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Présentez vos excuses, Jeff Lafontaine, si vous êtes un homme d’honneur !

   Monsieur le directeur de cabinet du Président de la Région Martinique,

   Il y a deux ans vous avez envoyé un mail, très largement diffusé, dans lequel vous accusiez Mme Corinne Mencé-Caster, présidente de notre université, d’avoir soulevé la question du CEREGMIA dans l’unique but de nuire au PPM d’une part et d’autre part, d’obtenir une bonne place pour elle (2è !) et ses amis sur la liste que conduira Alfred Marie-Jeanne aux élections pour la Collectivité Territoriale de Martinique le 06 décembre prochain. Or, la date de clôture des dépôts de listes était hier, 09 novembre, et désormais lesdites listes sont consultables par tout un chacun.

   Je cite vos propos :

   "Et si l'affaire de l'Université des Antilles et de la Guyane n'était rien d'autre qu'un savant enfumage politico-médiatique au service d'intérêts personnels d'une citoyenne avide de pouvoir prise dans les filets de pseudo-stratèges politiques ? Le camp MIM se révèle aujourd'hui son principal soutien pour officiellement sauver l'UAG. Alors qu'on appelle à la rescousse la population martiniquaise par le biais d'une pétition qui peine à réunir ses 5.000 signatures, dans le même temps, on déballe, cloue au pilori le directeur du CEREGMIA. Un étalage de vérité, contre-vérité, avec pour seul objectif de faire tomber le directeur de la structure qui n'a aucune personnalité juridique. Le CEREGMIA n'a aucune existence juridique, toutes les décisions relèvent de la présidence de l'Université. A qui profite le crime ? L'intérêt pour agir n'est autre que de déstabiliser le Président de Région, préparer les élections en vue de la future CTM et pour cette assoiffée de pouvoir, négocier une bonne place en son sein.

                                                             Jean-François Lafontaine

   Directeur de cabinet du Président du Conseil Régional de la Martinique"

   Or, quand on examine la liste dite du « GRAN SANBLE » déposée par Alfred MARIE-JEANNE, on s’aperçoit que la présidente de notre université n’y figure ni en 2è ni en 4è ni en vingtième ni même en soixante-unième place ! Ni aucun de ses proches collaborateurs et collègues de l’Université d’ailleurs. Ni le doyen de la Faculté des Lettres et Sciences humaines que je suis.

   Monsieur Lafontaine : vous avez inventé de toutes pièces cette fable grotesque pour discréditer la présidente de notre université et continuer d’exercer votre solidarité à l’égard de Fred Célimène ! Comment, en tant que directeur de cabinet du président de région qui administre, lui aussi, des fonds publics, avez-vous eu l’audace de nier l’existence des 2 rapports de la Cour des comptes, du rapport du Sénat et de celui de l’IGAENER (Inspection Générale de l’Education Nationale) qui accablent les ex-dirigeants du CEREGMIA que sont Fred Célimène, Kinvi Logossah, et le doyen CARPIN qui était chargé des signatures ? Comment pouvez-vous faire fi de l’information judiciaire ouverte par le Procureur de la République, pour « détournements de fonds publics en bande organisée » ? Du réquisitoire supplétif de ce même procureur pris en octobre 2015 ? Comment continuer à faire comme si  le préjudice financier pour l’université de 10.2 millions d’euros n’existait pas ?

Vous vous êtes, ce faisant, montré le complice actif de tous ceux qui, non universitaires comme les ignobles Camille Chauvet ou Romain Cruse ou universitaires comme les ex-dirigeants déjà nommés ainsi que leur pitoyables complices en Guadeloupe, se sont déchaînés durant trois ans, jour après jour, contre la présidente de notre université et ses proches (et qui continuent à le faire) : une bonne centaine de mails mensongers et diffamatoires ; des graffitis apposés nuitamment sur les murs du campus de Schoelcher et constatés à plusieurs reprises par voie d’huissier ; des tags sur nos véhicules dont certains ont été sabotés ; des menaces de mort téléphoniques, et j’en passe…

   L’objectif de cet incessant harcèlement moral et physique était clair : les intimider d’abord, les décourager ensuite et enfin les pousser à démissionner. Malheureusement pour vous et vos amis, ce sont des durs à cuire  qui ont résisté à cette déferlante d’attaques infâmes, en gardant la tête haute et surtout  en conservant leur seul et unique cap premier : nettoyer les écuries d’Augias en écartant définitivement ceux qui se sont servi, des décennies durant, de l’université pour se remplir les poches. Cet assainissement était le préalable indispensable à la mise en œuvre du programme novateur que notre présidente avait présenté lors du débat entre les cinq candidats qui postulaient à la présidence de notre établissement et dont elle était sortie largement en tête, de l’opinion de tous.

   Vous avez donc, Jeff Lafontaine, sciemment, délibérément, diffamé la présidente de notre université et ses proches collaborateurs et soutiens (je suis pour ma part, soit dit en passant, un « soutien » et non un « collaborateur » car je n’appartiens ni à la gouvernance de l’Université ni à son Conseil d’administration), vous avez jeté le doute sur leur action d’assainissement des finances publiques (l’Université est financée par des fonds étatiques à 97% et des fonds régionaux pour environ 2.5%, quoique ayant des ressources propres comme les droits d’inscription ou les cours dispensés en formation continue), vous avez cherché à les discréditer, à les salir, à les faire passer pour le suppôt d’un parti politique opposé au vôtre, incapables que vous êtes, vous et vos amis du PPM de comprendre que l’Université est une cause à elle seule, et qu’en tant que telle, elle doit être sanctuarisée. Oui, outre le fait qu’elle bénéficie de la loi sur l’autonomie des universités et que son/sa président (e) n’a pas à être  soumis à des politiques, dans de petits pays comme les nôtres (Martinique et Guadeloupe), il convient d’aller encore plus loin que l’autonomie. Il convient d’aller vers la sanctuarisation.

   Pourquoi ?

   Parce que l’Université est un lieu de formation de la jeunesse d’une part, et de production du savoir, de l’autre. Parce que cette jeunesse et ce savoir ne doivent dépendre d’aucune faction politique. Parce que si les ex-dirigeants du CEREGMIA étaient de Droite, socialistes, indépendantistes ou écologistes, l’action d’assainissement menée l’aurait été de la même façon envers eux. EXACTEMENT DE LA MEME FACON !

En effet, quel que soit le gagnant, qu’il soit EPMN, Gran Sanblé ou Tartempion, nous, universitaires, en cohérence avec l’autonomie dont nous disposons, continuerons à nous battre pied à pied pour assainir définitivement notre établissement et pour préserver son autonomie.

   Enfin, pour en revenir à votre mail dévastateur qui a valu à la présidente de l’université les foudres de votre parti et trois ans de véritable enfer, je ne peux que souligner deux choses :

   . son côté invraisemblable (mais plus c’est gros, plus ça passe comme on dit) car comment quelqu’un comme notre présidente qui, tout en ayant de solides convictions politiques, n’a jamais distribué un tract de sa vie, jamais collé une affiche électorale, jamais pris la parole dans un meeting et n’a jamais été encartée dans aucun parti local aurait nourri l’idée saugrenue d’utiliser l’affaire du CEREGMIA pour se faire élire dans la future Collectivité Territoriale de Martinique ? D’autant plus que la date cette élection a été reportée pas moins de trois fois, par le gouvernement comme chacun sait !

. son côté mesquin et saugrenu : la présidente de notre université qui est un chercheur internationalement connu, à tel point qu’elle vient d’être sélectionnée parmi des chercheurs mondiaux pour participer à une encyclopédie hispanique de renom, qui était l’invitée d’honneur il y a peu d’un congrès international en Allemagne, femme d’engagement auprès des étudiants, qui a monté le CAPES d’Espagnol, a été quatre ans, membre du jury de l’agrégation d’espagnol, a été plébiscitée à la Sorbonne lors de la soutenance de son HDR, aurait eu recours à un tel artifice pour prétendre entrer en politique dans son propre pays !

.Quelle piètre opinion que celle que vous avez des femmes, pour penser que leur entrée en politique doive être soumise à de telles gesticulations !

 

En définitive, je vous réitère mon injonction : présentez vos excuses, Jeff Lafontaine, à la Présidente de l’Université et retenez bien une fois pour toutes que  désormais l’Université doit être sanctuarisée !

   S’il vous reste un tant soit peu d’honneur…

                                                                                 Raphaël CONFIANT