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Les 10 événements les plus marquants de l'année 2017 en Martinique

Les 10 événements les plus marquants de l'année 2017 en Martinique

   On se doute bien qu'il n'est pas facile de choisir parmi toute l'actualité bouillonnante d'un pays tel que la Martinique les 10 événements qui ont le plus marqué celui-ci pendant l'année qui est sur le point de s'achever. De plus, l'importance désormais des médias libres (blogs, sites-web etc.) à côté des médias traditionnels a tendance à amplifier le moindre événement, chose qui fait qu'il est très difficile de s'y retrouver et donc de trier entre l'accessoire ou le superficiel d'un côté et le déterminant de l'autre.

   Notre sélection se trouve être donc par la force des choses subjective.

 

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   1. Le sort de l'usine du Galion, dernière sucrerie de la Martinique

 

   La sucrerie du Galion, à Trinité, est l'ultime usine sucrière d'un pays qui, trois siècles durant, a tiré une grande partie de sa richesse, sinon l'essentiel, de la fabrication du sucre de canne. Depuis au moins quatre décennies, il se dit que sa chaudière est obsolète, ce qui fait qu'elle tombe en panne régulièrement et qu'il faudrait la changer. Le hic est qu'une chaudière neuve coûte pas moins de 15 millions d'euros et que ce remplacement prendra au moins 3 ans. Jusque-là, cette chaudière avait traditionnellement fonctionné avec de la bagasse, mais une usine, ALBIOMA, fonctionnant à la biomasse a vu le jour non loin de la sucrerie du Galion, usine que l'ex-Conseil régional à l'époque où Serge LETCHIMY en était le président, avait vu d'un très bon œil, Daniel CHOMET en étant l'un des plus fervent partisans. Sauf que les écologistes, à commencer par l'ASSAUPAMAR, mais aussi la majorité au pouvoir actuellement à la CTM, ne sont pas favorables à cette usine qui importera des résidus de bois au Brésil et polluera gravement une île qui détient déjà le record de France de pollution.

   Or, cette année, le hangar et les installations de transformation de la bagasse ont été détruits, plaçant l'usine du Galion devant une alternative : ou bien s'arrêter dans l'attente d'une nouvelle chaudière ou bien se brancher sur ALBIOMA. La première solution plongerait des centaines de petits et moyens planteurs de canne dans le désespoir et risquerait même de faire disparaître la culture de la canne à sucre en Martinique tandis que la deuxième, même si elle est présentée comme "provisoire", risque fatalement de devenir pérenne. Grave dilemme que nos élus devront trancher ces jours-ci sachant que, comme l'a rappelé le Président de la CTM, la collectivité ne peut pas prendre totalement en charge la sucrerie du Galion et qu'il est indispensable que le secteur privé et l'Etat mettent aussi la main au portefeuille.

   Sinon, l'Agence Martinique Energie, par la voix de son président José MORIN assure que la chaudière n'est aucunement obsolète et qu'une expertise a montré que les tubes qui la composent ont été tout simplement mal réglés, ce qui serait la cause de ses pannes fréquentes. Pour MORIN, la chaudière, non seulement est parfaitement réparable, mais elle est loin d'être obsolète. Et de dénoncer le fait que tout semble concourir à la solution ALBIOMA dont, assure-t-il, les usines polluent déjà en Guadeloupe et à la Réunion.

   Que décideront nos élus sur cet important dossier ? Nous le saurons cette semaine...

 

    2. La crise au sein du MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais)

 

     Elle couvait depuis deux ans c'est-à-dire durant toute l'année 2015 au terme de laquelle la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique) remplaça le Conseil régional et le Conseil général suite aux élections de décembre 2015 qui ont vu, le 13 de ce mois-là, la victoire, un peu inattendue, d'une coalition composée du GRAN SANBLE et de BA PEYI-A AN CHANS. GRAN SANBLE composé d'indépendantistes (MIM, PALIMA et CNCP), d'autonomistes (PCM et RDM) et d'écologistes (MARTINIQUE-ECOLOGIE) et BA PEYI-A AN CHANS rassemblant la plus grande partie des courants de la Droite martiniquaise. Au cours de l'année ayant précédé ce scrutin donc, certains "jeunes" (quinquagénaires) élus avaient tenté de pousser vers la sortie les deux "vieux" que sont, à leurs yeux, Alfred MARIE-JEANNE, président du MIM, et Claude LISE, président du RDM. Le premier, CHABEN, avait vaillamment résisté à cette tentative d'éviction et surtout refusé le chantage/marchandage proposé par certains qui conditionnaient leur appui à sa candidature à l'élimination de Claude LISE. Un groupe plus ou moins structuré, composé de maires, se désignant, non sans une certaine prétention comme le "G20", fut à la manœuvre plusieurs mois avant l'élection de décembre 2015, mais échoua à en imposer à CHABEN et la victoire du GSPBPAC (Gran Sanblé Pou Ba Péyi-a An Chans") fut tout autant leur défaite que celle du PPM de Serge LETCHIMY et de la coalition EPMN (Ensemble Pour une Martinique Nouvelle).

   Alors qu'après cette claque on les croyait rentrés dans le rang, les "jeunes" n'en ont pas moins continué à "comploter" (c'est le terme employé récemment sur radio RLDM par Alfred MARIE-JEANNE) contre le président de la nouvelle collectivité et surtout son entourage non-membre du MIM, oubliant qu'au premier tour scrutin, le GRAN SANBLE tout seul avait réalisé à peine 20% des suffrages quand le PPM/EPM était à 39% c'est-à-dire quasiment le double. La dynamique qui a donc permis l'extraordinaire victoire du deuxième tour n'a pu provenir que de l'alliance du MIM d'abord avec les autres composantes du GRAN SANBLE, puis, dans un deuxième temps, avec la Droite. Il était donc normal, logique en tout cas, que des élus de tous les partis composant le GSPBPAC soient placés à différents postes de responsabilité et non les seuls élus du MIM.  Or, il apparaît que cela ne plaît pas du tout aux "jeunes" qui ne cessent de s'agiter depuis quelques mois. A. MARIE-JEANNE a donc finalement décidé de trancher en leur demandant carrément de "partir".

   Mais il est douteux qu'ils le fassent. Ils e elles préfèrent jouer la montre en attendant le procès GREEN PAROTT dans trois mois, le renouvellement de la CTM dans trois ans ou encore l'horloge biologique (mais là, ils auront du temps à attendre car CHABEN doit avoir sans doute quelque lointain lien de parenté avec une certaine Jeanne CALMENT). 

 

    3. La solidarité martiniquaise envers la Dominique après le cyclone Irma

 

        Il y avait assez longtemps, depuis HUGO en fait, que les Petites Antilles n'avaient pas été frappé par un cyclone aussi puissant. IRMA, en effet, a eu des vents qui ont soufflé à plus de 280Kmh et qui ont littéralement rasé les infrastructures de l'île de la Dominique déjà frappée,  il y a quelques années, de plein fouet. Le toit de la propre maison du Premier Ministre Roosevelt SKERITT s'est envolé dans la nuit alors qu'il s'y trouvait et celui-ci a dû trouver refuge en catastrophe dans un abri public sécurisé.

    Au lendemain du passage d'IRMA, un mouvement de solidarité sans précédent s'est mis en place à travers toute la Martinique tant par les autorités (CTM, Préfecture, mairies etc...) que par des associations de toutes sortes qui ont collecté des dons, notamment des aliments et des médicaments. Alfred MARIE-JEANNE, le président de la CTM, s'est rendu par hélicoptère à Roseau, capitale de la Dominique, ce même lendemain de cyclone afin d'apporter une aide morale et matérielle à nos voisins du nord. Il a pu constater non sans satisfaction que l'école qu'il avait fait construire à l'époque où il était Président du Conseil régional et qui lui vaut des ennuis judiciaires jusqu'à ce jour, non seulement a résisté aux assauts du cyclone, mais a servi d'abri aux habitants des environs chassés de leurs maisons en pleine nuit.

   A noter que des gestes importants de solidarité ont eu lieu aussi en faveur de l'île de Saint-Martin également touchée et de manière sévère par la terrible IRMA.

    

     4. L'élection de feux femmes parlementaires : C. Conconne et J. Manin

 

         Les politologues, sociologues et autres journalistes ont souvent et longtemps comparé les deux fameuses "îles-sœurs" que sont censées être la Martinique et la Guadeloupe et ont régulièrement pointé du doigt le fait que le statut de la femme est bien meilleur dans l'île aux belles eaux que dans l'île aux fleurs. En témoigne le nombre de femmes élues maires, conseillères générales ou régionales, députés et sénatrices en Guadeloupe et cela depuis un bon demi-siècle en comparaison d'une Martinique, rétrograde sur ce plan-là, où les femmes occupant de tels postes se comptaient jusqu'à tout récemment sur les doigts d'une main. Mais cette année, la Martinique a cherché brusquement à refaire son retard en élisant deux parlementaires : Catherine CONCONNE (PPM) et Josette MANIN (BATIR LE PAYS MARTINIQUE). Puis, il y a quelques semaines, suite à la démission du député du Nord, Bruno-Nestor AZEROT, sa suppléante a, elle aussi, fait son entrée à l'Assemblée nationale. Reste à savoir, si homme ou femme, cela changera quoi que ce soit au marasme dans lequel se débattent nos deux îles. 

 

      5. Le film de Maharaki sur la chanteuse Jocelyne Beroard

 

          Jeune et talentueuse cinéaste martiniquaise, MAHARAKI a déjà produit plusieurs courts métrages parmi lesquels "VIVRE", qui ont été primés dans nombre de festivals à travers le monde sans que les médias martiniquais en aient donné l'écho qu'ils méritent. Cette fois, elle nous revient avec un long métrage très émouvant, très puissant, sur notre diva créole, la chanteuse du groupe mythique KASSAV, Jocelyne BEROARD. L'exploit de MAHARAKI a consisté à pouvoir faire sortir de ses retranchements celle qui nous a enchantés avec "Man lé an nonm dous kon siwo" ou "Mi tjè mwen" (ce dernier morceau servant d'ailleurs de titre au film). On le sait, notre Joslin nationale est quelqu'un de discret, mais pour une fois, face à la caméra, elle a accepté de se livrer : son enfance, sa famille dominée par un père très sévère mais juste, les débuts parisiens de sa carrière, l'amour (perdu) de sa vie, l'explosion au plan international du groupe KASSAV, son engagement auprès des enfants défavorisés etc...

           Un très grand film !

     

       6. L'arrestation de 14 personnes impliquées dans un trafic de cocaïne sur le port de Fort-de-France

 

           La Martinique est décidément gangrenée par la corruption et les trafics de toutes sortes. Avec les affaires du CEREGMIA (14 millions d'euros détournés) et celle d'ODYSSI (2,5 millions d'euros détournés), voici que 14 individus viennent d'être arrêtés pour trafic de drogue sur le port de Fort-de-France dont 6 employés de ce dernier. Evidemment, on constate le silence total des syndicats sur cette affaire comme sur toutes les autres d'ailleurs.

            Selon les informations qui ont filtré, il s'agit d'un trafic double : de la cocaïne en provenance du continent sud-américain en direction du marché franco-européen, d'une part ; du cannabis en provenance des îles de la Caraïbe à destination du marché martiniquais, d'autre part. Un très gros trafic donc impliquant forcément des cartels internationaux et qui utilisait les containers de marchandises pour dissimuler les colis de drogue avec la complicité d'agents du port. 

 

        7. Le Pôle Martinique de l'Université des Antilles exige le respect de son autonomie

 

   La loi qui a créé la nouvelle Université des Antilles, après la scission de la Guyane, prévoit une large autonomie des deux pôles : celui de la Guadeloupe et celui de la Martinique. Or, selon les élus majoritaires du Pôle Martinique et la présidente de ce dernier, Odile FRANCOIS-HAUGRIN, il apparaît que ladite autonomie bien a du mal à être respectée par la nouvelle gouvernance de l'établissement quand elle n'est pas purement et simplement bafouée. Chose que nie la nouvelle gouvernance. Toujours est-il que les élus du Pôle Martinique ont tenu en novembre dernier une conférence de presse afin de dénoncer ce qu'ils considèrent comme de graves dysfonctionnements au détriment du pôle en question et des 4.500 étudiants.

     Il y a tout lieu de craindre que si cette autonomie continuait à ne pas être respectée l'on assiste à une deuxième scission de notre établissement universitaire qui a déjà perdu son pôle guyanais. En effet, si les élus martiniquais n'ont jamais réclamé "leur indépendance", contrairement à ce qu'a déclaré la gouvernance aux médias, si le Pôle Martinique a toujours été le plus unioniste des trois à l'époque de l'UAG, il faut craindre, que n'obtenant pas ce que prévoit pourtant l'ordonnance qui a créé l'Université des Antilles, certains, exaspérés car empêchés de fonctionner normalement, changent de position.

   Qui a intérêt à ce qu'on aboutisse à trois micro-universités françaises d'Amérique à l'heure où toutes les universités du monde, à commencer par celles de l'Hexagone, s'emploient à fusionner comme, pour ne prendre que cet exemple, les quatre universités de Strasbourg qui n'en forment plus qu'une seule de 52.000 étudiants, oui, qui a intérêt à ce qui serait une catastrophe ?

 

        8. La belle envolée du tourisme de croisière

 

   En cette première moitié du mois de décembre, il y a eu jusqu'à cinq gros bateaux de croisière dans la rade de Fort-de-France, certains amarrés devant la ville, d'autres au port. Un certain jour, il y a même eu 11.000 touristes en même temps qui ont déambulé dans les rues de notre capitale. C'est là__ayons l'honnêteté de le reconnaître !__le fruit du travail à la fois de l'ancienne responsable du comité du tourisme (à l'époque de l'ex-Conseil régional) que de la nouvelle élue en charge, la fort dynamique Karine MOUSSEAU. Cependant, il importe de savoir deux choses : d'abord, un touriste de croisière dépense assez peu en escale (entre 20 et 40 euros en moyenne) ; d'autre part, Fort-de-France n'est pas aussi animée que les autres capitales des îles voisines et dès le samedi midi, la plupart des commerces ferment leurs portes. On assiste alors à ce spectacle déplorable de touristes déambulant dans une cité fantôme que n'arpentent que des "djonmpi" (clochards) et des chiens créoles souvent en bande. C'est pour parer à cela qu'il a été proposé à certains bateaux de faire escale aux Anses d'Arlets qui a l'un des plus beaux front de mer du sud de notre île.

   Ce qui constitue ce qu'il faut appeler une envolée du tourisme de croisière se poursuivra-t-il ? Rien n'est moins sûr car la Martinique a bénéficié cette année des dégâts causés dans certaines îles du nord telles que la Dominique et surtout la très touristique Saint-Martin.

 

        9. La crise au sein du PNM (Parc Naturel de la Martinique)

 

   Cela faisait très longtemps qu'un simple conflit du travail n'avait pas autant secoué les médias et agité la Martinique. En effet, le président du PNM (Parc Naturel de Martinique), le conseiller exécutif Louis BOUTRIN, et le DGS de cet établissement qui dépend de la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique), Ronald BRITHMER, sont entrés en conflit à cause de ce que le premier a qualifié d'"insubordination" du second, notion qui figure bel et bien, dans le droit français contrairement à ce qu'ont pu déclarer des journalistes ignares. En effet, alors qu'au début de leur collaboration, L. BOUTRIN avait non seulement maintenu à son poste ce DGS, mais lui avait accordé une délégation de signature, ce dernier s'est mis à refuser de mettre en application des décisions votées par la majorité des élus de la CTM, notamment la création d'un Centre des Métiers de l'Environnement. Or, R. BRITHMER est, d'une part, un administratif et à ce titre n'a pas le droit de vouloir en imposer à un élu du peuple et d'autre part, n'occupe pas un poste de "fonctionnaire", mais un "emploi fonctionnel", distinction que là encore certains journalistes gagneraient à connaître. Quand on est sur un "emploi fonctionnel", on est sur un siège éjectable et, à chaque changement de majorité politique, on se retrouve remplacé quasiment du jour au lendemain. Cela est très courant (et a pour nom "la chasse aux sorcières"), chose à quoi L. BOUTRIN s'est refusé. Mal lui en a pris !

   Une fois la procédure pour "insubordination" engagée contre le DGS, un véritable "BOUTRIN-bashing" s'est développé, un mois durant, dans les médias qui, à cette occasion et, hélas, une fois de plus, ont violé les règles de la simple neutralité, voire objectivité. En effet, seuls 22 employés étaient en grève sur les...149 que compte le PNM, mais jamais les médias ne leur ont donné la parole. Ensuite, cette petite minorité a apposé des barrages devant l'entrée des principaux sites de l'établissement, puis a tenté par trois fois d'envahir la CTM, certains même fracturant la barrière métallique qui entour Plateau-Roy. Sans compter que des véhicules incendiés ont été retrouvés un matin devant l'entrée de la Collectivité ! Menée par un syndicat non représenté au PNM, en l'occurrence la CDMT, appuyés par des élus du PPM/EPMN et de NOU PEP LA, cette grève s'est vite révélée politique. R. BRITHMER l'a d'ailleurs ouvertement déclaré à "FRANCE-ANTILLES" : "En plus de mon combat personnel et syndical, je mène un troisième combat plus important : le combat politique." Depuis quand un administratif (même s'il gagne 7.500 euros par mois) peut-il s'arroger le droit de mener un combat politique contre un élu...politique ? 

 

        10. Le décès du créoliste Jean Bernabé

 

   Il y a un proverbe africain très connu qui affirme que lorsqu'un vieil homme meurt, c'est toute une bibliothèque qui brûle. Jean BERNABE (74 ans) n'était pas si vieux que cela (A. CESAIRE est décédé à 95 ans et E. GLISSANT à 86 ans), mais sa disparition a créé un énorme vide dans le monde de la créolistique tant martiniquaise que caribéenne et internationale. Cet agrégé de grammaire française et docteur d'état en linguistique nous a légué, en effet, une si œuvre monumentale__notamment son "FONDAL-NATAL. GRAMMAIRE COMPAREE DES CREOLES GUADELOUPEEN ET MARTINIQUAIS"__qu'il faudra des générations pour pouvoir la défricher complètement. A l'ex-Université des Antilles et de la Guyane, dont il est l'un des pères fondateurs, il s'est attaché à implanter, puis à développer les "Etudes créoles" tant au niveau de l'enseignement que de la recherche. Sur ce dernier plan, il a ainsi fondé le fameux GEREC (Groupe d'Etudes et de Recherches en Espace Créole), qu'il a dirigé pendant trois décennies et qui publiait trois revues : "ESPACE CREOLE", "MOFWAZ" et "TEXTES-ETUDES ET DOCUMENTS".

   En 1988, le magazine français "L'EXPRESS" classait Jean BERNABE parmi les "20 universitaires français promis à un grand avenir". Il ne s'est pas trompé ! Mais mieux, celui-ci a également rayonné au plan international, devenant l'un des créolistes les plus importants, cela grâce à un nombre incalculable d'articles scientifiques d'une part et d'une vingtaine d'ouvrages, de l'autre. Il a ainsi créé la Licence, puis le Master de créole au sein de notre université. Puis, s'est battu avec ses principaux collaborateurs (R. DAMOISEAU, R. CONFIANT, G. L'ETANG etc.) pour obtenir la création du CAPES de créole qui permet de recruter des enseignants dument formés. A sa retraite, il s'est lancé un nouveau défi : l'écriture fictionnelle (publiant ainsi quatre romans) et l'essai à caractère philosophique (dans lesquels il questionne en particulier la notion d'"identité"). Le CCEE (Conseil de la Culture, de l'Education et de l'Environnement), organisme dépendant du Conseil régional, puis de la CTM, dans lequel il a œuvré durant une bonne dizaine d'années lui a rendu un important hommage en organisant une exposition, toujours visible, dans son siège du Lotissement Bardinet, au Carrefour Dillon. Cela prouve que Jean BERNABE n'a pas été simplement un grand intellectuel, mais aussi un citoyen engagé dans la vie de la cité.

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