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Médias martiniquais : de la désinformation par omission

 Médias martiniquais : de la désinformation par omission

   Tout un chacun connaît le "mensonge par omission". Au lieu de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, on en dit les trois-quarts ou bien la moitié et le tour est joué ! On n'a pas proféré de contrevérité, mais la simple soustraction informationnelle que l'on a effectuée est en soi une forme de traficotage de la réalité.

   Le temps où nos médias martiniquais mentaient grossièrement (du temps de l'ORFT ou du FRANCE-ANTILLES des années 60-70, par exemple) est révolu grâce, d'une part, à la multiplication des organes d'information parmi lesquels il y en aura toujours un qui rétablira la vérité sur un sujet quelconque et d'autre part, à la vigilance des lecteurs, auditeurs et téléspectateurs qui n'hésitent plus à se manifester lorsqu'ils ont le sentiment qu'un média se paye de leur tête ou les prend pour des couillons.

   Alors, les médias sont passé à quelque chose de plus subtil, quelque chose qui le plus souvent passe inaperçu du citoyen moyen, il est vrai de plus en plus noyé dans un flot d'informations en continu : l'omission. Le mensonge par omission ! Pour prendre un exemple récent, tiré de notre cher quotidien local, examinons un article intitulé "Léon-Laurent VALERE est décédé". L'article commence tout normalement, comme on l'apprend dans toutes les écoles de journalisme, par relater l'événement : l'âge du décédé, son malaise cardiaque, son transfert à l'hôpital La Meynard et enfin son décès. Rien à redire ! Puis, on évoque son enfance : naissance au Lorrain, sa scolarité à l'école de la Pointe des Nègres, son baccalauréat obtenu au lycée Schoelcher et son départ pour la France où il s'inscrit à l'Ecole Nationale de la France d'Outre-mer. Là aussi, rien à redire ! L'article continue en évoquant les brillantes études de droit de L-L. VALERE à la Faculté de Droit de Paris, son inscription au barreau de Fort-de-France et les deux affaires qui le rendront célèbres : celle d'ANAMA, dernier guillotiné de la Martinique avant l'abolition de la peine de mort, et celle de MARNY. Rien à redire à nouveau ! Du bon travail de journaliste honnête et professionnel.

   Sauf que la suite de l'article va brusquement déroger à la plus élémentaire déontologie. Lisons :

   "Reconnu pour ses talents oratoires dans les prétoires, il finit par s'engager en politique, presque malgré lui. Il affronte aimé CESAIRE pour la bataille du 4è canton de Fort-de-France et met, pour la première et dernière fois, le chantre de la négritude en ballotage au 1er tour."

   Ouais...

   Sauf que notre cher journaliste se livre à une grosse (sinon grossière) omission : durant la campagne électorale, le candidat Léon-Laurent VALERE a été caricaturé en "KING-KONG" du nom d'un film à succès qui passait au même moment sur les écrans de Fort-de-France et qui mettait en scène un énorme gorille très noir et très laid. Sauf que des milliers de tracts fabriqués par le PPM et montrant un gorille surmonté de la tête de VALERE avaient été massivement distribués. Sauf qu'une campagne de dérision féroce aux relents négrophobes s'était développée pour décrédibiliser définitivement le candidat.

   A aucun moment le journaliste de "FRANCE-ANTILLES" n'en parle ! C'est de la désinformation par omission.

   Mais l'article continue comme suit :

   "En 1979, il abandonne brutalement sa qualité de notable (avocat, bâtonnier, conseiller général, 1er vice-président de l'Etablissement public régional de la Martinique) pour intégrer la magistrature. Un départ soudain qui suscite l'incompréhension autour de lui. Après Créteil et Papeete, le Martiniquais accède aux hautes fonctions de président de la Cour d'Appel d'Agen."

   Là l'omission est dépassée et on est carrément dans le foutage de gueule !

   Donc L-L. VALERE serait parti "brutalement" et son départ aurait "suscité l'incompréhension". N'IMPORTE QUOI ! Tout le monde sait qu'à cause de la campagne "KING-KONG", la dégueulasse campagne de dénigrement enclenchée par le PPM contre lui, la vie était devenue impossible pour lui en Martinique et surtout pour ses enfants qui se faisaient sans arrêt traiter de "singes" à l'école. Ayant sa fierté VALERE a toujours publiquement nié en avoir été affecté, mais il n'a jamais nié que les siens en avaient souffert. Il a quitté "sa qualité de notable", pour reprendre l'expression de FRANCE-ANTILLES, non pas par fantaisie, non pas sur un coup de tête ni parce qu'il avait envie de voir du pays, mais parce que la voyoucratie PPM l'avait traîné dans la boue et que les quolibets lui étaient, lui et les siens, régulièrement jetés à la figure..

   Pourquoi FRANCE-ANTILLES a-t-il passé sous silence ces éclairantes données informationnelles ? Pourquoi son article relève-t-il de la désinformation par omission. On ne voit qu'une seule réponse plausible : pour protéger le PPM !...