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Tribune

Les Antillais sont-t-ils atteints de schizophrénie ?

Jean-Marie Nol
Les Antillais sont-t-ils atteints de schizophrénie ?

L'article de Guy Lordinot,  l'ancien député maire de Sainte Marie en Martinique, qui craint la "disparition programmée de l’identité martiniquaise", dans une tribune intitulée, "Notre Martinique aujourd'hui. Sera-t-on Martiniquais demain ?,  fait l'objet de nombreuses publications dans les médias en France hexagonale accompagné de multiples réactions d'indignation voire d'accusations de racisme anti blanc.

Le buzz souhaité par Guy Lordinot est patent dans la mesure où il dénonce dans sa tribune, que " L'arrivée régulière d’une population de race blanche montre qu’un génocide par substitution est en marche en Martinique "

Notons que rien que sur le site de Martinique première qui a publié la tribune on note 864 commentaires et 827 partages.

Qui a raison si l'on considère que  tous ces textes sont l'écume des choses et du verbiage de racialistes. Le débat public ressemble de plus en plus à un asile de fous où la raison aurait définitivement perdu sa place.

Place à l'émotion désormais !

La lutte des races va-t-elle remplacer la lutte des classes en Martinique et en Guadeloupe ?  L’absurde, l’injuste, le violent et le tragique ont toujours fait partie de la condition humaine, la culture permet de les apprivoiser, mais certainement pas l'histoire. Et c'est d'autant plus vrai que comme le disait l'écrivain Paul Valery. : " L'histoire est le produit le plus dangereux que la chimie de l'intellectuel ait élaboré. Il fait rêver, il enivre les peuples, leur engendre de faux souvenirs, exagère leurs réflexes, entretient leurs vieilles plaies, les tourmente dans leur repos, les conduit au délire des grandeurs ou à celui de la persécution et rend les nations amères, superbes, insupportables et vaines. "

On le voit, les racialistes  et d'autres pan africanistes ne jouent que sur l’émotionnel, la raison a perdu ses droits, celui qui est en colère ou blessé est devenu celui qu’on n’a pas le droit de contredire.

Les  racialistes sont un danger pour la Martinique et la Guadeloupe. Le discours néo-identitaire est-il d'avantage un symptôme ou une cause de notre société démocratique ? Comment imaginer pouvoir lutter contre le racisme sans sombrer dans le nihilisme anti blanc ?

En voulant expurger notre histoire en la jugeant selon des critères contemporains, en la réécrivant à leur sauce (comme l’aveuglement sur la place de schoelcher dans l'histoire de l'abolition de l'esclavage ), en censurant et caviardant les œuvres culturelles, les racialistes et les personnes qui se revendiquent du pan africanisme non seulement détruisent un patrimoine commun à tous les guadeloupéens et Martiniquais, mais rendent aveugles et sourds ceux qui ne verraient plus le réel que selon des lunettes néo-identitaires.

La période qui fragilise l'identité Antillaise du fait de la poussée de la parole racialiste marque-t-elle une rupture historique dans notre modèle de société ?

Les craintes de génocide par substitution soulevées par maints individus en Guadeloupe et en Martinique sont-elles justifiées ?

Y'a-t-il encore une vision politique derrière les considérations raciales en matière de protection de l'emploi local ?

Les Antillais doivent être conséquents avec eux-mêmes car s'ils veulent changer les choses, il n'y a pas trente-six solutions, car la seule issue réside selon certains citoyens dans le changement statutaire, soit le choix d'une très large autonomie ou l'indépendance de la Martinique. On ne peut continuer comme certains Martiniquais à critiquer à tout va les " blancs "et rejeter l'autonomie de l'article 74 avec un vote NON à 78% en 2015. Les gens sont vraiment atteints selon certains spécialistes de schizophrénie aux Antilles.

La schizophrénie est une psychose, en fait pour ce qui concerne les Antillais une maladie mentale qui est une conséquence de l'esclavage et de la colonisation et qui se manifeste par la désintégration de la personnalité, et par la perte du contact avec la réalité.

C'est une anosognosie, c'est-à-dire que la personne qui en souffre n'a pas conscience de sa maladie.  la schizophrénie occasionne souvent un certain nombre de déficits cognitifs qui perturbent notamment l'attention, la mémoire, l'apprentissage et le traitement de l'information. Ces déficits sont souvent présents dès le début de la maladie et diminuent la capacité de la personne à réagir de manière appropriée avec son milieu.

C'est la maladie mentale chronique la plus fréquente aux Antilles avec en sus la maladie paranoïaque.

En ce moment de crise aiguë, tous les efforts doivent être tendus pour éradiquer cette foutue maladie qui nous vient de notre histoire tragique. Celle-ci n’est pas toujours bienveillante. Tous nous disons qu’il y aura un avant et un après l'affaire Georges Floyd et la destruction des statues de Schoelcher. Mais il restera une maladie à soigner : la schizophrénie Antillaise et nous sommes tous contaminés. Plus de personnels locaux compétents dans les services publics de l'Etat à installer et moins de demande de responsabilités politiques locales, c’est mission impossible ! Aucun Président, aucun Gouvernement, aucune Majorité politique ne peuvent gérer une telle contradiction. Y a-t-il un remède pour guérir de cette schizophrénie. ?

Le doute et le scepticisme se sont installés sur l’efficacité mais aussi sur la sincérité de la parole politique en Guadeloupe et Martinique : les promesses et les mots qui les accompagnent (le « changement », la « rupture », la « révolution » ou tous les mots qui évoquent le « plus rien de ne sera comme avant ») sonnent, pour les Martiniquais et guadeloupéens, comme des mots creux dans le meilleur des cas, des preuves de cynisme dans le pire des cas.

Nous sommes toujours dans cet entre-deux, identitaire, cette position inconfortable d’attentes très fortes vis-à-vis du pouvoir parisien et de doutes ou de déception permanente envers nos élus locaux.

Faut-il y voir une forme d'immaturité politique des Antillais dans une situation où il apparaît peu probable que des mesures techniques puissent inverser la crise identitaire que connaît le pays Guadeloupe sans procéder à un profond remaniement de nos institutions politiques héritées de la départementalisation.

 Tout le monde a bien compris que la crise identitaire nous parle de problèmes lourds, de longue durée, dont les solutions ne peuvent venir que d’une progressive transformation et réforme du pays Martinique et Guadeloupe. Mais il n’y a pas de consensus sur ce que veut dire « réformer » ou « transformer » le pays. Et malheureusement, c'est rédhibitoire et cela bouche notre horizon.

La séquence économique, sociale et politique dans laquelle nous entrons semble particulièrement délicate et nul ne sait ce qui en sortira...mais une chose est sûre c'est que nous ne devons pas céder à la seule passion émotionnelle du racialisme pour régler nos problèmes.

" Mové sizo pé gaté bon twèl "

On ne fait rien avec de mauvais outils

Jean-Marie Nol

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