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Profanation de la stèle Henri Sidambarom à Capesterre Belle-eau

Hector Poullet
Profanation de la stèle Henri Sidambarom à Capesterre Belle-eau

   C’est l’indignation générale en Guadeloupe. La population capesterrienne elle-même ne comprend pas. Qui a pu se permettre de salir et profaner le buste d’une des plus grandes figures historiques et symboliques de notre vivre ensemble en Guadeloupe ?  

   Rappelons :

   «  Le 5 juillet 1925, une loi sous Poincaré reconnait enfin la nationalité française aux descendants des indiens engagés et leur accorde par la même occasion le droit de vote.

   C’est l’aboutissement d’un long combat mené par Henri Sidambarom depuis 1904. Cette année-là, le gouverneur de Guadeloupe, M. le vicomte de Loyère avait contesté la liste électorale de la Commune de Capesterre Belle-eau sur laquelle étaient inscrits des indiens. »(Les Antilles et la Guyane en 365 dates, Laura Manne. Caraïbédition.)

   Qui était ce Henri Sidambarom ? Et comment se fait-il que son histoire ne fasse pas partie d’un bréviaire des enfants de la commune de Capesterre Belle-eau ? 

   L’ignorance ! Seule l’ignorance peut expliquer un acte aussi abject. Quand on interroge les gens de la commune ils préfèrent penser qu’il s’agit du comportement de petits voyous, ou de bandes de jeunes ignorants désœuvrés, car sinon la chose serait plus que grave !

   Cela induirait une volonté politique, machiavélique,  de brouiller la communauté des afro-descendants avec celle des Indo-descendants.  A qui profiterait un tel crime ? Qui pourrait avoir intérêt à diviser pour mieux régner ? Non, vraiment il vaut mieux en effet écarter cette hypothèse.

   Reste donc l’ignorance et la bêtise ! Mais alors il est plus qu’urgent d’enseigner l’histoire locale dans nos écoles et pour cela, profiter des cours de Langue et Culture créoles. Par ailleurs, le Mémorial Act devrait encore plus qu’il ne le fait, intégrer la mémoire indienne au patrimoine culturel des Antilles et de la Caraïbe. 

   L’indignation exprimée publiquement par les uns et par les autres ne suffira pas à stopper l’émergence d’un communautarisme qui se nourrit de la méfiance sinon de la haine de l’autre. Il faudrait faire l’éducation populaire que G. Lauriette proposait déjà, car prévenir vaut mieux que guérir. En effet Capesterre Belle-eau est la commune où  la population se partage à moitié entre « nèg é zendyen ». Si on ajoute à cette particularité celle d’être la commune où l’on trouve également la plus grande communauté de deuxième génération d’Haïtiens, mais également de Dominiquais, nous voyons que les responsables politiques de la commune ont du travail sur la planche.

   Pour ceux qui veulent en savoir plus sur Henri Sidambarom nous  proposons de lire l’article de G. S (Guy Stehlé ?) dans le Dictionnaire encyclopédique Desormeaux

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