Accueil

L’OYAPOCK, UN PONT TROP LOIN

Par Nicolas Bourcier sur http://www.lemonde.fr/

Il y a d’abord cette route, long tracé en forme de ligne brisée qui sillonne sous un ciel bas l’Etat d’Amapa, pointe extrême du nord du Brésil et de sa jungle amazonienne. Mille camions à remorque vont et viennent, chargés de pins et d’eucalyptus, alignés de part et d’autre des premiers tronçons d’asphalte. Sur les cent cinquante derniers kilomètres, des dizaines de passerelles en bois maintiennent la piste de latérite diluée, engloutie et digérée par le ventre-nature. Quelques communes délabrées filent le long de la voie, rappelant que Macapa, la capitale, compte parmi les plus pauvres du pays. Mais il y a surtout ce pont, gigantesque structure de béton et d’acier qui enjambe d’un trait l’Oyapock, fleuve frontalier entre le Brésil et la Guyane française, deux rives d’un même monde qui semblent n’avoir jamais été aussi proches.
 

Par son architecture, sa composition, sa façon altière de découper la brume, l’ouvrage en impose. Posé sur ces lointains tropiques comme par une main invisible, il semble une sentinelle immobile aux bras tendus. Seulement voilà, le pont de l’Oyapock, qui relie en un saisissant trait d’union la France et le Brésil, est fermé à la circulation. Depuis la fin des travaux, le 1er juin 2011, il attend d’être inauguré.

Une date d’ouverture a bien été évoquée, plusieurs fois, côtés français et brésilien. Elle a même été annoncée en 2013 par la présidence à Brasilia, avant un rétropédalage au dernier moment. Cette valse des calendriers a fini par susciter la raillerie des habitants alentour, peu à peu gagnés par l’indifférence....


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/10/03/l-oyapock-un-pont-tro...

Post-scriptum: 
Marino Neri

Pages