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LETTRE OUVERTE AUX PATRICK KARAM, CLAUDY SIAR, SERGE ROMANA ET COMPAGNIE…

Lors d’une récente émission télévisuelle (diffusée de Paris, le 18 février, sur RFO TEMPO), invités à commenter le mouvement social guadeloupéen en cours depuis plus d’un mois, pareils à des enfants inquiets de n’être pas suffisamment aimés, vous n’avez cessé d’entonner l’hymne de votre indéfectible allégeance à votre mère patrie, la France ...

Dans la mesure où, suite à des stratégies similaires, vous êtes parvenus à jouer le rôle de « leaders » des « communautés domiennes » de France, il n’est nullement étonnant que vous adoptiez pareilles postures.

Mais, là où le bas blesse, c’est lorsque vous vous octroyez le droit de parler au nom de la communauté des Antillo-Guyanais séjournant sur le sol français …. Et ce privilège que vous endossez , vous l’endossez avec la complicité active des pouvoirs médiatiques qui se gardent bien de donner la parole à d’autres Martiniquais, Guadeloupéens, Guyanais (domiciliés en France) dont le discours diffère de vos discours-voix-de-son-maître.

Et rien ne va vraiment plus, quand, lors de ces débats, vous avez eu l’impudence de vous donner des allures de porte – paroles des peuples de Martinique, de Guadeloupe, de Guyane que, pour parfaire la supercherie, vous affubliez du vocable de « français d’outre-mer ».

Que vous ayez fait le choix de vous dissoudre au sein du peuple français, hantés par le chimérique espoir de devenir un jour un autre Obama, c’est votre droit le plus absolu.

Mais, au moment où nos pays respectifs sont la proie d’ une néo-colonisation de peuplement, au moment où dans nos consciences grandit un désir de libération du système mortifère de la départementalisation-assimilation, nous ne saurions admettre que vous vous arrogiez le droit de parler en notre nom.

Libres à vous de vous considérez comme membres d’une « minorité visible » dont l’aspiration est de cueillir les hypothétiques fruits de la politique dite de la « diversité républicaine »

Nos peuples, eux, qui constituent des entités nationales, leur combat vise à accéder à l’exercice plein et entier d’un droit : le droit à l’autodétermination.

Post scriptum : Les luttes sociales qui secouent la Guadeloupe et la Martinique ont suscité un défilé de personnalités politiques françaises de toutes obédiences - PS, PCF, NPA, VERTS et tutti quanti - venant manifester leur solidarité.

Soyez les bienvenus mais, de grâce, recyclez vos propos ! Quelques-unes de vos paroles (« compatriotes d’outre-mer, métropole, français d’outre-mer ») autorisent à penser que vos mentalités ne sont pas totalement purgées des miasmes de l’idéologie d’un certain paternalisme / fraternalisme d’obédience…coloniale.

{{Daniel BOUKMAN}}, écrivain martiniquais, militant culturel

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