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Le patron de l'antiterrorisme dans les Ardennes mis en examen pour "viol aggravé sur mineur"

Le patron de l'antiterrorisme dans les Ardennes mis en examen pour "viol aggravé sur mineur"

Le chef de la direction générale de la sécurité intérieure est incarcéré depuis le 22 juin et mis en examen pour viol aggravé sur mineur, agression sexuelle, détention et consultation habituelle d'images pédopornographiques. Il encourt une peine de 20 ans de réclusion criminelle.

Le commandant de police, responsable départemental de la sécurité intérieure (DGSI) des Ardennes, a été mis en examen samedi pour viol et détention d'images pédopornographiques. L'homme âgé de 57 ans et père de famille a été incarcéré. C'est ce qu'a annoncé le procureur de la République de Reims, Matthieu Bourrette.

L'affaire débute en avril dernier, quand une jeune fille de 20 ans porte plainte à Reims (Marne), pour des viols qu'elle aurait subis trois ans plus tôt. Selon la plaignante, "elle est entrée en contact en décembre 2015" avec ce policier "pour des motifs strictement professionnels." Mais la jeune femme accuse ce responsable de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) d'avoir abusé d'elle à trois reprises : deux fois dans son bureau, et une fois en forêt de Charleville-Mézières (Ardennes). L'enquête permet de confirmer les liens entre l'officier et la jeune femme, notamment une importante correspondance sous la forme de textos, dans lesquels il lui demande pardon à plusieurs reprises.

"Lui estime qu'elle était consentante" rapporte le procureur, "mais il admet les pénétrations digitales et avec objets." Matthieu Bourrette précise que "le policier a présenté ses excuses et s'est dit désolé" et a admis "qu'il s'agissait d'une relation incestueuse, que la jeune fille n'avait pas pris de plaisir mais que jamais il ne l'avait forcée." 

Des images pédopornographiques

Lors de l'enquête, "des investigations techniques sur ses ordinateurs et téléphones ont mis en évidence de très nombreuses connexions sur des sites internet pédopornographiques" explique Matthieu Bourrette, "et le téléchargement massif d'images à caractère pédopornographique parfaitement explicites est avéré," ajoute-t-il, "ce sont des milliers d'images qui ont été retrouvées." Mais le commandant de police a minimisé cette déviance pendant les interrogatoires, "tout juste a-t-il consenti une curiosité malsaine." Il a par ailleurs effacé plusieurs téléchargements avant le 9 mars 2019, date à laquelle ont été perquisitionnés des ordinateurs, téléphones, outils informatiques et matériels professionnels.

Un homme attiré par les jeunes filles 

Les investigations ont ensuite permis de mettre à jour qu'il était attiré par les jeunes filles. Deux autres adolescentes, de 16 et 17 ans ont également eu des relations avec lui, affectives pour l'une, sexuelles pour la deuxième. Mais elles n'ont pas déposé plainte. "Il est attiré par les jeunes filles, cela ne fait aucun doute," ajoute le procureur Matthieu Bourrette. Les enquêteurs cherchent également à identifier d'éventuelles autres victimes, ils ont de forts soupçons concernant une fillette d'une dizaine d'années pour des faits qui se seraient produits, il y a environ 20 ans. 

Une personnalité complexe 

L'homme n'avait aucun antécédent judiciaire, "reconnu comme un bon professionnel mais avec une personnalité complexe," explique le procureur, "adepte du secret, du pouvoir solitaire et une soif de reconnaissance exacerbée avec des méthodes parfois à la limite de ce qui est attendu à la DGSI." Matthieu Bourrette, le procureur de Reims, précise que "l'homme est bien connu dans les Ardennes où il exerçait depuis de très nombreuses années." L'enquête se poursuit, notamment avec l’exploitation totale de ses ordinateurs, où de nombreux fichiers pédopornographiques ont été découverts.   

L'ancien fonctionnaire de police a été mis en examen samedi pour "viols par personne abusant de l'autorité conférée par ses fonctions", "agressions sexuelles", "consultation habituelle de sites pédopornographiques" et "détention d'images pédopornographiques", et a été placé en détention provisoire conformément aux réquisitions du parquet.

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