Les comptes de Renault Algérie épluchés par le fisc, Citroën dans le viseur de la DGI

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Les comptes de Renault Algérie épluchés par le fisc, Citroën dans le viseur de la DGI

Les comptes de Renault Algérie intéressent la Direction générale des impôts, suite à des transactions douteuses qui ont attiré l’attention des contrôleurs. Citroën est aussi dans le collimateur du fisc.

Renault Algérie est dans le viseur de la Direction générale des impôts (DGI). Depuis quelques jours, la DGI épluche les comptes du constructeur français, numéro un du marché algérien de l’automobile. D’après les sources du journal électronique TSA, le groupe a demandé, en 2013, le remboursement des acomptes sur l’impôt sur le bénéfice des sociétés qu’il a réglés, suite à un déficit de 700 millions de dinars. Cette opération aurait éveillé les soupçons de la DGI. De plus, durant la même année, « Renault Algérie a octroyé des remises d’un montant de 8 milliards de dinars pour un chiffre d’affaires de plus 110 milliards de dinars », explique cette même source.

Ces chiffres sont officiellement contestés par Hayet Hellel, directrice de la communication Renault Algérie, qui avait promis une réponse à la presse avant de se rétracter. « Vos chiffres sont infondés. Renault n’a jamais fait ce type de déclaration. De ce fait, je vous prie de ne pas publier de fausses informations sur votre site. Si vous souhaitez avoir notre retour sur la question, permettez-nous au moins de préparer une réponse sur la base de faits concrets. Merci pour votre prise en compte ». Relancée ce lundi 9 juin par TSA, Mme Hellel s’est rétractée : « Nous refusons de commenter ces informations ». Pourtant, en France, les résultats du groupe Renault sont visibles sur son site Internet. Et en Algérie, ils doivent être publiés sur le Bulletin officiel des annonces légales (BOAL).

Citroën sur la sellette

Les comptes d’une autre marque française sont également dans le viseur du fisc. Il s’agit de la société Saida, propriété du groupe français GBH (Groupe Bernard Hayot), distributeur de plusieurs marques, dont Citroën. La DGI s’intéresse de près aux comptes du groupe et à ses relations avec son fournisseur Bamy Export, une société basée en France et qui réalise d’importants bénéfices. A l’instar de Saida, Bamy Export est détenue à 100% par un membre de la famille Hayot. « Bamy Export achète chez Citroën et vend à Saida qui a réalisé un déficit en 2013, alors que ses ventes ont augmenté », explique une source de TSA. « Bamy Export est la centrale d’achat du groupe GBH », assure le directeur général de Saida, Patrick Coutelier. En 2013, les ventes de la marque Citroën en Algérie ont augmenté de 44% pour dépasser 14 000 unités.

Y a-t-il de la surfacturation sur des voitures exportées vers l’Algérie ? Pourquoi les concessionnaires à capitaux algériens réalisent des bénéfices importants et des marges élevées contrairement aux concessionnaires à capitaux étrangers qui peinent à gagner de l’argent ? C’est à ces questions que les contrôleurs du fisc vont tenter de répondre durant leur enquête.

Pour information, le marché algérien de l’automobile est détenu à 70% par des étrangers, et les trois marques françaises, Renault, Peugeot et Citroën, en contrôlent près de la moitié.

 

Source : http://www.afrik.com/les-comptes-de-renault-algerie-epeluches-par-le-viseur-du-fisc

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