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Publications 2017-2019 des enseignants de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l'Université des Antilles (2è partie)

Publications 2017-2019 des enseignants de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l'Université des Antilles (2è partie)

    Faute d'émissions consacrées au livre sur nos principaux médias, le grand public cultivé n'est pas toujours au courant des publications réalisées ou coordonnées par les universitaires du campus de Schœlcher que d'aucuns décrivent comme polarisés sur des luttes internes.

    Ce qui est bien évidemment faux comme le démontrer la sélection (forcément incomplète) ci-après pour les années 2017 à 2019.

 

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   . "Le Bélia d'Aimé Césaire. Bélia pou Sézè", Sim'Ekol (2018) d'Etienne JEAN-BAPTISTE (chercheur associé au CRILLASH).

 

      "Comment, pourquoi l'homme invente-t-il et fait-il de la musique ? L'observation d'un fait musical en train de naître et en pleine mise en œuvre de sa création par la foule, offre l'opportunité d'observer ses ressorts et fondements. Et c'est au départ de l'émergence fortuite d'un Bélia funéraire lors des obsèques nationales d'Aimé Césaire, qu'on approche le mécanisme de l'invention de musiques et de construction de répertoires aux Antilles Guyane. [...] La tension pouvant résulter des rapports musiques/danses de tambour, et l'appréciation qu'on peut en avoir, constituent la problématique centrale de cet ouvrage. La hiérarchisation des valeurs et des fonctions des répertoires incorpore l'invention de musique. Le Bélia des nègres, avec accompagnement de tambour, cherche à instituer sa légitimation dans un cadre social qui le relègue à la marge."

 

 

    ​. "A l'aide ! Les cultures urbaines sont dans ma classe", L'Harmattan, de Steve GADET (Maître de conférences au Département d'Etudes Anglophones).

 

    "Comment les cultures urbaines peuvent être le moyen de véhiculer des contenus pédagogiques rigoureux et nourrir le jugement critique des apprenants ? Steve Gadet en tant que participant, chercheur puis pédagogue s’est volontairement placé dans des situations de transmission de savoirs avec d’autres publics que celui de l’université. Ce livre est un manuel d’aide, de compréhension et de travail pour les enseignants et les enseignantes qui travaillent en zone urbaine ou qui se retrouvent en situation d’apprentissage avec des apprenants « biberonnés » aux cultures urbaines."

 

 

    . "Archipélies n° 6, "Discriminations multiples et croisées", Presses de l'Université des Antilles (en ligne), 2018, coordonné par Gilbert ELBAZ (professeur d'Etudes anglophones).

 

    

   La thématique des discriminations peut être abordée à partir de nombreux angles, raison pour laquelle le cadre intersectionnel est particulièrement adapté à son analyse. Dans ce numéro d’Archipélies, qui s’adresse tant aux spécialistes qu’au grand public, les cinq parties qui le constituent représentent chacune un angle d’attaque différent.

La première partie est théorique et définit le concept de discrimination, et les multiples facteurs qui peuvent y contribuer. C’est un concept mobile puisque le discriminé peut rapidement se convertir en discriminant, ou plus diaboliquement encore, jouer les deux rôles concomitamment sans ressentir, tel un sociopathe, de scrupule. C’est aussi un concept politique puisqu’il exclut la posture victimaire pour y faire prévaloir celle de l’analyste érudit de la société, de sa dynamique de pouvoir qu’il ambitionne de pulvériser.

La deuxième partie souligne l’omniprésence historique des discriminations dans les sociétés invariablement marquées par le sceau du pouvoir, surtout celui de nommer l’autre comme inférieur.

La troisième partie se penche sur la thématique de la représentation, en particulier à travers les médias qui jouent un rôle axial dans la diffusion massive et répétée des stéréotypes, en particulier ceux colportés par des feuilletons télévisés offerts directement à des millions de foyers.

La quatrième partie aborde l’expérience, la souffrance de la discrimination qui peut déboucher soit sur la résignation, soit sur la conversion au statut de discriminant, soit sur la mobilisation contre la discrimination.

Enfin, la cinquième partie traite de la thématique de la mobilisation contre la discrimination, qui s’exprime souvent sous forme de mouvements sociaux dont les moyens limités ne peuvent malheureusement produire que des résultats limités.

En s’appuyant sur des expériences concrètes, chaque essai aborde un ou plusieurs aspects des discriminations qui ne peuvent être que multiples par les nombreux facteurs qui les causent, les composent et les dynamisent vers un changement positif de la société. Ces facteurs peuvent aussi se croiser, soit pour exacerber la situation discriminatoire subie par une même personne ou communauté, soit de façon plus perverse pour faciliter la transmutation d’une victime en bourreau.

Dépassant les frontières idéologiques classiques, chaque essai, à sa manière, contribue à une meilleure appréhension de l’expérience de la discrimination en affinant les concepts qui y sont afférents et qui ne peuvent jamais être définitifs, mais au contraire toujours en délibéré, en devenir, afin de s’adapter aux vicissitudes du contexte globalisant des sociétés postmodernes.

 

 

   . "Bitako-a", réédition du premier roman en créole martiniquais accompagné d'une analyse (en français) de Jean Bernabé, Caraibéditions (2918), de Raphaël CONFIANT (professeur de langues et cultures régionales).

 

         "An jenn boug lakanpay Lowen (komin li-nò Matinik), éti non'y sé Omè, ka désann viv an vil ek kay rété atè Mòn Pijwen, an katié popilè Fodfwans ki ni vié répitasion. I ka vini bon zanmi épi moun kontel Rigobè, ki ka potjiré'y an djob lanméri, ek i ka mété kò'y nan kay épi an jenn ti manzel yo ka kriyé Adliz. Pannan tout sé lanné-a i rété an vil la, i pa jen viré monté lakanpay wè manman'y ek frè'y, Serviyis, abo i té enmen yo kité enmen ka alé. 
Sé ki Orné té lé vini a tout fos an neg an vil, i té lé ped mes lakanpay-li ek fè moun pòté'y respé. Malè ba'y, sa i té ka kwè sa, sé pa sa i dékouvè. Anmizi-anmizi, i konpwann ki lavi an vil, sé an lavi éti chak moun ka goumen pou pwop lentéré'y, an lavi koté moun pa konnet sa yo ka kriyé lanmitié ek lanmou. Omè ka vini trapé gwo ladjè épi Adliz, ki dayè té ka kònen'y, ek i ka koumansé drivayé atravè lavil-la kontel an boug ki vini fou an mitan tet.
 
Jik tan i ka désidé vòltijé kò'y anba woul an loto. Liv Raphaël Confiant tala ka dékri nou an lépok (1950-60) éti Neg té koumansé désann Fodfwans pa krey davwa lizin ek distilri té ka fèmen toupatou an péyi-a. I ka montré difikilté yo trapé pou rivé anchouké ek sirviv adan an linivè ki pa té ta yo. Ki manniè tou an nouvo model kréyolité fè tan paret".

 

 

   . "Création et engagement", L'Harmattan (2018), sous la direction de Dominique BERTHET (Professeur à l'ESPE-Martinique et à la Faculté des Lettres et Sciences humaines).

 

   "La création résulte d'un engagement total de celui qui donne forme à cette "chose" nouvelle, s'investissant dans son projet et dans sa pratique. Par ailleurs, l'engagement se retrouve également dans la forme et le contenu de l'œuvre, généralement qualifiée d'engagée lorsqu'elle exprime une prise de position, possède une dimension critique... Au tournant du XIXe siècle, l'engagement en art s'envisage de manière différente : des gestes artistiques s'engagent dans des actions collectives participatives."

 

 

   . "Monde arabe et Amérique latine. Confluence des dynamiques sociales", L'Harmattan (2018), sous la direction d'Ayoub CHAFIK (Attaché d'Etudes et de Recherches en Sciences de l'Information et de la Communication).

 

   "Cet ouvrage scientifique propose la mise en branle d'une réflexion sur la connexité de diverses formes de militantisme observées dans le monde arabe ainsi qu'en Amérique latine. La finalité de cette œuvre collective est en effet de rendre possible l'enrichissement des uns et des autres, via un comparatisme des symptômes. On y prend ainsi conscience d'un certain degré de similarité entre ces deux environnements géographiques. Les textes rassemblés ici sont issus du colloque éponyme qui s'est déroulé les 3 et 4 mai 2018 à l'Université des Antilles."

 

 

   "Histoire de la Guyane. Du temps des Amérindiens à la crise de mars-avril 2017", Ibis Rouge (2017), de Serge MAM LAM FOUCK (professeur émérite) et Apolinaire Kululuka ANAKESA (professeur en anthropologie).

 

 "Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, une nouvelle société naît de la départementalisation de la colonie de la Guyane française (loi du 19 mars 1946). Le nouveau département est alors doté d'un niveau de vie relativement élevé. Mais, en moins de deux décennies (1947-1960), il est enfermé dans le cercle vicieux de la dépendance économique. Depuis, il est confronté au double défi que posent, d'une part, les contraintes de l'immigration récente, qui a multiplié par sept la population en moins d'un demi-siècle (1970-2017), d'autre part, celui d'un inégal développement, dénoncé lors de la grande protestation, qui a paralysé la vie du territoire de la Guyane durant les mois de mars-avril 2017. 
La rapidité des changements qui ont affecté la vie des Guyanais au cours de la seconde moitié du XXe siècle est à la mesure de la pauvreté de la colonie, qui n'a donné durant trois siècles (1676-1946) qu'une médiocre production (en comparaison de celle des colonies voisines) de coton, de cacao, de roucou, de sucre ou de bois de rose, tandis qu'est constamment menacé d'extinction l'ensemble de la population (moins de 30 000 habitants en 1946), qu'il s'agisse des Amérindiens, des Métropolitains, des Créoles, des Bushinenge ou des immigrants du temps post-esclavagiste. 
L'ouvrage présente une synthèse de la complexité des événements politiques etéconomiques donnant les clefs de la compréhension des problèmes majeurs de la société guyanaise contemporaine, confrontée à la question de l'aménagement de l'ensemble du territoire et à celle de la gestion d'une diversité culturelle, accentuée par les dernières grandes migrations. Par un jeu de photographies, l'ouvrage en montre également le remarquable patrimoine culturel."

 

 

   . "Libre de couleur", revue du "Philanthrope" n° 8 (2019), Presses Universitaires de Rouen et du Havre, études réunies par Erick NOEL (professeur au Département d'histoire), Cécile BERTIN-ELISABETH (professeur au Département d'Etudes hispaniques) et Eric SAUNIER (professeur à l'Université du Havre).

 

"Ce numéro est un hommage à l'œuvre de l'historien martiniquais Léo Élisabeth, disparu en 2016. Auteur d'une œuvre fondée sur l'idée de construire une histoire antillaise novatrice, Léo Élisabeth accordait dans ses écrits une place de choix à l'étude du groupe des « libres de couleur » et ce constat invitait à l'évidence à analyser, comme le proposent ici les meilleurs spécialistes, la place qu'il a occupée durant la période révolutionnaire en Martinique, en Guadeloupe et à Saint-Domingue où éclata la guerre des esclaves durant l'été 1791. À travers une approche comparative, il apparaît non seulement de fortes différences de situation de ce groupe dans les trois colonies mais aussi à l'intérieur de celles-ci."

 

 

   . "Les marges dans les capitales littéraires, artistiques et politiques", sous la direction de Buata MALELA (Maitre de conférences en Lettres modernes à l'Université de Mayotte), Gérald DESERT (PRCE au département d'Etudes hispaniques) et Hans FARNLOF (professeur à l'université de Stockholm).

 

   "La littérature mondiale, les arts, l'histoire, la politique se sont enrichis de plusieurs oeuvres et auteurs qui désormais viennent de différents lieux de la culture. Ils sont dotés d'un capital social et culturel différent de celui en oeuvre dans les métropoles. Ils intègrent dès lors des problématiques issues directement des marges, en terme aussi bien géographiques que thématiques et se forgent un langage dans les langues comme le français, l'espagnol, le créole et l'anglais. Fort de ce constat, il s'agit de se demander comment la notion de marge peut être pensée dans l'esthétique littéraire et artistique, et envisagée dans une perspective multifocale, qui peut réintégrer la dimension postcoloniale et décoloniale dans les analyses. On comprend alors la présence, dans cet ouvrage, d'une double conception : la marge envisagée comme objet et la marge envisagée comme sujet. La marge se constitue-t-elle en objet que l'on peut comprendre dans un triple rapport spatio-temporel, discursif et pratique ?"   

 

 

 

   . "Eduquer en pays dominé", Karthala (2019), Franck COLLIN (maître de conférences en Lettres modernes), Jean MOOMOU (maître de conférences en histoire) et Caroline SEVENO (Pos-doc en Histoire).

 

       « Cet ouvrage porte sur l’état actuel de l’éducation dans certains pays ayant autrefois connu la Traite esclavagiste entre l’Afrique, les Amériques et l’Europe. Qu’en est-il aujourd’hui, bien après les abolitions et les décolonisations, de cette conscience que les peuples ont acquise d’eux-mêmes, et des changements de regards et de sociétés qu’ils en attendaient ? 
On doit constater que l’empreinte laissée par les anciens dominants reste durablement inscrite et conditionne encore nombre de préjugés tenaces, de falsifications ou de malentendus. Cela se lit dans les programmes scolaires, mais tout autant dans la vie quotidienne, dont les besoins ou les désirs sont « éduqués » par un ailleurs. 
L’originalité de cet ouvrage, grâce à la diversité de ses contributeurs, est d’exposer des champs très différents dans lesquels s’induisent encore insidieusement des formes de domination. La plupart des contributeurs – historiens, littéraires, anthropologues, juristes, sociologues, géographes – sont eux-mêmes des témoins directs de ce qu’ils analysent, étant souvent confrontés à ces savoirs et modes de vie qui prétendent façonner leurs identités. »

 

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