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Maria, oh Maria (suite et fin)

Nady NELZY-ODRY
Maria, oh Maria  (suite et fin)

On les nomme Harvey, Irma, José, Katia et même Maria , Ils partent tous des côtes africaines, traversent l'Atlantique et se  décuplent  au contact des eaux chaudes de la mer des Caraibes. Les ouragans de cette saison n'y vont pas de vents morts. Déchaînés dans une trajectoire dévastatrice depuis l'île du Cap vert, jusque dans le Nord américain, ils traversent l'océan, ravagent les terres, trucident les gens,  de vrais terroristes !

 

A dire vrai et depuis que la période des cyclones à commencé chez nous , la seule information télévisée qui a réellement de l'intérêt à mes yeux , c'est la Météo . J'écoute et je regarde avec attention les animateurs, mais plus chauvine que moi on meurt , aussi  je me dis que c'est  dommage que parmi  notre jeunesse  il ne s'en  trouve pas une ou un  pour se lancer dans ce genre d'étude : celle des phénomènes atmosphériques.  Climatologue, spécialiste des variations locales et temporelles des milieux  c'est  bien aussi , c'est même mieux pour notre environnement que des études supérieures en commerce et management opérationnel

A coup sur et c'est Nady qui le dit,  le premier climatologue né dans nos eaux  deviendrait une star, de tout l'Arc caribéen, avec un fan club de tous les âges qui écouterait religieusement tous les conseils donnés.   

 

Peut-être même que son savoir nous aiderait à devenir raisonnables et raisonnés. Pour le bâti par exemple, les riches  demeures en béton, avec piscine à dix mètres de la mer, ont résisté aux souffles de Maria  et c'est probablement la raison du déferlement de la bougresse , qui du coup a passé ses nerfs sur  notre Guada et sur l'île de la Dominique, une terre déjà si éprouvée .

 

 

 

Mais je me dis que si pour les maisonnettes et mêmes les maisons de style antillais, il est privilégié des matériaux de construction attrayants, tropicaux, malléables et souples, peut-être que le phénomène ouragan trouverait moins de prises sur nos bâtisses. 

 

Pourquoi une charpente en bois poli, ou en bambou résisterait moins que le béton ? Pourquoi une architecture en pierre  ou en corail rose tiré de la mer serait-elle moins acceptable que le matériau des buildings des métropoles européennes ?

 

En vérité, il faut seulement que nous soyons nous-même,  les maisons et leur toiture en taule , ne sont que la résultante d'une incapacité financière à faire mieux .

Qui a déjà dormi sous 30 degrés , sous un toit en taule et des murs en agglo ?   Sûrement pas le Jupitérien de la cinquième République  !

 

Dans sa préface de l'excellent « la jan Moun ka rété » , de Jack Berthelot, architecte guadeloupéen , de renommé mondiale , décédé en 1984,  lors d'une certaine nuit bleue, James Humphrey Morris, gallois de naissance écrivain géographe de ton état   disait

 

«  Nul ne saurait prétendre que les Antillais aient jamais été guidés par un idéal. A l'exception des Indiens Caraibes dont la présence immatérielle persiste à hanter symboliquement l'Archipel . Aucun pionnier, aucun idéaliste fuyant la tyrannie d'une église ou d'un régime autoritaire n'a jamais abordé sur  ces rivages . Esclaves, esclavagistes, aventuriers avides d'argent ou de plaisirs, tels ont été les initiateurs de la société et des normes antillaises »

 

Vous remarquerez que suite à la déclaration de Jan Morris (entre temps l'écrivain géographe est devenu une femme  hihihi )   je ne fais pas comme le chanteur Jean Luc Guannel , je ne dis pas «  à développer !  ». 

 

Je dis juste que s'agissant du choix des matériaux de construction au Carbet  pour rendre hommage à l'illustre, Christophe Colomb, le choix d'une stèle sur la mer   est sans doute le lieu  le plus approprié , mais la  mairie  aurait dû faire un choix palpable sensible afin que le monument ne prenne pas la vole à la première grosse vague.

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