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Pour l'organisation des Assises de la Culture à la Martinique

Pour l'organisation des Assises de la Culture à la Martinique

Je fais ma part !

(extrait de la légende du colibri) 

 

Madame la présidente de la  Culture

 

sous couvert de Messieurs

le Président du Conseil Exécutif

le Président de l'Assemblée

A un  an de votre première année de  mandature à la CTM, voici Madame  et   Messieurs, en quelques lignes.    je viens vous dire que tout ce que je sais des avancements des dossiers en souffrance de notre Pays Martinique, je ne l'ai su, ni par la voix des ondes , ni par les journaux. Il s'avère alors qu'a mon avis, les rediffusions en tv ou radio des différentes Assemblées de la CTM, sont insuffisantes. L'image renvoie une impression soumise par l'affect et  de ce fait,  on est  tenté de porter des jugements  sur de personnes,plutôt que sur des faits

 

En ces temps d'élections, mon propos n'étant pas celui de la promotion des candidats, je tairai donc le nom de cet élu qui prend  le temps de porter  la parole au peuple, mais force pour de constater que celui qui a pris ce temps,   venir dans des communes retirées de notre île, pour tenter de nous informer  a reçu un satisfecit  

Ainsi donc, nous avons  une approche plus précise de ce qu'est la CTM , ce pourquoi elle existe , ce qui en fait , nous l'avons souhaité de nos vœux, sinon de nos  bulletins de vote. 

 

Sans vouloir faire appel à la nostalgie , il fut un temps où les médias  savaient, par des émissions de télévision, intéresser le peuple à son devenir. Des débats étaient organisés  où chacun  pouvait se faire une opinion, et même la faire partager. Les temps ont  bien changé, les journalistes de ce 21ème siècle semblent avoir tronqué leur déontologie pour autre chose, de  sorte qu'on pourrait les croire aux ordres, pour une télévision, même pas télé-spectacle  mais plutôt pour  une télé-cancans. De plus, face à cette situation, avec l'informatique et internet, avec le bouquet audiovisuel existant, fort de son bon droit , chacun zappe et regarde  la télé des autres. 

 

 

 

 

Nous ,  gens du bord de mer, sans être de grands grecs, avons été sensibilisés par cet élu, en charge des mandats que vous avez bien voulu lui confier, qui a su capter pendant deux heures notre attention, sur les sujets de notre réalité insulaire.   

 

 

 

Sans vous énumérer chaque sujet, et comme vous pouvez l'imaginer, Messieurs , nous n'avons pas tout su, l'élu en question ne pouvant nous éclairer que dans les domaines qu'il a en charge.

 

Nous avons  cependant été fixé sur ce que nous, le peuple, nommons désormais  TC-espré !, tant la difficulté et l'agacement à saisir la langue choisie, par la voix des ondes est inécoutable. Selon les différents propos des uns et des autres, en matière de transport public, nous aurions plutôt affaire à  l'arlésienne de Daudet , que d'un Tramway-bus. Si l'on tente de tendre l'oreille, il en va de même de tous les dossiers, de quoi désespérer le dernier des optimistes.

 

Nous avons été heureux d'entendre que dans le Nord Caraïbe, le transport maritime était prêt à naître, que les camionneurs acceptent de revoir le transport de leurs marchandises. De même,  qu'il nous ait apparu rassurant et probant les aides que la CTM pose, désormais face à la détresse des agriculteurs.

J'ai personnellement  fini par comprendre le sens et  le bien fondé de l'opposition de la CTM, face projet de l'Usine Biomasse de Trinité, plus encore,  la nécessité de produire sur nos terres chlordéconées,  ce fameux bioéthanol qui  dans nos temps moderne, parait si précieux

 

Aussi , je viens à vous,  car la partie Culture, celle qui me tient particulièrement à cœur n'a bien entendu pas été abordée. Et si  l'on juge le grand désarroi des artistes de notre pays, il est clair que  notre situation est critique depuis bien de nombreuses années . Et,  je ne doute pas, vous en conviendrez, faut-il qu'un homme soit malheureux et sans espoir pour arriver à des gestes fous, tels que ceux qui ont fait  la une de nos éditoriaux récemment. 

 

L'élu que nous avons reçu hier, nous a parlé longuement de l'énergie, notamment du premier partenariat international,  que notre île pourrait avoir avec son voisin la Dominique. Atterrée par la situation de ce camarade, comédien, metteur en scène, doué, travailleur qui a souvent su faire rêver les Martiniquais par son travail d'artiste, je n'ai retenu dans le propos de mon interlocuteur que le mot « lumière ».  Et  je me dis qu'il faudrait tout de même qu'une voix s'élève pour ce camarade en grande difficulté . Il faut oser dire que s'agissant de « lumière », celle des artistes, musiciens, plasticiens, danseurs, comédiens, cinéaste,  cette lumière apportée dans les salles de spectacle, elle parcourt le cœur et l'âme de chacun et, il serait immérité qu'elle ne soit pas,cette lumière, reconnue d’utilité publique

 

Qui peut nier que les artistes martiniquais sont les premiers ambassadeurs de notre île ?  En vous disant cela , je ne pense pas seulement à Eugène Mona,à Malavoi, à Kassav ,je ne peux oublier Jenny Alpha,  Eda Pierre, tant d'autres qui, quelque part dans le monde, font qu'on aime à dire de nous autres, des Antilles, nous sommes des privilégiés de la vie .

 

 

Pour ces dernières lignes , je ne dis pas que les élus en charge de la Culture ne sont pas à la hauteur de leur tâches, je dis, Messieurs, que  nous nègres , nous sommes trop souvent  oublieux, que la misère d'un , est la misère de tous. Depuis trop longtemps dans notre pays, les artistes sont mésestimés, alors qu'ils se trouvaient au centre même de nos existences. 

On  les bafoue, on les humilie, au point qu'ils finissent eux-mêmes par devenir des « amuseurs », alors que l'œuvre d'un artiste , est le fruit d'un savoir qu'il détient, une technique d'où provient sa créativité.

 

En Martinique, nous, artistes avons pris bonne note que la scénographie et ses outils étaient d'avantage la propriété  de la Culture « dite française » et qu'on ne sauraient oublier   le moule et les codes que la dite Culture française a dessiné pour nous , que ce faisant,  il serait vain d'oublier  cette fameuse réplique du Roi Christophe dans la pièce d'Aimé Césaire  «  On demande trop aux hommes mais pas assez aux nègres »

 

C'est pourquoi, au lendemain de cette année de mandature, où bien des avancées se font jour, ce dont nous ne pouvons que nous réjouir,  je viens  vous demander une attention particulière pour nos artistes,  la possibilité pour la mise en place  entre les dirigeants à la Culture et les artistes,  une organisation pour des Assises de la Culture  afin de trouver ensemble des concepts de notre temps pour qu'enfin  cet équilibre qui manque tant à notre communauté d'artistes, soit l' axe majeur de notre devenir.

 

Veuillez  agréer Messieurs, l'expression de mes respectueuses salutations

 

Nady Nelzy-Odry

auteur – Metteur en scène

0696 21 83 22

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