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L'Obamania, maladie infantile du noirisme

   En novembre 2008, je publiais l'article qui se trouve au bas de la présente introduction et m'étais fait massacrer par tout ce que la planète compte de noiristes, d'afro-centristes et autres kamites autoproclamés. Massacrer à la tronçonneuse ! Aujourd'hui, ces mêmes cerveaux mous dénoncent l'inertie du même OBAMA face aux assassinats répétés de Noirs américains par des policiers blancs et le traitent de...nègre de maison ("house nigger"). Bande de nazes, va ! 
   Comme on le verra, je ne critiquais pas la personne d'OBAMA mais bien l'Obamania c'est-à-dire la croyance dans l'idée qu'il réglerait les problèmes de tous les Noirs du monde. Car à la tête d'un pays bâti sur le racisme, il était évident qu'il pourrait à peine améliorer le sort des Noirs américains, allez voir ceux de Trénelle, de Dakar, de Créteil ou de Papouasie-Nouvelle-Guinée ! Nos nazes de noiristes ne savaient peut-être pas qu'OBAMA entrait à la Maison Blanche et non à la Maison noire. Par ce (mauvais) jeu de mots, je veux dire qu'il était et est toujours prisonnier du Pouvoir blanc, ce qu'en anglais on appelle "The White Power structure"...
 

***

L’Obamania, maladie
infantile du noirisme
Les rues sont soudainement envahies de voitures qui klaxonnent à tout va. Des
gens, femmes et hommes mêlés, poussent des hurlements de joie. Ils dansent,
battent des mains, se trémoussent, brandissent des drapeaux américains. Un cri
puissant s’élève de partout : « OBAMA, PRESIDENT ! OBAMA, PRESIDENT ! »
Nous sommes début novembre. Les résultats de l’élection présidentielle US viennent
de tomber : Barack Obama, le candidat démocrate, a battu à plate couture son
adversaire, le républicain John McCain.
Qui hurle ainsi sa joie ? Où se déroulent ces scènes d’hystérie collective ?
A Fort-de-France (Martinique), à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), à Cayenne (Guyane),
à Sarcelles (France), à Notting Hill (Angleterre), à Ouagadougou (Burkina-Faso), à
Rio (Brésil), à Nouméa (Kakaky), etc.
Les « Noirs » du monde entier exultent : un des « leurs » vient d’être élu à la tête du
pays le plus puissant du monde. Le pays le plus puissant et le plus riche qui ait
jamais existé sur terre : l’Empire américain.
***
Six mois après cette euphorie.
Ti Sonson de Fort-de-France continue à chercher un « djob » à dix euros pour
s’acheter son seul repas de la journée : un sandwich à la morue. Il remarque que des
branches débordent sur la rue, des branches d’un bel arbre planté dans le jardin
d’une maison bourgeoise. Il sonne prudemment, prêt à proposer ses services.
Personne ne répond. Sauf un berger allemand qui vient lui montrer ses crocs à la
barrière et qui bondit comme un fauve en cage. Ti Sonson tourne les talons…
Milo de Sarcelles s’est levé à quatre heures du matin, comme d’habitude. Il s’est lavé
vite fait, a enfilé son uniforme de facteur, a embrassé ses deux enfants et sa femme
encore endormis, et s’est jeté dans les bras de la nuit froide. Natif de Vieux-Habitants
(Guadeloupe), il n’a jamais pu s’habituer, malgré vingt ans de vie en « métropole »,
au fait qu’il fasse nuit noire le matin la moitié de l’année et cela jusqu’à 9h au coeur
de l’hiver. Il a renoncé à remplir des demandes de mutation pour rentrer au pays.
Alors, il serre les dents et se dirige vers le centre de tri postal pour une nouvelle rude
journée de travail…
Boubakar regarde son champ de coton d’un air las. Une fine poussière rouge monte
depuis les confins de la plaine, parsemée ici et là de buissons d’acacias. Dans
l’enclos, quelques chèvres commencent à s’agiter, réclamant leur pitance matinale.
La récolte approche à grand pas. D’ici une petite dizaine de jours, toute la famille,
grands-parents compris, se mettra à la tâche, du lever du soleil à trois heures de
l’après-midi. Les cotonniers sont magnifiques cette année. L’or blanc s’étalera sur
des nattes dans toutes les cours des cases. Mais aussitôt, Boubakar ressent un
grand poids sur les épaules. Entre découragement et accablement. Le coton se vend
mal, très mal, sur le marché mondial. C’est en tout cas ce qu’est venu dire le préfet
du district l’autre jour. Comme l’an dernier, Boubakar gagnera juste de quoi ne pas
crever de faim, sa famille et lui…
Mario Freitas do Amaral, dit « Fredo », descend prudemment l’escalier en colimaçon
de la favela. Il regarde, inquiet, à droite et à gauche. Cela fait près de quinze jours
qu’il s’est terré chez lui. Dans cette cabane faite de planches de récupération et de
feuilles de tôle qu’il a accroché au flanc de la colline. Fredo n’a pas peur des
narcotrafiquants. Il craint la police ! Cette police qui, au nom de la chasse à la
drogue, n’hésite pas à tirer sans sommation dans les ruelles tortueuses de la favela,
surtout si le suspect est noir ou mulâtre. Soudain, devant lui, sur un petit ponton, il
aperçoit deux corps allongés. La tête fracassée. Il frémit. Hésite à continuer son
avancée. Puis, prenant son courage à deux mains, serrant les dents, il fait un pas,
deux pas, puis quatre. Bientôt, il peut les regarder, ces deux cadavres : il s’agit de
ceux de son jeune frère Zé et de leur cousin Roberto…
Paul cherche le joint qu’il avait cru avoir caché sous son oreiller. Enfin son oreiller !
Disons, le morceau de bois entouré de haillons qui lui sert de repose-tête lorsqu’à la
nuit tombée, il regagne son bidonville. Nouméa est une ville blanche entourée de
bidonvilles noirs. Kanaks plus exactement. Paul avait quitté sa montagne boisée du
Nord à la recherche d’une existence qu’il s’imaginait plus facile. Là, une fois loin du
pouvoir des anciens et du poids de la coutume, il pensait passer rapidement son
permis de conduire et s’établir comme chauffeur de taxi. Paul n’a jamais pu réussir le
code. Chaque fois, une question vicieuse dans laquelle il était question d’autoroute et
de verglas, le faisait chuter. Il a donc fait portefaix, maçon, balayeur de rue, docker
occasionnel, jusqu’à ce que découragé, il finisse par confier sa vie à « l’herbe qui fait
rêver »…
***
Ti Sonson de la Martinique, Milo de Sarcelles, Boubakar de Ouagadougou, Fredo de
Rio de Janeiro et Paul de Noumea avaient hurlé leur joie le jour de la victoire de
Barack Obama. Ils s’étaient jetés dans les rues comme des centaines de milliers
d’autres « Noirs » à travers le monde, avaient chanté, bu jusqu’à plus soif, s’étaient
congratulés, avaient cru qu’une « aube nouvelle se levait pour le peuple noir », selon
les mots, répétés en boucle sur toutes les chaînes de télé du monde, d’un pasteur
évangéliste afro-américain.
Ils y avaient cru le premier jour. La première semaine. Le premier mois.
Ils y avaient cru de toutes leurs forces.
Mais voilà ! On était six mois plus tard et rien, strictement rien, n’avait changé dans
leur existence. Ti Sonson tirait toujours le Diable par la queue à la recherche
d’improbables « djobs ». Milo se faisait rudoyer, comme si de rien n’était, par son
chef d’équipe au centre de tri postal de Sarcelles. Boubakar attendait, résigné, les
maigres revenus de son coton. Fredo, désormais seul au monde, depuis l’assassinat
de son frère et de son cousin, avait trouvé refuge dans la « colle », l’une des drogues
dures les plus destructrices. Quant à Paul de Nouméa, il songeait sérieusement à
quitter définitivement la ville où il risquait de finir clochard pour s’en retourner dans sa
tribu.
***
Cette petite fable vise à démontrer que l’Obamania qui sévit à travers le monde dit «
noir » relève d’un infantilisme absolument incommensurable. D’une puérilité à nulle
autre pareille. Et le plus affligeant, ce n’est pas que des Ti Sonson, des Milo ou des
Fredo croient que l’élection d’un président yankee changera quelque chose à leur vie
juste parce qu’il a la peau noire. Non, le plus affligeant, c’est que des intellectuels
opportunistes aux Antilles, en France ou en Afrique se soient employés tous ces
derniers mois à nous faire avaler ce qu’ils savent pertinemment être une sornette !
Tristes individus…
Car, en fait, qui a à gagner à l’élection de Barack Obama ? Quelles catégories de
gens y ont intérêt réellement ?
Pour ma part, je n’en vois que 3. Une aux Etats-Unis ; deux hors des Etats-Unis. A
savoir :
- aux Etats-Unis : les Noirs américains.
- hors des Etats-Unis : l’ethnie Luo du Kenya et la petite ville japonaise
appelée…Obama.
La victoire d’Obama serait, en effet, une immense victoire pour les Noirs américains,
la récompense du combat bi-séculaire qu’ils mènent pour obtenir la pleine égalité
avec leurs compatriotes blancs. Certes, comme pour Ti Sonson ou Fredo, la situation
du chômeur noir de Chicago ou de l’ouvrier agricole de l’Alabama ne changerait pas
du jour au lendemain, mais en instaurant, par exemple, la couverture médicale
universelle, Obama soulagerait des millions de pauvres parmi lesquels les Noirs sont
majoritaires. N’oublions jamais que régulièrement des gens meurent à la porte des
hôpitaux de cette soi-disant plus grande démocratie du monde parce qu’ils n’ont pas
les moyens de payer leurs frais d’hospitalisation ou telle opération chirurgicale
délicate ? En abolissant la peine de mort, Obama rendrait aussi un fier service aux
Noirs lesquels constituent 45% de la population carcérale des Etats-Unis alors qu’ils
ne représentent que…12% de la population globale. Bref, dans divers domaines
(emploi, éducation, justice etc.), l’élection d’Obama serait une bénédiction pour les
Noirs étasuniens. Je serais l’un d’entre eux que je serais pro-Obama à 200%.
Deuxième bénéficiaire, si l’on peut dire, d’une éventuelle victoire d’Obama, à
l’extérieur des Etats-Unis cette fois-ci : l’ethnie Luo du Kenya. Le père d’Obama
appartenait, en effet, à cette dernière, qui est la troisième par ordre d’importance
numérique de ce pays et qui, bien évidemment, à cause du tribalisme, se retrouve
mise de côté au plan économique, politique et social. Les deux ethnies majoritaires
les Kikuyus et les Luyas se partagent la totalité du pouvoir tout en s’entremassacrant
régulièrement comme on a pu le voir ces dernières années. Si donc un
demi-Luo, en l’occurrence Obama, était élu président du pays le plus puissant du
monde, nul doute que la place de cette ethnie au sein de la société kenyane s’en
trouverait du même coup revalorisée. D’autant qu’en cas d’attaque contre les Luos,
Obama pourrait donner à tout moment de la voix.
Troisième et dernier bénéficiaire d’une victoire d’Obama : la petite ville japonaise
dénommée « Obama », ce qui en japonais signifie « petite plage ». Dès l’annonce de
la candidature de Barack, les habitants de cette ville, à moitié sinistrée
économiquement, sont devenus les plus grands fans du candidat démocrate,
montant des clubs de sports, des associations ou des manifestations pro-Obama. Ils
lui ont écrit pour lui demander de venir visiter leur ville, obtenant une réponse au
bout…d’un an. Il est sûr en tout cas que si Obama-homme gagne, Obama-ville
gagnera aussi. Déjà, au Japon, Obama-ville est devenu un spot touristique très prisé.
***
A part donc ces trois catégories de gens – les Noirs américains, l’ethnie Luo du
Kenya et les villageois japonais d’Obama-city –, on a beau regarder les choses sous
toutes les angles, on ne voit vraiment pas en quoi l’arrivée d’un « Noir » à la Maison
blanche changera quoi que ce soit au sort des « Noirs » à travers le monde. Oublie-ton
qu’un « Noir », Colin Powell fut déjà, et cela des années durant, chef de l’US
Army, l’armée la plus puissante du monde ? Oublie-t-on aussi qu’une « Noire »,
Condoleeza Rice », est encore pour quelques mois le numéro 2 des Etats-Unis, le
secrétaire d’état aux affaires étrangères disposant, dans ce pays, de davantage de
pouvoir que le vice-président lequel passe son temps à inaugurer les chrysanthèmes
? Alors, on nous dira que Powell et Rice sont républicains alors qu’Obama est
démocrate, oubliant que la différence idéologique entre ces deux partis a l’épaisseur
d’une feuille de papier. La preuve : le « républicain » Powell vient de déclarer qu’il
soutient le « démocrate » Obama ! En Europe ou ailleurs dans le monde, cela
passerait pour une trahison : il n’y a qu’à voir, par exemple, les hurlements
provoqués par le ralliement de certains socialistes à Sarkozy. Aux Etats-Unis, la prise
de position de Powell n’a choqué personne. Là-bas, d’ailleurs, il y a des républicains
« progressistes » et des démocrates « réactionnaires », c’est dire !
Qui peut croire un seul instant qu’Obama transformera l’Empire en grand frère amical
pour les autres nations du monde ? Qui peut croire qu’il réussira à mater le
Pentagone, l’US Army, la CIA, Wall Street etc. Bref, tous les appareils d’état
permettant à ce pays de dominer les autres ? Soyons sérieux ! Obama est un
Yankee, un Afro-Saxon, et la différence entre lui et un Anglo-Saxon est quasi-nulle.
S’il nous fait tant d’effet, c’est certes parce qu’il est beau et intelligent, mais aussi
parce qu’il a face à lui un vieillard buté et pas sexy pour un sou. Il aurait eu comme
adversaire un Blanc beau et intelligent comme lui que la donne aurait été
complètement différente.
Pour nous donc qui ne sommes pas des Etasuniens, seule la politique étrangère des
Etats-Unis nous intéresse. Qu’il crée la couverture médicale universelle aux Etats-
Unis ou qu’il y fasse abolir la peine de mort, fort bien ! Mais en quoi cela nous
intéresse-t-il, nous qui ne vivons pas là-bas ? Or, force est de constater que ce
qu’Obama a donné à voir de sa future politique étrangère est des plus inquiétants.
Son alignement tous azimuts sur la politique criminelle de l’entité sioniste, sa volonté
de faire bombarder les zones tribales pakistanaises sans l’autorisation préalable des
autorités de ce pays, ses piques régulières à l’égard de Fidel Castro et de Hugo
Chavez, le fait qu’il n’ait jamais visité aucun pays des Caraïbes et d’Amérique du Sud
etc…, tout cela démontre qu’Obama, en politique étrangère, ne sera guère différent
de ses prédécesseurs. Ni mieux ni pire.
Nous qui ne sommes pas Etasuniens n’avons rien à attendre de l’Empire car à aucun
moment de l’histoire humaine on n’a vu d’empire généreux envers le reste du monde.
La vocation de tout empire est de dominer. Et que ce soit avec le beau sourire
d’Obama ou le vilain rictus de MacCain, cela reste une domination. Point barre.
***
Pour finir, je reviens aux soi-disant intellectuels noirs qui portent Obama aux nues
comme s’ils votaient aux élections américaines. En fait, au lieu de retourner aux
Antilles et en Afrique pour y apporter leurs connaissances ou leur talent, ils préfèrent
demeurer planqués en Europe dans l’attente qu’un jour, eux aussi, accéderont au
pouvoir. Le strapontin de la dame Rama Yade les fait saliver comme pas possible. Le
même strapontin qu’avait occupé un certain Koffi Yamgnane il y a…vingt ans.
En attendant, qu’est-ce qu’ils s’imaginent ? Que ce sont les « métros » aux Antilles et
les toubabs en Afrique qui développeront leurs pays à leur place ?
Imposteurs et plaisantins, va !
Raphael Confiant

 

Source : http://www.congopage.com/forums/viewtopic.php?f=1&t=10746

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