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MAXETTE OLSSON REND HOMMAGE A CÉSAIRE

Par Maxette Olsson

"Tu vois, plus nous serons Nègres, plus nous serons des Hommes". Aimé Césaire à Léopold Sedar Senghor.

En apprenant la disparition d'un des derniers leaders révolutionnaires de notre temps et l´un des fondateurs du mouvement littéraire de la négritude soit M. Aimé Fernand David Césaire, je me suis demandée moi petite négresse du peuple qui ne sait rien, est-ce une prétention d'être inspirée par lui. Et soudainement je crus le ouïr et je le vis presque déclamer "le poing à l'allongée du bras":

" Faites aussi de moi un homme d'initiation
_ Faites aussi de moi un homme de recueillement
_ mais faites aussi de moi un homme d'ensemencement "

Et puisque l'ensemencement appartient à tous les hommes de la terre, je me suis souvenue qu'il tenait à être le poète du peuple et que je fis sa connaissance à travers son esprit omniscient uni vers ceux qui embrassent la seule liberté : celle de se métamorphoser en une mort digne d'avoir passionnément étreint l'état et la force de vie dont le contraire n'est pas la mort, mais l'éternité bien présente en ce jour national du 20 avril 2008.

Ainsi me voilà recueillie à savoir que j'ai un jour d´illumination douloureusement épousé le paraclet poétique du chantre universel en lisant son "Cahier de retour au pays natal", précisément parce que je suis de :
_ "ceux qui n'ont connus de voyages que de déracinements
_ ceux qui se sont assouplis aux agenouillements
_ ceux qu'on domestiqua et christianisa
_ ceux qu'on inocula d'abâtardissement "

Je ne l'ai jamais appelé papa, car je ne connais pas l'esprit de ce mot et je n'ai même jamais osé personnifier "L'étudiant noir", je l´ai intégré, ce qui signifie qu'il est là et sera toujours là, car je l'ai jadis lu comme je lis aujourd'hui Frankétienne : pleine de gratitude d'être née Négresse qui rime avec tresse, finesse, caresse, allégresse, noblesse, déesse...

C´est bien la première fois que je confesse avoir cotoyé l´intimité intellectuelle de ce grand Martiniquais. Oui ! En compagnie de Frantz Fanon et M. Lauriette, Aimé Césaire me plongea dans les abysses de Négresse jusqu'à la transcendance et la transparence. En pleine rébellion à la puberté, grâce à ces hommes, je n'ai malgré tout jamais nier la Nègresse fondamentale qui m'émeut, me verse dans l'ire, me fait rire à gorge déployée ou me fait pleurer en hoquets jusqu'à perdre le souffle. Le raccourci fût qu'à travers Aimé Césaire j'ai lu Hegel, Heidegger, Nietzche, Descartes, Kierkegaard... je ne pus donc tout simplement que puiser et saisir à bras le corps la magnificence du je-suis-Nègresse-donc-je-suis.

Ceux qui ont inventé le mot nègre pour souiller, infecter et profaner la race noire avaient compté sans Aimé, ce verbe qui se fît cher à générer la passion d'être Nègre ou ne pas être du tout. Je tiens à déclamer avec vous tous en ce jour la litanie éternelle : Aimé Césaire est et restera un Grand Nègre !

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