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"MONTRAY KREYOL" fête ses dix ans d'existence

"MONTRAY KREYOL" fête ses dix ans d'existence

   La vie est vraiment quelque chose de curieux. En effet, en janvier-février 2007, réalisant l'importance des médias numériques pour la défense et illustration de la langue créole, je décide de créer un site-web dont le titre sera MONTRAY KREYOL. Cela fait donc dix ans pile que ce dernier est en activité. L'objectif premier du site se trouvait d'emblée dans son titre puisque le néologisme "MONTRAY" signifie "Enseignement". Il a été forgé par l'éminent créoliste Jean BERNABE à partir de "montré" qui peut signifier, dans certains cas, "enseigner ; apprendre". Comme dans l'exemple suivant :

   __Sé boug-tala ki montré mwen anglé (C'est ce homme qui m'a enseigné l'anglais).

   Il s'agit donc au départ de défendre l'introduction du créole à tous les niveaux de notre système scolaire et de se battre pour la formation des maîtres, notamment pour le CAPES de créole et le PE-option "Créole", obtenus de haute lutte par le GEREC (Groupe de Recherches en Espace Créole) dont le même Jean BERNABE a été le fondateur et le directeur pendant près de vingt-cinq ans. Il s'agit aussi de publier le maximum d'articles en langue créole et cela sur tous les sujets de façon à amplifier les capacités expressives de celle-ci tout en prouvant à ses encore nombreux détracteurs qu'elle est tout à fait capable d'assurer nos besoins communicatifs.

   Malheureusement, en ce même mois de février 2017 au cours duquel je lance MONTRAY KREYOL, je publie en collaboration avec Louis BOUTRIN un ouvrage dénonçant l'empoisonnement des terres agricoles martiniquaises par un dangereux pesticide appelé chlordécone : "Chronique d'un empoisonnement annoncé (1972-1992)". Dès lors, MONTRAY KREYOL se jette à fond dans cette bataille et oublie son objectif premier. Surtout qu'un deuxième ouvrage est publié la même année par les mêmes auteurs : "Chlordécone : 12 mesures pour sortir de la crise", auteurs qui mettront par ailleurs sur pied une association appelée ANC (Association Non au Chlordécone) qui organisera des conférences et des meetings un peu partout à travers la Martinique en 2007, 2008 et 2009. Bref, l'écologie prend le pas sur le créole sur notre site-web.

   La tempête "chlordécone" passée, les médias hexagonaux étant venus à la rescousse ("Les Antilles empoisonnées" titre en couverture le NOUVEL OBSERVATEUR), une plainte ayant été déposée contre les responsables de cet empoisonnement par l'ASSAUPAMAR et l'ANC, l'Etat français ayant subitement pris conscience du problème et ayant mis 33 millions d'euros sur la table pour rechercher des solutions, on pourrait se dire que MONTRAY KREYOL était enfin en mesure de se consacrer à ce pourquoi il avait été créé. Las ! Une nouvelle affaire, un nouveau scandale, sont venus courcircuiter son projet : le scandale du CEREGMIA. Pendant près de quatre ans, notre site s'est jeté corps et âme dans cette bataille qui était absolument nécessaire car il fallait aider l'ancienne présidente de notre université à nettoyer l'établissement des magouilles dont il était la proie depuis plus de deux décennies. Ancienne présidente qui, malgré ce travail de salut public, fut en butte à des attaques d'une ignominie et d'un machisme sans précédents et à qui MONTRAY KREYOL s'est fait un devoir d'apporter son soutien.

   Puis, comme pour le scandale du chlordécone, celui du CEREGMIA sembla avoir trouvé un début de commencement de solution avec la révocation et la mise à pied sans salaire de ses principaux chefs. Dès lors, MONTRAY KREYOL pouvait enfin se consacrer à ce pourquoi il avait été créé ; défendre et illustrer le créole. Las ! Le gouvernement français après avoir joué au chat et à la souris, fait du "zwel-séré", pour ne pas organiser les élections à la Collectivité Territoriale de Martinique, espérant que l'horloge biologique éliminerait Alfred MARIE-JEANNE, se décide, après moult reports, à les placer en décembre 2015. Dès lors, MONTRAY KREYOL se consacre à cet important événement et apporte son soutien critique d'abord au GRAN SANBLE, puis au GRAN SANBLE POU BA PEYI-A AN CHANS. La défense du créole est pour la troisième fois oubliée !!! C'est qu'il fallait dénoncer la gestion du PPM et de ses alliés à l'ex-Conseil régional, pointer du doigt les affaires louches (Vedettes MADININA, EX-PAY, BOODOOM, Gran Chawa, Téléphérique Vert-Nord etc.) et dénoncer l'attitude antidémocratique de certains membres de ce parti qui n'hésitaient pas à faire des doigts d'honneur à l'opposition en plein hémicycle ou à les traiter de "chien abiyé an moun".

   Peut-on espérer qu'en ce début d'année 2017, MONTRAY KREYOL pourra enfin se consacrer à ce pourquoi il a été créé au départ ? Ce n'est pas sûr du tout quand on regarde ce qui se passe à l'Université...