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L’Esprit Panaf lui rend hommage : L’œuvre de Fanon plus que jamais d’actualité

L’Esprit Panaf lui rend hommage : L’œuvre de Fanon plus que jamais d’actualité

Un hommage a été rendu, jeudi dernier, au grand intellectuel et auteur des « Damnés de la Terre », Frantz Fanon, au 23e Salon international du livre d’Alger (Sila) au stand d’Esprit Panaf, situé au pavillon central. Son parcours a été évoqué par Mourad Yellès, professeur des universités en littératures maghrébines, incitant la jeune génération à lire ses œuvres en cette date symbolique de la célébration de déclenchement de la guerre de Libération nationale.

Après avoir lu quelques textes de Frantz Fanon, psychiatre et essayiste martiniquais, fortement impliqué dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, Mourad Yellès a ouvert son intervention en déplorant que «beaucoup de jeunes Algériens d’aujourd’hui n’ont jamais lu une seule ligne de Fanon». Il insistera dans ce sillage sur la nécessité de lire Fanon pour la nouvelle génération, estimant qu’«il nous parle plus que jamais et quand il nous parle, il le fait à plus d’un titre ».  Dans ce contexte, Mourad Yellès ajoute que «Fanon est un intellectuel et un penseur qui ne cessait de lire bien au-delà de sa formation de psychiatre». Ajoutant que «Fanon a également été auteur de deux pièces de théâtre et de plusieurs poèmes. Il y a tout un pan d’écrits de cet intellectuel qui relève de la littérature». L’intervenant rappelle, également, que Frantz Fanon était aussi «un militant de la cause d’indépendance de l’Algérie et a fait l’objet de plusieurs attentats. Pourtant, il n’a jamais réclamé aucun privilège de quelque nature que ce soit», précisant que Fanon «ne lisait pas l’arabe, mais il faisait son possible pour comprendre la complexité et la profondeur de la société algérienne». D’autre part, Mourad Yellès mettra en exergue l’universalité de la pensée fanonienne, en soulignant que «si Fanon avait été seulement le penseur de la Révolution algérienne, on aurait continué à le lire d’une certaine manière, mais on n’aurait pas compris pourquoi sa pensée peut encore être utile de nos jours». Il appuiera ses propos en expliquant que «l’impact de la pensée de Fanon dans le mouvement de résistance palestinien a été immense. Les plus grands leaders palestiniens lisent Fanon. Cela veut dire que cette pensée s’adapte à d’autres contextes que le contexte algérien. Aujourd’hui, lire Fanon, c’est perpétuer le souffle vital de cette pensée à la portée universelle». Toutefois, le professeur d’université, spécialiste en littératures maghrébines, souligne l’importance de «lire cet intellectuel en évitant de figer sa pensée et en assimilant sa puissance critique. C’est-à-dire en acceptant que la pensée fanonienne soit une pensée en perpétuel mouvement et en perpétuelle remise en question». Mettant ainsi en exergue le fait que «Fanon n’est pas un homme d’un système fermé.
Sa pensée est vivante et n’hésite pas à se confronter à la contradiction». Il conclura son intervention en déclarant : «Ce sont toutes ces facettes de Fanon qu’on doit avoir en mémoire pour proposer des clefs d’analyses sur les grands enjeux de notre époque. Parce que la pensée de Fanon nous offre des outils d’interprétation de ces dynamiques socio-historiques auxquels nous sommes actuellement confrontés et qui revêtent des caractères dramatiques».

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