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MACAQUERIES ET GESTICULATIONS ELECTORALISTES

Par Roger Valy-Plaisant

Les présidents des deux collectivités de Guadeloupe, Mr Gillot pour le Conseil Général et Mr Lurel pour la Région, ont signé une déclaration commune dans laquelle ils fustigent les propos du ministre de l’intérieur Guéant, et où ils déclarent, à la suite de Letchimy en Martinique, qu’ils ne le recevraient pas lors de sa visite en Guadeloupe Lundi 13 et Mardi 14 février 2012.

De la part de ces deux fervents républicains, attachés au droit commun et respectueux jusqu’à la bêtise des institutions françaises, cela semble puéril, inconséquent, si ce n’était électoraliste et démagogique.

En effet, comment expliquer que les mêmes si soucieux de la légalité ne respectent pas les signatures qu’ils ont apposées en 2009, au bas d’un accord pour suspendre un conflit (accord Bino) et continuent avec le préfet, représentant de l’Etat et aux ordres de Guéant, à diaboliser le LKP, signataire du même accord ?

Comment ne pas se souvenir des appels répétés du président de Région à la répression contre le mouvement populaire de 2009, qui défiait l’autorité de l’Etat français, en posant des problèmes de fond, jamais abordés et jamais résolus ? Qui était ministre de l’intérieur en charge de l’ordre public ? Hortefeux frère siamois de Guéant et aussi grand républicain que lui. Comment oublier que le même président de Région a qualifié de fascistes des hommes et des femmes, simplement soucieux de faire entendre leurs voix ? Différente de la sienne, certes, mais bien réelle.

Comment expliquer que les mêmes si soucieux de respecter les lois et les principes républicains, ne lèvent pas le plus petit doigt contre les directives de Guéant, reconduisant à la frontière de la Guadeloupe depuis juillet 2011, en dépit du moratoire demandé par les Nations Unies et auquel la France a souscrit, les émigrés haïtiens, malgré la situation toujours difficile de leur pays, suite au tremblement de terre de février 2010 ? Alors qu’il ne le fait pas chez lui, en France hexagonale.

Comment enfin accepter qu’ils ne s’insurgent pas quand la police de ce même Guéant considère des syndicalistes comme des criminels en voulant prélever leur ADN et que la justice les condamne.

L’indignation, dont ces hommes font preuve à l’occasion de la sortie de Guéant sur les civilisations qui ne seraient pas d’égale valeur, serait crédible si, par ailleurs, ils avaient pour leur propre culture un respect affirmé, une considération plus grande. Mais force est de constater que la culture française est celle qui à leurs yeux est la seule qui vaille, même s’il faut de temps en temps, lui instiller une petite dose de folklore guadeloupéen. Guéant confond à souhait civilisation, culture et système politique pour rallier le bon sens français, auquel souscrivent le président français, MLP et Bernier.

Guéant parle en son nom et au nom du président-candidat qu’il vient représenter en Guadeloupe. C’est peut-être là le fond du problème. Car si ses propos sont si répréhensibles qu’on refuse de le recevoir en tant que représentant officiel de l’Etat, garant des institutions que l’on dit par ailleurs défendre, il faut l’attaquer comme le permet la loi, devant les tribunaux, pour propos racistes et xénophobes, faisant l’apologie de la différence entre les hommes… Le sont-ils ? Il faut interpeller aussi le président de la République, son mentor, que l’on a reçu en grandes pompes et avec sourires démesurés et qu’on a applaudi quand il suggérait de mâter « les indépendantistes » du LKP.

L’instrumentalisation des propos de Guéant par les socialistes Français et la montée au créneau des assimilationnistes martiniquais et guadeloupéens est symptomatique de l’utilisation que les Français ont toujours fait de leurs colonisés. Imbus des grands principes de la République, même celle de 1958, dénoncée par ailleurs par un ancien président socialiste qui la qualifiait de « coup d’état permanent », ils continuent de croire qu’on les aime et les respecte, car eux, ils les aiment et les respectent.

Ils sont toujours dans ce dilemme entre une affection sincère et des calculs au mobile trouble, un peu comme s’ils vivaient mal une relation amoureuse qui n’a pas bien commencé et qui arrive à la fin avec tout ce qu’elle comporte de souvenirs agréables et douloureux.

Ne pas parler des vrais problèmes, dont celui du mal développement de la Guadeloupe, conséquence en grande partie de ses liens de dépendance à l’égard de l’Etat français, de la responsabilité et du gouvernement et des élus qu’ils sont dans ce mal développement, semble être leur choix. En ce sens ils rendront service à Guéant de ne pas le recevoir. Ils ne pourront pas dès lors l’interpeller sur les vrais sujets (chômage, formation, délinquance, éducation, financement des entreprises, accès aux postes de responsabilité et aux médias, pour les originaires de ce pays…) autant de questions qui pourraient intéresser la population guadeloupéenne, en pointant sa responsabilité de vrai ministre de l’Outre-Mer.

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