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LETCHIMY, TAISEZ-VOUS SUR LE CHLORDECONE !

LETCHIMY, TAISEZ-VOUS SUR LE CHLORDECONE !

   On aura tout vu dans cette Martinique qui, tel un bateau ivre, dérive vers nul ne sait où.

   Comme ce député de la circonscription de Fort-de-France, Serge LETCHIMY, qui a qualifié le scandale du chlordécone de "crime d'Etat". En politique, l'indécence, on le sait, n'a pas de limites, mais là, franchement, elles sont dépassées et archi-dépassées.

   Qui a oublié, en effet, que LETCHIMY, en 2007, alors maire de Fort-de-France, avait créé à toute vitesse une association de revendeuses des différents marchés de la ville pour les faire défiler dans les rues et conspuer les noms de Louis BOUTRIN et Raphaël CONFIANT ? Or, quel crime avait commis ces deux écologistes ? Simplement publier un livre, "CHRONIQUE D'UN EPOISONNEMENT ANNONCE" dans lequel ils alertaient les Martiniquais sur les graves dégâts causés par l'utilisation durant 30 ans (1972-2002) de ce pesticide organochloré cancérigène appelé "chlordécone".

   Avant eux, l'écologiste Pierre DAVIDAS et l'ASSAUPAMAR avaient crié dans le désert. Personne n'avait voulu les entendre et surtout pas le PPM dont DAVIDAS fut membre à une époque. Or, que voit-on aujourd'hui ? Toutes sortes d'opportunistes se disant  "autonomistes" ou  même "indépendantistes" monter au créneau sans bien maîtriser les tenants et les aboutissants de cette catastrophe écologique, sanitaire et économique. Car il est facile, trop facile, de se dédouaner, comme le fait LETCHIMY, en faisant porter l'entière responsabilité de la catastrophe sur le seul Etat français. Oui, l'Etat français l'est puisque ce sont les ministres de l'agriculture qui délivrent les AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) pour les pesticides et donc pour le chlordécone, mais il y a d'autres coupables :

   . les maires qui ont l'obligation de faire livrer à leurs administrés une eau dont la potabilité doit être régulièrement vérifiée. Or, pendant ces trente longues années, toutes les communes de la Martinique et donc Fort-de-France dont LETCHIMY a été à un moment le maire, nous ont fourni une eau du robinet gorgée de chlordécone.

   . les parlementaires qui, à l'Assemblée nationale, tel Guy LORDINOT, n'ont cessé de demander la prolongation de l'utilisation du chlordécone en totale connivence avec le lobby bananier béké.

   . les gros planteurs de banane (pour la plupart Békés) qui ont fait massivement déverser, par des milliers d'ouvriers agricoles non prévenus de la dangerosité du produit, 190 kilos de chlordécone par hectare là où dans la plupart des pays du monde où l'on cultive la banane à commencer par ceux de la Caraïbe et de l'Amérique latine, ce pesticide est utilisé à raison de...6kg par hectare.

   . les services déconcentrés de l'Etat (DAF, DIREN, DDASS etc.) qui, en dépit de nombreux rapports alarmants émanant de leurs propres agents sur le terrain, ont gardé la bouche close durant tout ce temps, refusant d'admettre et cela jusqu'à ce jour, le rapport entre pollution au chlordécone et cancers, Parkinson, Allzheimer, maladies congénitales etc...

   On le voit donc : contrairement à ce que raconte LETCHIMY pour se dédouaner, le scandale du chlordécone n'est pas une simple "affaire d'Etat". Il y a toute une chaine de responsabilités qui va du niveau le plus simple, celui du maire jusqu'au niveau le plus élevé, celui du ministre de l'agriculture, en passant par nos parlementaires, les gros planteurs békés et même les douaniers qui laissaient passer des pesticides illégaux importés des îles anglophones voisines.

   Serge LETCHIMY a été maire. Il est député. Il porte donc lui aussi sa part de responsabilité dans ce crime contre la Martinique.

    (Sans compter que lorsqu'il était président du Conseil régional, il s'est opposé à un texte visant à interdire l'épandage aérien !)