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Non, l'antisémitisme européen n'est pas mort !

Non, l'antisémitisme européen n'est pas mort !

   Depuis une douzaine d'années, une fable a vu le jour et a prospéré dans les médias français : l'antisémitisme européen a disparu et a été remplacé par l'antisémitisme arabo-musulman. Et de citer quelques attentats, effectivement odieux, commis par des gens des banlieues contre des personnes ou des lieux de cultes juifs. 

   C'est là une manière habile de faire oublier que ce sont les Ashkénazes (ou Juifs d'Europe) qui ont été victimes d'une quasi-extermination et non leur cousins séfarades (ou Juifs des pays arabes). De faire oublier que cette abomination s'est déroulée à Auschwitz et Buchenwald et non à Rabat ou au Caire. Que c'est à Paris qu'on a obligé les Juifs à porter et étoile jaune et que 30.000 enfants juifs ont été déportés lors de la sinistre Rafle du Vel d'Hiv'. Que c'est dans le ghetto juif de Varsovie (Pologne) que l'on abattait les porteurs de kippa à vue et non dans le quartier juif de Marrakech ou de Tunis. Que le Sultan du Maroc a accordé sa protection aux Juifs accourus d'Europe (Haïti également soit dit en passant) au cours de la deuxième guerre mondiale.
     Etc...etc...

    Le plus scandaleux dans cette opération de diversion a été le remplacement de la très claire et nette expression "Extermination des Juifs d'Europe" par l'énigmatique "Shoah". C'est un peu comme si les Noirs des Amériques remplaçaient "Traite des Noirs" par un mot wolof ou bamiléké ! Donc, non, l'antisémitisme européen n'a jamais disparu. Il n'a aucunement été remplacé par un prétendu antisémitisme arabo-musulman de banlieue lequel, s'il existe, n'est nourri que par le conflit israélo-palestinien et le sort tragique du peuple palestinien. Que ce conflit soit un jour réglé et l'on verra que la tension retombera. 

   A l'inverse, l'antisémitisme européen a des racines profondes, très profondes même. Dès la Rome devenue chrétienne, dès le Moyen-âge, dès la conquête de l'Amérique (où une bulle papale interdisait aux Juifs d'émigrer), dès l'Affaire Dreyfus, dès la montée du nazisme etc...Il s'agit là d'un antisémitisme quasi-millénaire. Donc comment des éditorialistes ont-ils le culot de faire accroire qu'il aurait disparu face à la montrée d'un antisémitisme arabo-musulman très récent et de toute façon voué à s'évaporer dès que les Palestiniens rentreront dans leurs droits.

   La montée de régimes d'extrême-droite en Hongrie, en Italie etc. et l'expansion des partis antisémites partout en Europe démontrent que la fable de nos chers (es) éditorialistes français non seulement est risible, mais aussi raciste car elle déporte sur la communauté arabo-musulmane la totalité des actes antisémites. Or, tous les jours, on a des exemples d'antisémitisme européen. Ainsi : 

    . hier, un cimetière au Bas-Rhin a vu ses tombes taguées de croix nazies.

    . sur divers barrages des "Gillets jaunes", on a pu entendre de virulents discours contre "les capitalistes juifs".

   Sans commentaires...

 

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