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Quand Audrey Pulvar découvre l'empoisonnement au chlordécone...

Quand Audrey Pulvar découvre l'empoisonnement au chlordécone...

   Il vaut mieux tard que jamais, assure un vieux dicton français. Fok toujou gadé ola diri ka gonflé, rétorque, en ricanant dans sa barbe, un moins vénérable dicton créole qu'il n'est pas nécessaire de traduire. En tout cas, le dialecte de notre île-sœur, l'île-papillon, en a même fait un heureux néologisme : "dirigonflis" autrement dit "personne qui sait accourir au moment où le riz gonfle".

   C'était juste notre petit cours de créole matinal vu que l'idiome s'étiole, voire se perd.

   Sinon, à part ça, qu'y a-t-il de bon dans l'actualité ? Ah oui, la célébrissime journaliste de télévision martiniquaise ou plus exactement, française originaire de la Martinique, Audrey PULVAR, actuellement présidente de la Fondation pour La Nature et l'Homme (la "Femme" a été oubliée apparemment), s'est fendue d'une tonitruante sortie contre ce dangereux pesticide organochloré appelé "chlordécone" que nos gros planteurs de banane, pour la plupart békés, ont outrageusement utilisé dans notre île aux fleurs durant plus de trente ans.

   Voici ce qu'a déclaré l'écologiste, heu..., la journaliste, enfin la présidente de cette fondation à vocation écologique :

   "100% de la population, quasiment, est touché pour des siècles et des siècles. Et ça ne fait pas la Une des 20 heures  Et il n'y a pas de cellule de crise ? C'est inimaginable !"

   Wouaaaw ! Les gros planteurs utilisent le chlordécone depuis 1972, ce que l'écologiste Pierre DAVIDAS dénonça dès 1985 dans le magazine "ANTILLA", puis l'ASSAUPAMAR, dans les années 90, ensuite, se fondant sur des rapports rédigés par les services de l'Etat eux-mêmes, L. BOUTRIN et R. CONFIANT dans un livre retentissant paru en 2007, sans compter la foultitude d'autres dénonciations émanant de personnalités et d'associations diverses. Et bien sûr les plaintes déposées par cette dernière contre l'Etat français (seul habilité à délivrer les autorisations de mise sur le marché des pesticides) pour "empoisonnement et mise en danger de la vie d'autrui".

   Bref, cela fait au bas, au minimum 15 ans qu'il y a un tapage médiatique monstre autour de la question du chlordécone. En février 2007, L. BOUTRIN et R. CONFIANT avaient même organisé une conférence de presse dans l'enceinte même de l'Assemblée nationale en compagnie des députés écologistes français Corinne LEPAGE et Alain LIPIETZ. La plupart des grands médias étaient présents et dans la semaine, "LE NOUVEL OBSERVATEUR", par exemple titrait : "LES ANTILLES EMPOISONNEES". Durant toute cette période, tout au long des quinze dernières années, Audrey PULVAR était journaliste-vedette sur diverses chaînes de télévision "nationales", or personne ne l'a jamais entendu prononcer un mot sur la question de cet empoisonnement massif.

   Pas un mot...