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PREMIER EXAMEN SUR LE KREOL MORISIEN

(Collèges catholiques - Filière préprofessionnelle)

Quelques 300 élèves des Pre-Vocational Departments des collèges catholiques
ont répondu hier, pour l'évaluation de fin de trimestre, à un questionnaire
sur le kreol morisien. C'est la première fois, dans le système d'éducation
formelle, que le kreol figure à un examen trimestriel au même titre que
d'autres matières académiques. Le questionnaire proposé hier dure 90
minutes et touche à plusieurs disciplines du programme d'apprentissage.

Depuis hier, quelque 300 élèves en troisième et dernière année d'études de
la filière préprofessionnelle des collèges catholiques prennent part aux
examens de fin de second trimestre. Ces élèves suivent le programme
d'études proposé par le ministère de l'Éducation à partir d'une formule
d'apprentissage inédite élaborée par le Bureau de l'Éducation Catholique et
connue comme le projet Prevokbek.

Ce programme d'études du BEC repose sur le kreol, à la fois comme médium
d'enseignement et comme matière à étudier. Les promoteurs du Prevokbek ont
opté pour la graphie Grafi Larmoni pour l'enseignement du kreol morisien.
Cette graphie proposée par le précédent gouvernement en 2004 a été adoptée
par l'Église catholique pour les célébrations liturgiques ainsi que par la
Société Biblique pour la traduction des textes bibliques. Soulignons que
lors du Festival Kreol organisé l'année dernière par le ministère du
Tourisme, toutes les invitations officielles de cet événement avaient été
rédigées selon la Grafi Larmoni.

Particularité de cette évaluation de fin de trimestre : d'abord il s'agit
d'un examen bilingue - à la fois en kreol morisyin et en anglais - pour les
sept matières non-langues figurant au programme d'études ; et ensuite les
candidats ont pris part hier et cela pour la première fois à un examen en
kreol morisien, l'une des trois matières linguistiques qu'ils étudient, les
deux autres étant l'anglais et le français.

Le papier pour le kreol morisien comprend trois sections et les candidats
ont eu 90 minutes pour répondre au questionnaire. Pour la section A, les
candidats avaient à répondre à des questions de type multiple choice et
open questions concernant une recette de riz frit (" Reset diri frir "). La
section B était axée sur la traduction : les candidats avaient à traduire
quelques petites phrases très courtes du kreol à l'anglais (ex : " Napa
Fime ", " Pa gagn drwa servi portab " et " ler dezene "), avec traduction
du kreol à l'anglais, et un petit passage de l'anglais au kreol morisien.
Pour la Section C, les candidats ont eu à faire preuve d'imagination et
témoigner de leur capacité à s'exprimer correctement car ils avaient à
faire une rédaction de 150 mots. Ils ont eu un choix de quatre sujets, tous
liés à des expériences vécues : " Ekrir enn let dabsans pou to rekter " ; "
Rakont pli zoli zour to lavi " ; " Dekrir enn dimounn ki to bien kontan " ;
" Ladrog pe fer ravaz parmi bann zenes. Ki bizin fer pou anpes sa ? "

D'autre part, ce questionnaire de kreol morisien, outre l'aspect
linguistique, est un papier qu'on peut qualifier de pluridisciplinaire car
il englobe des notions de mathématiques, de Food and nutrition, de civisme
et patriotisme, de valeurs humaines, de mauricianisme et de culture. On
relève aussi que quelques-unes des questions interpellent directement les
apprenants sur leur sens de responsabilité.

Cette évaluation bilingue pour le Prevokbek prend fin le 13 juillet. Au
sein du BEC, tous sont très attentifs au déroulement de cet exercice. On
apprend que cette nouvelle expérience est capitale pour le modèle recherché
par le BEC pour l'intégration du kreol dans le processus d'apprentissage à
l'école primaire. Le BEC y a fixé son introduction sur une base pilote dans
quelques écoles à partir de 2010. " Nous avons définitivement franchi une
nouvelle étape dans cette expérience concernant le kreol morisien. Les
résultats, qui sont très attendus, vont nous dire si les acquisitions de
base se sont améliorées grâce au kreol. Nos enseignants impliqués dans le
Prevokbek affirment qu'au bout de ces trois ans, leurs élèves ont gagné
nettement en confiance et en maturité. Ils ont devant eux des jeunes
épanouis et qui n'ont pas peur de s'exprimer ", nous a déclaré Gilberte
Chung, directrice du BEC.

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