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Les 10 exagérations et omissions des médias martiniquais en 2017

Les 10 exagérations et omissions des médias martiniquais en 2017

   Dans la course à l'information qui a complètement bouleversé le monde des médias depuis deux décennies, chacun veut être le premier à informer le public (scoop) ou à mettre en lumière tel ou tel événement. Cette dérive conduit inévitablement à des dérapages dont le plus criant est l'exagération ou le montage en épingle qui consiste soit à donner plus d'importance à un événement qu'il ne le mérite soit à trafiquer habilement la réalité. Cela consiste aussi, bien souvent __et c'est encore plus vicieux__ à taire, à passer sous silence une information importante.

   Quand pareille chose se produit et que le grand public sans aperçoit __chose qui, hélas, n'est pas très fréquente__, on a tendance à pointer du doigt immédiatement les médias officiels, ceux pour lesquels nous payons une redevance. Cependant, il convient d'introduire la notion de "redevance indirecte" à côte de celle que l'on peut qualifier de "directe'" (celle perçue par les médias officiels et qui figure sur notre feuille d'impôts). En effet, hormis les très rares journaux-papiers gratuits, les radios-libres qui ne font pas de publicité et les blogs et sites-web qui en sont dépourvus, tous les autres que nous qualifions habituellement de "médias privés" perçoivent une redevance indirecte par le biais de la publicité. Car l'annonceur (entreprise, administration etc.) reporte forcément le prix de ladite publicité sur le produit qu'il nous vend. Enlevez le coût de la publicité sur un produit et son prix diminue mécaniquement de 20 à 30% ! Or, ce produit nous le payons, nous l'achetons, ce qui fait que les médias dits "privés" ont des comptes à nos rendre exactement comme les médias officiels. Nous reviendrons plus en détail dans un autre article sur cette notion de "redevance indirecte".

   Pour l'heure, nous avons sélectionnés 10 événements que les médias martiniquais ont soit  exagérés soit passés sous silence et qui du coup, se révèlent être des non-événements. La manipulation médiatique ne consisterait d'ailleurs elle pas, dans le premier cas de figure, à transformer un non-événement en événement et dans le second cas, à se livrer au petit jeu du "cacher-ce-sein-que-je-ne-saurais-voir" ?...

   

                                                                                    ***

 

   1. "L'éclatante victoire" des candidats élus aux dernières élections législatives

    

        Aux dernières élections législatives, la Martinique a battu un record de France : celui du plus faible taux de votants. En effet, à peine 22% du corps électoral a cru bon de se déplacer pour aller déposer un bulletin dans l'urne, chose qui est une forme spectaculaire de défiance envers les politiciens, toutes tendances confondues. Or, si les médias locaux ont bien été obligés de noter ce phénomène, la plupart sont passés très rapidement dessus et ont commencé à nous bassiner avec des titres du genre "L'Eclatante victoire du candidat Machin" ou encore "Le Candidat Untel a défié tous les sondages et remporté une brillante victoire".

   Cela relève de la manipulation pure et simple.

   Plus grave : une fois l'événement passé et connaissant la force d'oubli des lecteurs-auditeurs-téléspectateurs, nos chers journalistes n'ont pas hésité, dans les semaines et les mois suivants, à surenchérir sur la "brillante élection ou réélection" de tel ou tel candidat. Du coup, tout le monde a fini par oublier que nos 4 députés ont été des mal élus. Les plus mal élus de France et de Navarre en plus !!!

   Merci qui ?

 

   2. "La souffrance de Ronald BRITHMER", DGS du Parc Naturel de Martinique

 

      Presque tous les médias, traditionnels ou Internet, se sont mobilisés durant un mois et demi pour soutenir le pauvre DGS du Parc Naturel de Martinique affreusement martyrisé par le conseiller exécutif Lois BOUTRIN, président de cet établissement qui dépend de la CTM. Ne tenant aucun compte du fait que ce dernier n'avait pas procédé à une chasse aux sorcières en le conservant à son poste alors que les "emplois fonctionnels" sont des sièges éjectables, ignorant le fait que BOUTRIN avait donné délégation de signature à BRITHMER et écartant d'un revers de main le fait que ce dernier ait refusé à diverses reprises d'appliquer les décisions de la majorité au pouvoir à la CTM (ce qui en droit français relève de l'"insubordination"), nos journalistes se sont apitoyés sur son sort. Sort il est vrai terrible : 7.500 euros de salaire mensuel. Comme un ministre ! Sort si terrible qu'il n'a pas connu ne serait-ce qu'un quart d'heure de chômage puisqu'il a été immédiatement recasé à la CACEM.

   Outre cette presse partisane, un conglomérat de syndicats (CDMT) et de partis politiques revanchards à cause de leur défaite du 13 décembre 2015, appuyé par des excités comme Gina SOLIBO, CHE GEVARA de pacotille et expert en graffitis diffamatoires sur les bâtiments publics ainsi qu'une blogueuse intermittente qui n'est autre que la propre cousine de l'insubordonné, un conglomérat donc a tenté de faire de BRITHMER un martyr.

   C'est sympa pour les 40.000 chômeurs martiniquais et les 60.000 salariés qui survivent avec à peine le SMIG...

 

   3. "L'importante démission d'Olivier BERISSON" de la présidence de l'Assaupamar

 

    Cette association écologiste existe depuis presque quatre décennies et a accompli un travail considérable pour la protection de l'environnement, la défense de nos terres agricoles et de la dénonciation de scandales comme l'empoisonnement au chlordécone. Fondée par des militants déterminés et courageux (G. MALSA, P. DAVIDAS, H. LOUIS-REGIS, P. TOURBILLON etc...), elle est devenue un acteur incontournable de la vie publique et sa voix compte tout autant que celle des élus. Chemin faisant et le temps passant, les pères fondateurs se sont progressivement retirés de la direction de l'association pour laisser la place à de nouvelles générations, sans pour autant prendre leur retraite et s'occuper désormais de leur jardin. Ces différents passages de témoin se sont toujours bien déroulés jusqu'à présent, du moins jusqu'à l'élection d'un certain Olivier BERISSON tout récemment lequel a commencé à ruer dans les brancards et à contester virulemment les orientations habituelles de l'ASSAUPAMAR, critiquant au passage le poids de ceux qu'il appelle "les historiques". Selon lui, l'association se concentrerait trop sur les seules questions d'environnement, se perdrait dans des colloques à n'en plus finir au lieu d'engager une stratégie de rupture et donc d'affrontement avec "le système colonial". BERISSON prétend, lui, se battre pour la défense de ce qu'il appelle "la personnalité spirituelle martiniquaise", développant un discours creux à la limite du mystique, fortement teinté d'afrocentrisme, et annonçant la création prochaine d'une nouvelle association ou organisation.

   La presse, toujours friande d'infos toutes fraîches et de scoops, s'est évidemment jetée sur ce qui est un non-événement, accordant au frondeur une importance absolument démesurée par rapport, d'une part, à son palmarès militant, et d'autre part, au flou pour le moins artistique de son discours qui pourrait être fort bien qualifié d'illuminé.

 

   4. La "cour" qui entoure le président MARIE-JEANNE et influe sur ses décisions

 

       Le rôle de la presse est de ne pas prendre pour argent comptant les "on-dit" et les bruits de couloir ou les rumeurs. Il est de les vérifier afin de transmettre une information un tant soit peu fiable au grand public. C'est ainsi que certaines personnes, parmi lesquelles des élus de la majorité qui gouverne la CTM, ont commencé à faire courir le bruit que le président de la Collectivité, autrement dit CHABEN, serait "entouré d'une cour", composée d'élus et d'autres conseillers qui ne sont pas membres du MIM et qui le pousseraient "à commettre des bêtises". Etaient visés des élus des autres partis de la coalition GRAN SANBLE POU BA PEYI-A AN CHANS, coalition sans laquelle la victoire de décembre 2015 n'eût pas été possible et qui, à ce titre, outre leur compétence personnelle, ont tout à fait le droit d'occuper les postes ou fonctions qui sont les leurs.

      Mais dans le même temps, ces mêmes accusateurs s'insurgent contre le fait que CHABEN prendrait ses décisions tout seul, sans consulter personne, en vrai petit "dictateur" qu'il est. Et la presse de reprendre aussi cette deuxième rumeur sans même s'apercevoir de l'énorme contradiction qu'il y a entre la première et celle-ci. Oui, contradiction logique qu'il y a à affirmer en MEME TEMPS que quelqu'un est entouré d'une cour qui influe sur ses décisions et qu'il est un dictateur qui décide tout seul.

    Peut-être faudrait-il instaurer des cours de logique élémentaire pour nos chers journalistes...

 

    5. Le "blanchiment par la justice" des mafieux du CEREGMIA

 

        Quand un fonctionnaire comme une faute ou un délit, il est soumis à une double justice : une justice administrative (en général rapide) et une justice pénale (en générale lente). Suite aux quatre rapports accablants contre le CEREGMIA rédigés par la Cour des Comptes, le Sénat et le CNESER, les trois principaux chefs de ce prétendu groupe de recherches en économie de l'Université des Antilles ont été sanctionnés par la première forme de justice, l'administrative donc : Fred CELIMENE a été purement et simplement révoqué de la fonction publique tandis que ses deux acolytes Kinvi LOGOSSAH et Eric CARPIN ont été suspendus de leur poste sans salaire, le premier pour 5 ans, le second pour 2 ans. Comme toute personne jugée à le droit de faire appel, les trois hommes ont contesté ces sanctions devant le Conseil d'état lequel les a annulées POUR DES RAISONS DE FORME, ce conseil ne jugeant jamais SUR LE FOND.

        Cela signifie que les trio du CEREGMIA devra être rejugé par le CNESER. Or, évidemment, ils se sont empressés de faire courir le bruit qu'ils avaient "été blanchis par la justice" et que "la vérité éclatera bientôt" à savoir leur "innocence". Diffusées sur WhatsApp et sur des blogs, ces fausses informations ont été tranquillement relayées par certains médias !!! Il suffirait pourtant à nos journalistes de consulter n'importe quel juriste pour savoir que c'est du pipeau, du bluff comme d'habitude et que notre trio, non seulement repassera devant la justice administrative avant un an, mais sera convoquée aussi par la justice pénale, l'enquête de police ayant été totalement bouclée.

 

    6. La commune du Prêcheur n'a pas payé sa cotisation au Parc Naturel de Martinique depuis 2013

 

       Ici, on aborde un deuxième type de désinformation : le silence sur un fait ou un événement important qui, pourtant, permet de juger de la crédibilité des différents protagonistes. Ainsi dans le conflit qui a agité le PNM (Parc Naturel de Martinique) dans lequel on a vu monter au créneau certains hommes politiques, notamment Marcellin NADEAU, leader du parti NOU PEP LA et maire de la commune du Prêcheur, aucun média n'a relayé l'information pourtant très importante selon laquelle cette commune n'a pas versé sa quote-part pour le fonctionnement du PNM depuis...2013.

      Se poser en grand défenseur de l'éthique, de l'équité, du droit des travailleurs n'impose-t-il pas, en bonne logique, que l'on commence par assumer ses responsabilités ? Avant donc de donner des leçons aux autres, en l'occurrence à L. BOUTRIN, le président du PNM, M. NADEAU n'aurait-il pas déjà dû balayer devant sa porte c'est-à-dire régler au PNM les 4 ans d'impayés que la commune du Prêcheur doit à ce dernier ? Apparemment, ce raisonnement pourtant d'une simplicité biblique n'est venu à l'esprit d'aucun de nos journalistes et autres blogueurs.

 

    7. Les archives de la Principauté de Monaco : motus et bouche cousue

 

      Toujours dans la rubrique "je-couds-ma-bouche", aucun média n'a interrogé le Prince ALBERT de Monaco à propos des archives de la Principauté lorsqu'il est venu à la Martinique à la mi-octobre dernier pour inaugurer la réserve marine située au large de la commune du Prêcheur. Pourtant, ces archives (près de 400M3 de cartons) avaient été entreposées par le CEREGMIA dans le vide sanitaire de la Bibliothèque universitaire du campus de Schœlcher, mettant ainsi en grave danger la vie des étudiants, des enseignants et du personnel qui y travaille en cas d'incendie ou de tremblement de terre. En effet, un vide sanitaire doit rester complètement...vide. Il est fait pour cela !

      Il aurait fallu demander au Prince ALBERT pourquoi il a permis que les archives datant de l'époque de feu son père et donc éminemment précieuses traversent 7.000kms d'Atlantique pour venir jusqu'en Martinique afin d'être numérisées. Chacun connaît le haut niveau de développement technologique de notre île, mais enfin, tout de même, ce long trajet parait bizarre alors qu'en Europe, il doit bien exister des structures capables d'accomplir le même travail pour moins cher. Ensuite, il aurait été intéressant de lui demander pourquoi sa Principauté ne s'est jamais inquiétée du travail de numérisation que devait accomplir le CEREGMIA, travail qui n'a jamais été réalisé. Peut-être que connaître le montant du contrat passé entre le plus petit pays du monde et le plus grand centre de recherches en économie du monde eut été également intéressant. Et enfin, dernière question, pourquoi, une fois découvert le scandale des cartons estampillés "Principauté de Monaco" et stockés n'importe comment dans le vide sanitaire cde la Bibliothèque universitaire, Monaco n'a pas cherché à récupérer son bien.

   Vous avez dit bizarre ? Pour nos chers journalistes, ça ne l'est apparemment pas. Si bien que le Prince ALBERT a tranquillement fait sa visite chez nous sans qu'aucune question embarrassante ne lui soit posée...

 

    8. Quatre tentatives de suicide par jour en Martinique

 

     Ce chiffre qui fait froid dans le dos et qui montre dans quelle détresse se trouvent bon nombre de Martiniquais n'a guère ému nos médias. Pourtant, cela fait 122 tentatives par mois soit près de 1.400 par an, ce qui est énorme pour une modeste population de 380.000 habitants. Rien que de très normal somme toute quand on regarde le chiffre du chômage (40.000) et quand on sait qu'il touche massivement les jeunes. Ceux dont les parents ont les moyens quittent d'ailleurs le pays à la recherche de meilleures opportunités ailleurs et pas seulement en France, mais dans le Tout-Monde. Hélas, très peu reviennent s'installer au pays, chose qui accentue dramatiquement le vieillissement de notre population.

     On l'a vu : ne pas parler d'un sujet permet de l'oblitérer, de faire comme s'il n'existait pas. Il vaut mieux parler du Tour des yoles, du Tour cyclistes ou de tel concert d'un artiste célèbre. Toutes choses dans lesquelles nos médias excellent.

 

    9. Le chlordécone est toujours là et il continue à faire des dégâts

 

       En 2007, L. BOUTRIN et R. CONFIANT publient coup sur coup deux ouvrages (notamment "CHRONIQUE D'UN EMPOISONNEMENT ANNONCE") qui vont secouer les consciences quant au scandale qu'a constitué l'utilisation inconsidérée de ce dangereux pesticide qu'est le chlordécone entre 1972 et 1992. Soit 30 longues années ! Pollution des sols, des nappes phréatiques, des rivières et des rivages. Développement exponentiel des cancers (prostate, myélome etc.), des maladies de Parkinson et d'Alzheimer ainsi que des malformations congénitales. Une catastrophe sanitaire, sociale, économique et environnementale ! Pire : le taux de rémanence du chlordécone (dans les sols etc.) est d'environ...120 ans.

        Après un tapage médiatique durant l'année 2007, l'intérêt des journalistes a commencé à baisser jusqu'à atteindre quasiment le point zéro aujourd'hui comme si le problème avait été réglé par magie. Or, dix ans après, en cette fin d'année 2017, l'Agence Nationale de la Sécurité de l'Alimentation, de l'Environnement et du Travail vient de lancer une mise en garde qui met en cause les productions agricoles non surveillées, celles qui proviennent en particulier des jardins de particuliers. L'autoconsommation et la vente de ces productions au bord des routes sont ainsi pointés du doigt.

       Les décès suite à "une longue maladie", comme disent pudiquement les médias, continueront donc de plus belle...

 

    10. Les "totems du Grand Saint-Pierre" et leurs termites

 

          C'est à l'occasion du conflit du Parc Naturel de Martinique que l'information a été révélée : les poteaux plantés à la sortie du tunnel du Carbet, à l'entrée de la ville de Saint-Pierre, surnommés "les totems du Grand Saint-Pierre", à l'époque où Serge LETCHIMY dirigeait le Conseil régional, ont coûté la bagatelle de 750.000 euros (sept-cent cinquante mille euros). Outre, la bizarrerie qui consiste, pour un organisme chargé de la défense de l'environnement à régler pareille facture, on se demande bien quels talents artistiques extraordinaires ont pu justifier pareille somme. Evidemment les médias n'ont à aucun moment parlé desdits totems ni posé les questions que tout contribuable est en droit de se poser à leur sujet.

         Circulez, y'a rien à voir ! Sauf que ces totems sont aujourd'hui rongés par des termites et que le Parc Naturel doit payer chaque mois 3.000 euros à une société de désinsectisation pour les traiter. Bref...

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