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MA CHRONIQUE DE CONFINEMENT -2-

Patrick Mathelié-Guinlet
MA CHRONIQUE DE CONFINEMENT -2-

CON…FINEMENT ! -4-

(ÉTAT DES LIEUX)

Solitudes multipliées

par virus interposé…

Destinées démasquées

murées dans la méfiance

d’atmosphères confinées.

Politique mascarade

dans l’indifférence résignée.

Des bulles aussi hygiéniques

que le papier de permission de circuler,

invisibles mais increvables

écrans de transparence,

séparent les camarades

et les familles décomposées…

Omniprésence

d’un lourd silence

dans les rues vides hantées

çà et là d’ombres grises,

furtifs fantômes au pas pressé…

Le temps s’est arrêté :

égrenant la folie,

le sablier cassé

n’a plus de sable,

le marchand est en congé

car les plages fermées

sont inutilisables.

Maudite pandémie

qui ne fait rien à demi,

qu’as-tu fait de nos vies

et toutes nos envies,

nos rires et insouciances,

de notre liberté

avec nos espérances ?

Ces choses indispensables

qui rendent l’existence

d’un homme supportable

sont parties en fumée,

ne laissant qu’un goût rance…

Nos rêves ont viré

au cauchemar soudain !

Ne pouvant respirer,

plongé dans un coma artificiel,

ce monde catatonique

implore son réveil

à des dieux confinés

dans des cieux éloignés.

Mais en vain…

Car ça fait bien longtemps

qu’un virus nommé intelligence

les a tous tués !...

(29-03-2020)

OPTIMISME

 

Quand, l’avenir si noir

qu’on a cessé d’y croire,

on n’a plus que l’espoir

d’une fin à l’histoire,

pensant qu’il est trop tard

pour sortir du cauchemar…

 

Quand pour ne plus rien voir

on veut fermer les yeux

ou bien se mettre à boire

tout l’alcool que l’on peut

pour perdre la mémoire…

 

Lorsque sont sourds les dieux,

qu’on est au fond du trou

enlisé dans la boue,

prêt à devenir fou,

on se dit qu’après tout

ça ne peut qu’aller mieux !...

 

(31-03-2020)

 

“POISON D’AVRIL !”

 

On aurait souhaité que ça ne soit en gros

qu’une plaisanterie, la blague d’un potache

et, si on l’avait eu quand même dans le dos,

un poisson de papier que, discret, l’on accroche

 

tel un mauvais rêve, dissipé aussitôt

au réveil à l’instar des brumes matinales

par le soleil levant de l’île tropicale…

Mais ce poisson d’avril, hélas, est un poison

 

qui pour bien plus longtemps menace nos poumons,

un virus qui n’aurait jamais dû débarquer

des bateaux, des avions, du moins sans précautions,

pour mieux nous confiner ensuite à la maison…

 

(01-04-2020)

 

CONDAMNÉ AU RÊVE À PERPÉTUITÉ…

 

Si le présent n’a plus d’avenir,

on ne peut qu’alors se réfugier

dans du passé les bons souvenirs,

quand vient l’hiver, songer à l’été…

 

Rejouer le film pour ne plus vieillir

et l’illusion que le temps s’arrête…

Hélas, proche est la folie qui guette

ceux restant prisonniers dans leur tête !

 

Dans le temps, voyager

comme on part en vacances

ou que l’on entre en transe

pour tenter d’échapper

à la réalité…

 

Comme un disque rayé,

un roman aux derniers

chapitres déchirés,

vous laisse si frustré

ce goût d’inachevé !

 

(08-04-2020)

 

RÉSILIENCE

 

Chaque jour est une victoire

sur la mort et le désespoir,

la tristesse du temps qui passe

lorsque tout lasse et puis tout casse…

 

Chaque sourire est la lumière

qui au long du chemin éclaire

pour ne pas sombrer dans le noir,

trouver la force encor d’y croire

 

en dépit de tous nos déboires,

des rêves avortés qui foirent,

comme en plein milieu d’un désert

le réconfort d’une eau à boire !

 

Si chaque pas est un combat

qui va de naissance à trépas,

n’oublie jamais qu’en cette histoire

chaque jour est une victoire

sur la mort et le désespoir !

 

LE BOUT DU TUNNEL…

 

Nous sommes entrés dans un tunnel

dont on ne perçoit pas la fin,

tentant avec une chandelle

de voir ce que sera demain…

 

De toutes parts entourés d’ombre,

en tâtonnant sur ce chemin

jonché des regrets et décombres

des vies passées, main dans la main,

 

malgré la peur faut avancer

sans perdre espoir qu’un jour prochain

avec le bout l’on puisse enfin

revoir la lumière briller !

 

Hantés par d’heureux souvenirs

qui aident à croire en l’avenir,

jour après jour, pas après pas

on marche en songeant au trépas

 

qui, invisible dans le noir,

nous guette tel un prédateur…

Nul ne sait quand viendra son heure

mais il nous faut garder l’espoir…

 

Après la pluie vient le beau temps,

après l’hiver, c’est le printemps !

Le plus long tunnel à coup sûr

s’ouvrira sur un ciel d’azur…

 

Persévérance et résilience

ainsi qu’une grande patience

sont les vertus dans l’existence

pour survivre avec de la chance !

 

(09-04-2020)

 

CON…FINEMENT !-5-

(HIBERNATION)

 

Les jours se suivent et se ressemblent

et ce qui est bien pis,

les jours ressemblent aux nuits !

Le monde s’est assombri,

uniformément monotone et gris

camaïeu de vieux film au goût de passé mort et relent d’ennui

des trop longues journées d’un hiver devenu l’unique saison

avec tous nos sens engourdis

comme en hibernation,

confinés dans nos maisons-prisons

à en perdre la raison…

de vivre cette folie

qui donnait tout son prix

et ses couleurs à la vie !

À quand le retour attendu de l’arc-en-ciel après la pluie

et du vol multicolore des papillons et colibris ?

Un silence cannibale a peu à peu dévoré

tous les cris et les bruits

dans ces rues vides, de COVID remplies,

où la vie paraît une mascarade démasquée,

seulement rythmée par le tic-tac obsédant

du robinet cassé

d’où fuient inexorablement

les gouttes d’un temps

ralenti, étiré à l’infini

par ce maudit confinement…

 

Patrick MATHELIÉ-GUINLET (15-04-2020)

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