur de leur front et leur seul génie. Qu'ils aient réussi tout ça grâce à l'esclavage des Nègres pendant trois siècles, puis l'exploitation éhontée des "Nouveaux Libres" (cf. "RUE CASES-NEGRES" de J. ZOBEL), qu'ils aient bénéficié du travail gratuit des Africains déportés etc..., ça, notre bourgeois de couleur se garde bien de le dire. L'éclatante réussite békée serait, à le lire, due au seul travail et au seul talent des Békés.

   Si on a le courage de poursuivre la lecture de ce tissu d'insanités__qui relèvent carrément du négationnisme historique__,on tombe sur la dénonciation des actions à la Kémi SEBA qui sont le fait de "régimes extrémistes totalitaristes. Très souvent on a fustigé une classe de personnes, une catégorie de personnes...Tout cela n'est pas de ma culture, c'est contre mes principes et mes valeurs." D'abord, l'activiste Kémi SEBA ne dirige aucun pays et n'a instauré aucun régime politique nulle part. D'autre part, s'il y a bien "une classe de personnes" qu'on a fustigé dans ce pays et durant des siècles, c'est bien celle des Nègres ! Notre bourgeois de couleur n'y fait évidemment aucune allusion. Et sans rire, il parle de "mes valeurs, ma culture bla-bla...", celles de la Touraine, de la Beauce ou de la Normandie sans doute !

   Mais, il faut tout de même prendre son courage à deux mains, et s'obliger à relire une quatrième fois la réponse à la question du journal. Et là, on est obligé d'arriver à la conclusion ci-après : les DIEUDONNE, Kémi SEBA et autres ne sont que la réaction somme toute normale aux propos, attitudes, comportements etc...de gens comme notre bourgeois de couleur lequel réussit d'ailleurs l'exploit de faire des déclarations dignes du pire des Békés. Continuez dans cette voie, a-t-on envie de leur dire, et vous verrez bientôt des centaines, des milliers de Kémi SEBA, vous péter à la gueule !... 

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