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NE VOTEZ PAS POUR CEUX QUI NE DENONCENT PAS LE GENOCIDE PAR EMPOISONNEMENT !

   On doit l'expression "génocide par substitution" à Aimé Césaire qui désignait par là le lent mais apparemment inexorable remplacement de la population martiniquaise par des gens venus d'ailleurs, principalement de l'Hexagone. En clair, nos parents, frères, fils, cousins etc...émigraient en masse dans l'amère patrie tandis que dans le même temps débarquaient, également en masse, des palanquées d'Européens. Camille Darsières, secrétaire général du PPM, pouvait alors s'écrier : "Messieurs les Européens, faites vos valises avant qu'il ne soit trop tard !". Cette notion fut très vite reprise par le camp indépendantiste qui en fit longtemps son cheval de bataille, l'apothéose en ayant été les oppositions farouches à l'intégration de la Martinique à l'Europe : "Hou ! Hou ! Voici le loup !", chantait-on vaillamment un peu partout.

 Sauf que de loup, on n'en a vu aucun et de substitution pas vraiment car si dans certains quartiers de quelques communes, comme Trinité (Tartane) ou Diamant, on peut noter une forte présence d'Européens, nulle part ils ne sont devenus majoritaires.
   De plus, d'aucuns se rendirent assez vite compte du côté douteux de cette notion qui, en France et plus largement en Europe, est l'apanage de l'extrême-droite. L'Eurabie ou Europe arabisée est, en effet, le fantasme de tous ceux qu'insupportent la présence de plus en plus forte de musulmans sur le continent dit "vieux" et qui craignent que les "de souche" ne soient substitués aux "venus d'ailleurs". Or, en Martinique, si nous avons une immigration européenne, nous avons dans le même temps une immigration caribéenne (Haïtiens, Saint-Luciens, Dominiquais etc..), certes modeste, mais qui contrebalance le blanchiment, pour autant qu'on puisse employer cette horrible expression, si c'est cela là crainte des opposants à la substitution.
   En fait, on n'entend plus guère l'expression de "génocide par substitution" de nos jours et finalement c'est heureux car notre combat n'est pas pour une race si tant est que les races existent, ce que la science conteste formellement. Si notre peuple est en danger de disparition et il l'est, ce n'est pas à cause de quelques centaines de retraités bretons, auvergnats ou lillois installés au Diamant ou à Trois-Ilets. Si génocide il y a et il y en a bien un, c'est le "génocide par empoisonnement". Il dure depuis un demi-siècle et personne ne l'a vu. Un demi-siècle de bombardement chimique des terres martiniquaises, surtout des bananeraies, avec toutes sortes de produits hautement toxiques et cancérogènes depuis l'antique DDT jusqu'au récent parakwat en passant par le chlordécone, le perchlordécone, la dieldrine, le round-up etc...Plus de 150 métaux lourds ont ainsi été détectés dans la baie de Fort-de-France, résultats de l'empoisonnement de celle-ci par les eaux de ruissellement. 
   Empoisonnement des terres, mais aussi des rivières, des nappes phréatiques et des rivages. 
   Une véritable catastrophe à la fois écologique mais aussi sanitaire :
 
   . récemment les médecins accoucheurs ont tiré à nouveau la sonnette d'alarme : le nombre de bébés naissant avant terme ou avec des malformations congénitales est anormalement élevé. 
 
   . un taux de cancers lui aussi anormalement élevé, notamment celui de la prostate pour lequel la Martinique est championne du monde.
 
   . un taux en expansion des maladies de Parkinson et d'Alzheimer.
   
   Or, qui prend ce problème à bras le corps dans notre classe politique ?  En février 2007, Louis Boutrin et moi publiions "CHRONIQUE D'UN EMPOISONNEMENT ANNONCE. LE SCANDALE DU CHLORDECONE AUX ANTILLES FRANCAISES (1972-1992)", nous faisions une conférence de presse à l'Assemblée nationale à Paris (cf. photo au bas du présent article) où la plupart des grands médias étaient présents et quelque temps après, "LE NOUVEL OBSERVATEUR" titrait : "Les Antilles empoisonnées". Toute la presse suivait. Le scandale de la contamination de 22.000 hectares de notre pays (contre 5.000 en Guadeloupe) ne pouvait plus demeurer caché. Quelques mois plus tard, nous récidivions en publiant : "CHLORDECONE : 12 MESURES POUR SORTIR DE LA CRISE". Les associations ASSAUPAMAR et ECOLOGIE URBAINE portaient plainte dans la foulée contre l'Etat pour empoisonnement, mais l'affaire fut délocalisée à Paris et depuis lors__depuis 8 ans donc !__plus personnes n'en entend parler. Cependant ledit Etat était bien conscient qu'il fallait tenter de limiter les dégâts (le chlordécone demeure près de 150 ans dans les sols) et lança deux plans-Chlordécone de 16 millions d'euros chacun. Après avoir longtemps nié l'ampleur de la catastrophe ("Il n'y a pas d'affaire chlordécone !" préfigurant l'actuel "Il n'y a pas d'affaire CEREGMIA !"), on parait au plus pressé dans la quasi-indifférence de nos élus (hormis ceux du camp patriotique), élus qui, il est vrai, avaient bien souvent plaidé la cause des grands planteurs à l'Assemblée nationale afin que l'autorisation de mise sur le marché du chlordécone et d'autres polluants soit régulièrement renouvelée. Elus complices donc et partiellement coupables puisque les maires, par exemple, sont responsables de la qualité de l'eau dans leurs communes et que pendant trente ans, on a servi aux Martiniquais une eau du robinet hautement polluée.
   Elus fortement hostiles aux lanceurs d'alerte Boutrin et Confiant puisqu'on assista, à Fort-de-France, au spectacle ahurissant d'une municipalité qui rameuta à la va-vite une cinquantaine de revendeuses des marchés de l'Asile, des Floralies et du Grand Marché au sein d'une association intitulée "Machann Foyal" que l'on fit défiler dans les rues de Fort-de-France au motif que les premiers nommés cherchaient à leur ôter le pain de la bouche quand ils affirmaient que les légumes et autres végétaux produits en Martinique étaient pour beaucoup (mais pas tous fort heureusement !) non comestibles car pollués. Elus irresponsables qui ont joué et continuent de jouer avec la santé des Martiniquais pour des raisons bassement populistes et donc électoralistes. Elus qui n'ont pas fait pression sur les différents gouvernements français, quand bien même ils étaient du même bord politique que ce dernier, pour l'obliger à prendre des mesures d'urgence : cartographie exacte des terres contaminées et contrôle de la provenance des produits agricoles vendus sur les marchés ; enquête épidémiologique massive auprès des ouvriers agricoles et prise en charge de ceux qui sont atteints de cancer ;  recherche de méthodes plus écologiques que les pesticides pour lutter contre tout ce qui agresse les plantations, notamment le charançon noir etc...Tout cela a certes commencé à se faire depuis peu, mais on ne peut pas dire que ce soit grâce à la pression de nos élus dont la plupart, sauf les patriotes, souverainistes et autres écolos, montrent, il est vrai, la plus grande révérence envers le lobby béké et grand planteur de couleur.
   Oui, le peuple martiniquais est victime non pas d'un génocide par substitution, mais d'un génocide par empoisonnement et le 6 décembre prochain, il faudra sanctionner sévèremment les listes qui n'ont démontré au cours de la décennie écoulée aucune velléité de lutte contre ce qui relève ni plus ni moins du crime contre l'humanité. Sans compter que ledit génocide est comme parachevé par la catastrophe démographique que nous vivons actuellement puisque le taux de renouvellement des générations n'est plus assuré et que nous faisons moins d'enfants que dans l'Hexagone. Séquelle du BUMIDOM et de l'ANT, celle-ci nous fait perdre des milliers d'élèves du primaire chaque année et plusieurs centaines de bacheliers ce qui à terme risque d'asphyxier l'Université des Antilles. Le mot "catastrophe démographique" n'est pas trop fort car des démographes ont calculé que si la Martinique n'accueille pas 50.000 nouveaux venus dans les prochaines décennies, notre population passera en-dessous des 350.000 habitants alors qu'elle frôle les 400.000 aujourd'hui. Or, inutile de nous illusionner, nous savons bien que nos ménages ne feront plus jamais 3 ou 4 enfants et que notre île est peu attractive pour les étrangers puisque nous somme le département français qui a le plus faible taux d'immigration de toute la France et de son outre-mer : 3%. Chacun sait à quel point l'immigration est importante pour la vitalité démographique des pays en perte de vitesse sur ce plan-là, à commencer par l'Hexagone
   Entre empoisonnement généralisé et catastrophe démographique, chose dont on n'entendra guère parler dans les débats et les meetings électoraux, la Martinique est vraiment mal barrée. On trouve même de grands économistes du PPM pour nous parler du PIB de la Martinique ! Visiblement dans leurs calculs, ils ne tiennent aucun compte ni de la catastrophe écologique ni de la catastrophe démographique qui nous affectent. Ils n'ont sans doute jamais entendu parler de l'IDH (Indice de Développement Humain). Le nôtre en tout cas est au plus bas !
   Le 6 décembre prochain, répétons-le, il faudra sanctionner les listes qui ignorent ou font semblant d'ignorer tout ce qui vient d'être exposé ici...
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