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Martinique. Corinne Mencé-Caster exclusif sur CCN. : « j’ai été clouée au pilori par les médias... »

Caraib Creole News

Fort-de-France. Lundi 5 juillet 2015. CCN. A quelques semaines des vacances universitaires, deux faits récents ont motivé le besoin pour CCN. de donner librement la parole à la Présidente de l’UA : Corinne Mencé-Caster (CMC)

1/ D’abord, parce que l’Assemblée Nationale française, a définitivement adopté le « projet de loi portant transformation de l’ex UAG en Université des Antilles (UA) »

2/ Aussi parce que depuis plusieurs jours, des manifestants de tous bords ont décidé de bloquer par un « barrage filtrant » l’entrée du Campus de Schoelcher (près de Fort de France). Ils entendent ainsi protester contre le retour de deux enseignants MM. Célimène et Logossan (membres du Céregmia) lesquels sont déjà sur le coup d’une sanction administrative. Sur cette affaire on notera que CMC semble vouloir jouer la carte de l’apaisement en affirmant qu’il faille laisser du temps à la justice…

CCN. Qui a souvent été très critique à l’égard de la gouvernance de CMC a donc profité de ce contexte particulier pour faire un point complet avec la présidente sur toutes les problématiques actuelles de l’UA, lui donnant ainsi l’occasion de s’exprimer sans a priori aucun. Il convient de préciser que nous avons aussi proposé à CMC de venir en direct à la télévision dans le ZCL* de Canal 10 ; elle a pour l’heure, préféré l’option CCN. d’une itw on line, ce qui explique que certaines réponses données n’aient pas toujours le droit de suite de l’itw live…

Pour autant, au regard des nouvelles tensions de la semaine écoulée et e spropos parfois sybilins de CMC, on est en droit de se demander si on se dirige vers une nouvelle et grave crise à L’ UA… C’est à suivre !

Danik I. Zandwonis

 

CCN. Le ticket a trois n'ayant pas été validé, quelles conséquences sur la prochaine rentrée dans les rapports avec les VP de pôle ?
Corinne Mencé-Caster. Il convient d’observer au préalable que le ticket à trois ne concerne absolument pas ma mandature, puisque les deux vice-présidents de pôle sont déjà élus, cela n’a donc aucune influence particulière sur la rentrée prochaine.

Comme j’ai eu l’occasion de le dire, je pense qu’il aurait fallu aller vers une formule qui aurait permis de concilier au mieux l’autonomie des pôles et la cohérence et cohésion de l’établissement. Il n’est pas facile de travailler lorsqu’on n’a pas globalement la même vision des choses, et c’est pourquoi d’ailleurs, dans toutes les institutions, il existe toujours des modalités permettant aux dirigeants de former une vraie équipe de direction.

Quoi qu’il en soit, il faudra bien que les futurs dirigeants de l’Université se montrent rationnels, de manière à éviter que la direction de l’UA soit toujours dans une forme de « cohabitation » (au sens parlementaire du terme). L’avenir des étudiants doit être la priorité de tous. (NDLR CMC parle non pas d’elle mais des « futurs » dirigeants de l’UA. . cette petite phrase n’est pas anodine. elle mérite une certaine attention, faut il par là comprendre que CMC parle de sa gouvernance au passé  ?

On a trop souvent l’impression que l’université est juste une affaire de politique et de pouvoir.

Je n’adhère pas à une approche qui tendrait à faire de l’université un espace permanent d’insécurité institutionnelle.

Aucune des formules, ni ticket à trois tel que proposé par le sénat, ni tel qu’adopté par l’Assemblée Nationale, ne me semble pleinement satisfaisante.

En effet le ticket à trois (sénat) présentait l’inconvénient de ne pas prendre en compte le conseil de pôle. La formule retenue par l’Assemblée Nationale présente, de toute évidence, l’inconvénient tout aussi grand, de ne pas favoriser l’émergence d’une équipe porteuse d’un projet partagé et de ne pas donner aux VP pôles une légitimité d’établissement, car ils sont élus uniquement par le conseil de pôle.

C’est pourquoi nous avions à plusieurs reprises, avec mon équipe, indiqué qu’il existait d’autres possibilités de formules mixtes, respectueuses tout à la fois de l’autonomie des pôles et de la cohésion de l’établissement.

Mais il y avait probablement des accords et sensibilités politiques à préserver, à tout prix.

CCN. Est-ce à dire que votre gouvernance en sort affaiblie ? Vous voulez-dire par la crise  ?
CMC. Car, comme je vous l’ai dit, il n’y a pas de lien entre ma gouvernance et le ticket à trois et les autres aspects de la loi (essentiellement l’autonomie des pôles) que nous aurons à mettre en œuvre progressivement relèvent, pour l’essentiel, de nos propositions.

Mais nous n’avons nul besoin de publicité autour de cette « propriété », car nous n’avons pas d’échéance électorale à assumer !

C’est le Sénat qui a introduit la notion de « ticket à trois », dès son rapport d’avril 2014. Le rapporteur de la commission à l’Assemblée Nationale a repris cette proposition et on connaît la suite.

Face aux débats houleux, nous avons cherché à être force de propositions : c’est aussi notre rôle en tant que gouvernance et c’est ce qui nous avait conduits dès début mars 2014, à proposer le manifeste « Pour une université des Antilles portée par des pôles autonomes ».

J’avais adressé ce manifeste, d’abord à la communauté universitaire, puis dès le 9 mars 2014 à tous les politiques (parlementaires antillais, maires) et au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, au Ministère de l’Outre-mer. C’est sur cette base que la concertation s’est engagée, dès le 11 mars 2014, avec Mme Borel-Lincertin, alors présidente de la Région Guadeloupe, et Monsieur Letchimy. Plusieurs rencontres ont eu lieu avec eux : nous avons explicité notre projet. Ils ont, eux aussi, engagé une consultation des étudiants, élus, syndicats, etc. Et finalement le 18 mars 2014, ils ont tous deux fait une déclaration solennelle de leur engagement en faveur d’une Université des Antilles, organisée autour de deux pôles largement autonomes.

Ensuite, au moment où je devais lancer la consultation de la communauté universitaire sur le choix entre une « Université des Antilles » ou « deux universités », il y a eu ce blocage du Campus de Fouillole, pendant trente-neuf jours par l’intersyndicale universitaire du pôle Guadeloupe, ne regroupant pas toutefois le syndicat majoritaire au niveau des personnels administratifs (à savoir le SNPTES).

Ce qui est curieux, et les faits sont têtus, ce sont ceux qui me reprochent de ne pas faire de concertation, qui bloquent le Campus au moment même où je décide, avec l’appui des deux recteurs qui devaient contrôler la régularité des opérations, de consulter la communauté universitaire sur son avenir institutionnel. En fait, j’ai annoncé la consultation à la communauté et deux jours après, un préavis de grève a été déposé.

Je suis donc une femme de concertation : mes premiers interlocuteurs sur le projet de l’Université des Antilles ont été les présidents de région et le Ministère, par l’intermédiaire des recteurs notamment. J’ai veillé à respecter les hiérarchies.

Je n’ai jamais empêché les pôles d’organiser leurs assemblées générales, leurs ateliers de réflexion : bien au contraire, j’ai encouragé la concertation, tout mis en œuvre pour que cette consultation de la communauté ait lieu dans de bonnes conditions.

Pendant le blocage du campus, j’ai fait plusieurs rencontres avec l’intersyndicale. Mes vice-présidents sont allés dialoguer sur les barrages.

J’ai même reçu un courrier, en juin 2014, de Geneviève Fioraso, à qui j’avais fait remonter tous les éléments de la large concertation que j’avais mise en mise en œuvre et qui me félicite grandement.

C’est pourquoi j’ai été très troublée le 9 juin 2014 quand j’ai appris, par un mail en provenance du pôle Guadeloupe, que je n’avais fait aucune concertation.

Je profite ainsi de cette occasion qui m’est offerte pour dire comme je regrette que personne n’ait cherché à m’interviewer à l’époque et que beaucoup d’articles de presse sont parus, reprenant des contre-vérités, sans jamais me donner la parole.

J’ai été traitée d’« autocrate », de « présidente à vie », d’ « âne de la farce », etc. , souvent par votre site : pas une fois vous n’avez souhaité m’entendre. Vos demandes d’interview remontent seulement à mars 2015, soit près d’un an après. (NDLR : Dans la tourmente et l’agitation de cette période de crises et de tensions, la communication était il est vrai compliquée... )

Je crois que dans nos pays, il faut redécouvrir la démarche de l’enquête et de l’investigation, sur la base de faits, de documents réels, et éviter de reproduire simplement et de manière répétée le discours de quelques-uns, surtout quand il est partisan.

Je dispose de tous les éléments montrant que j’ai conduit une véritable concertation, dans une démarche constructive et respectueuse de tous les courants d’idées sur l’avenir institutionnel de l’université.

J’ai fait remonter au ministère tous les projets relatifs à l’université de Guadeloupe, les motions et autres en ce sens : et j’ai adressé, par l’intermédiaire de mon directeur de cabinet, tous les documents le prouvant aux responsables du pôle Guadeloupe.

Mais comme il fallait construire l’image d’une femme dictatoriale, avec qui on ne peut pas travailler, ces éléments de preuve, factuels, ont été foulés aux pieds et on s’est contenté d’écouter une seule voix, sans confrontation, sans débat contradictoire.

Entre juin et juillet 2014, j’ai été clouée au pilori par les médias avec des articles à charge, et ce, juste après avoir pris un arrêté de suspension et d’interdiction d’accès à l’endroit de Fred Célimène, l’ex-directeur du CEREGMIA. Cette coïncidence ne saurait être fortuite. Alors que des rapports accablants sont produits avec des conclusions et des préconisations sur l’ex-direction du CEREGMIA visant à les suspendre et que j’agis en ce sens, c’est moi qui suis attaquée et vilipendée dans les médias ; c’est moi la coupable et certaines des émissions sur Canal 10 participent alors de ce déferlement de violence médiatique contre moi.

Cela ne m’a pas empêché de poursuivre ma route, car je sais ce que je fais et surtout comment je le fais : toujours avec des rapports d’expertises, jamais en mon nom propre parce que je n’ai pas compétence à évaluer des malversations ou à faire des audits internes.

CCN. Au regard de l'UA comment jugez-vous l'attitude des Pdts de Région de Guadeloupe, de Martinique et du gouvernement français ?
CMC. Je vous dirai très sincèrement que je n’ai pas compris, et que je ne comprends toujours pas, même si je peux faire des hypothèses.

J’ai toujours cherché à maintenir le dialogue, tout en veillant fermement au principe fondamental d’autonomie des universités, et c’est peut-être cela qui est visé et qui pose problème : l’autonomie de notre université.

Les choses se sont passées comme elles se sont passées. Je pense que tout aurait été différent sans certaines affaires, mais il faut bien que j’agisse en chef d’établissement responsable. Et la violence qu’il y a eu, ce n’est pas moi qui l’ai déclenchée. Je ne regrette rien, je ne quémande rien. Je demande juste qu’on me respecte dans ma fonction, qu’on me respecte en tant que personne, en tant que femme.

De la centaine de mails violents et injurieux que j’ai reçus entre novembre 2013 et juin 2015, je n’en ai répondu à aucun et tous les membres de ma gouvernance en ont fait autant. Pas une réponse, sinon des actions en justice. Pourtant les mails ont continué et continué sans répit, dans le silence de tous.

Dès qu’un journaliste ou une personne s’insurge contre cette situation, on m’accuse de manipuler cette personne et on tente de faire comme si c’était moi qui répondais. Est-il donc impensable que des personnes s’émeuvent des attaques que j’ai subies, simplement parce que j’ai fait ce que j’avais à faire  ?

J’ai reçu le 4 juin 2014, un mail de G. Fioraso m’encourageant et me félicitant de mon courage. Mais je n’ai pas compris pourquoi la gestion du dossier Guyane a été traitée sans moi, alors que j’étais présidente de l’UAG. Et je l’ai fait aussitôt savoir. Je privilégie cette relation directe avec nos instances de tutelle.

On a voulu réécrire l’histoire de l’UAG et faire croire que c’était moi la responsable de la scission, après à peine six mois de gouvernance (j’ai été élue le 25 janvier 2013 et n’ai vraiment commencé à travailler qu’après l’installation des conseils de l’université, soit vers avril, avec en juillet et août, les vacances).

C’est d’autant plus injuste que dans mon programme était inscrit clairement le redéploiement des postes pour la Guyane et que le premier conseil d’administration de l’année universitaire 2013-2014 prévu était programmé en Guyane avec un premier redéploiement de cinq postes pour commencer. Entre février 2013 et juin 2013, je suis allée cinq fois en Guyane : j’ai échangé avec l’ensemble des acteurs.

Tout le monde sait qu’il s’agit d’une décision politique, décidée par le gouvernement, mais on essaie de dire et d’insinuer l’idée que c’est moi, par manque de dialogue qui aurait précipité la scission.

De même on essaie de faire passer l’idée que l’alternance a toujours existé, alors même qu’on sait bien que la Guyane n’a jamais eu un président ni même un candidat à la présidence de l’UAG, sauf en 2013 et que l’alternance Guadeloupe –Martinique n’a pas toujours été la règle, novembre 2001 par exemple.

Toutes ces arguties ne visent qu’une chose : désigner une coupable, une femme, et en tant que présidente d’une institution autonome, pour asseoir à tout pris certaines idées ou, peut-être, sauver des personnes, pour qu’elles n’aient pas à répondre de leurs actes.

NDLR. CMC ne répond pas vraiment à la question posée

CCN. L'U A va-t-elle devoir rembourser les millions de l'affaire CEREGMIA ?
CMC. Nous avons déjà commencé à rembourser une partie des 08 millions d’euros concernés. Et cela fait mal, très mal, de voir ainsi se matérialiser tout ce gâchis.

Mon objectif est clair : limiter les remboursements autant que possible, même si cela va être très, très difficile. Pour cela, il faut montrer et prouver aux autorités que l’établissement, par la voix de son président, met tout en œuvre pour faire la lumière sur toute cette affaire.

C’est notre crédibilité qui est en jeu face à la commission européenne et autres bailleurs de fonds et on ose parler d’acharnement, de conflit personnel.

Vous pouvez reprendre toutes mes ITW de A à Z, vous verrez que je n’attaque jamais personnellement les ex-directeurs du CEREGMIA. Je parle juste de leur gestion, donc de faits avérés, établis dans des rapports d’experts.

Mais pour discréditer mon action et venir en aide à des personnes en délicatesse avec les règles, on fait tout pour personnaliser le débat et faire croire que je mène une guerre.

Si guerre il y a, je la mène pour une bonne gestion des deniers publics et pour que les sommes octroyées à l’université ne servent pas les appétits d’une minorité, mais le plus grand nombre, c’est-à-dire nos étudiants et la carrière de nos personnels.

Ma question est : s’il n’y a pas d’affaire CEREGMIA, pourquoi y a-t-il tant de millions à rembourser et pourquoi Fred Célimène a-t-il été interdit de la gestion d’un laboratoire de recherches pendant cinq ans  ? Et pourquoi cet acharnement de tant de personnes contre moi  ?

Au lieu de rester dans un débat factuel, on discrédite mon action, les rapports. On nie les faits.

CCN. En matière budgétaire peut-on aujourd'hui affirmer que les répartitions soient équitables entre les pôles ?
CMC. Nous avons fait au mieux et avec la mise en place d’une réelle concertation autour d’un dialogue de gestion transparent. Nous avons défini les critères ensemble et donc je ne comprends pas les dérapages qui se sont produits.

La base 60% (Guadeloupe)/40% (Martinique) correspond à tous nos ratios : effectifs d’étudiants, infrastructures, personnels, etc.

C’est une bonne base de travail qu’on peut affiner, sereinement, sans désordre inutile, sans tapage médiatique.

Mon rôle est de veiller à cette équité et je n’ai aucune difficulté à le faire, parce que je me sens plus antillo-guyanaise que martiniquaise, plus caribéenne (je suis agrégée d’espagnol et j’aime beaucoup la langue créole aussi) que martiniquaise, tout simplement parce que, à mes yeux, la Martinique n’a de sens qu’intégrée à un vaste ensemble. C’est pourquoi ma conviction profonde est que l’université en Martinique ne peut pas avancer si l’université en Guadeloupe n’avance pas dans le même temps, et si les deux pôles n’unissent pas leurs forces, à travers l’Université des Antilles, pour investir toutes les formes de coopération universitaire et internationaliser leurs savoirs pédagogiques et scientifiques.

CCN. Sur les barrages de Schoelcher, on voit des personnalités de la société civile, mais aussi des militants politiques qui figurent sur la liste du " Gran sanblé », est-ce à dire que l'affaire CEREGMIA soit en dernière analyse une affaire politique ?
CMC. Sur les barrages, on voit aussi des membres du PS de Martinique, des citoyens qui se disent apolitiques, des syndicalistes, etc.

Il est évident que l’affaire CEREGMIA est une affaire politique. La gestion des deniers publics est éminemment un sujet politique. La corruption aussi.

CCN. Quand vous faites le bilan de vos deux années de gouvernance, lesquelles coïncident avec la partition de l'ex UAG l'agitation qui s'en est suivie, etc. . . , auriez-vous des reproches à vous faire, ou au contraire êtes-vous pleinement satisfaite de votre action ?
CMC. Je ne suis jamais dans l’auto-satisfaction et j’essaie de m’améliorer avec les expériences vécues. Je regrette d’avoir été jugée et condamnée sans qu’on ait cherché à m’entendre, à confronter ma version étayée de faits incontestables, avec celles de mes détracteurs qui sont d’ailleurs, pour la plupart, des gens qui ne me connaissent pas, que je n’ai jamais vus et ne sont pas tous liés à l’université.

J’ai certainement commis des erreurs, il n’y a que ceux qui ne font rien qui n’en commettent pas. Mais pas celles dont on cherche à m’accuser.

Je suis d’un tempérament robuste et les expériences me fortifient au lieu de m’amoindrir. Comme on dit chez nous : « Yo pa ka vwéyé woch dèyé pjé bwa ki pa ka pôté ».

Je continue ma route : je suis avant tout une Professeure des universités, passionnée de recherche sur les langues, le langage, la philosophie. J’aime la poésie et la littérature. J’écris tout le temps, tous les jours. J’ai deux livres qui paraîtront bientôt : un essai sur les femmes et un roman.

Je suis aussi une mère de famille, j’ai deux magnifiques enfants que j’adore, un époux attentionné qui est né en Guadeloupe et y a grandi. J’ai donc de profondes attaches en Guadeloupe ; en Guyane aussi car une branche familiale importante s’y est implantée depuis très longtemps. Ma famille m’entoure et me soutient.

Donc je me suis construit ma forteresse et les vents qui soufflent fort, ça ne m’atteint pas plus que cela.

CCN. Pourquoi de votre point de vue, en dépit de la campagne médiatique, de l'agitation faite autour de l'affaire CERGMIA, aucune vraie décision de justice n'a été prise ? Vous pensez que M. Célimène et consorts bénéficient de protections en haut lieu ?
CMC. Il faut laisser le temps à la justice de débrouiller cet écheveau complexe. Je ne suis pas pressée : je préfère que l’enquête ne soit pas bâclée. Je considère que dans un Etat de droit, personne n’est intouchable et que la justice doit s’efforcer d’être impartiale.

J’ai porté plainte contre X et je laisse le soin à la justice de nous dire qui est ce X  ? De combien de personnes est-il composé  ?

En revanche, je m’insurge contre tous ceux qui disent de laisser la justice faire son travail, sans jamais reconnaître les risques énormes que j’ai pris en refusant de cacher cette affaire, de la traiter à bras-le-corps, pour que la justice puissedisposer des éléments nécessaires pour établir les responsabilités.

Il faudra bien qu’on nous dise qui a généré ce gâchis de plusieurs millions d’euros, qui a laissé faire et surtout qui en a bénéficié et comment.

La justice ne peut pas faire son travail si l’université ne prend pas sa part de responsabilité. J’ai pris les miennes et quoi qu’il arrive, je ne regretterai pas. J’ai besoin de pouvoir me regarder en face dans une glace.

Donc, selon moi, personne n’est intouchable. Tout le monde a des comptes à rendre et si ce n’est pas le cas, alors il faudra faire en sorte de se battre pour qu’il en soit ainsi.

CCN. Si on se projette sur la prochaine décennie comment voyez-vous l'UA ? Son éco système ? Son environnement ? Son développement ? Les relations avec l'UG ?
CMC. Je me projette dans une UA soucieuse d’abord de ses étudiants et de leur insertion professionnelle, ouverte sur le monde et leur offrant des co-diplomations internationales.

Je me projette aussi dans une UA où le pôle Guadeloupe et le pôle Martinique développent des relations de mutualisation et de complémentarité, selon des stratégies de coopération intelligente entre eux et avec l’Université de Guyane et des universités de notre bassin caribéen.

CCN. On vous prête l'intention d'être sur une liste lors des élections de la CTM ? Info, intoxe ?
CMC. Dès qu’une personne s’engage dans une cause ou prend ses responsabilités, on cherche à lui prêter des ambitions politiques, pour discréditer par avance son action, en faisant croire qu’elle le fait uniquement avec l’intention d’en tirer profit et de « se placer » quelque part.

Qu’est-ce que la politique, si ce n’est se battre pour l’intérêt général, contre les intérêts particuliers  ?

 

Source : http://www.caraibcreolenews.com/index.php/focus/item/2830-martinique-corinne-mence-caster-exclusif-sur-ccn-j-ai-ete-clouee-au-pilori-par-les-medias

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