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QUAND UNE BLANCHE "ENCULE" LES...BEKES ET BRANDIT LE DRAPEAU INDEPENDANTISTE ROUGE-VERT-NOIR

QUAND UNE BLANCHE "ENCULE" LES...BEKES ET BRANDIT LE DRAPEAU INDEPENDANTISTE ROUGE-VERT-NOIR

   La Martinique est-elle atteinte de delirium tremens collectif ?

   D'un côté, une caste békée enfermée dans sa morgue bientôt quadri-séculaire, pratiquant sans sourciller la "pwofitasion" tout en recherchant, à travers l'association "TOUS CREOLES" notamment, une "Réconciliation" sans "Verité", ce qui est une véritable escroquerie intellectuelle, et de l'autre côté, un groupuscule de noiristes enragés qui semble n'avoir d'autre projet que de faire table rase de tout ce qui existe dans notre pays, y compris cette langue et cette culture que nos ancêtres ont su patiemment tout autant que vaillamment construire durant l'esclavage, se reconstruisant, se réhumanisant d'eux-mêmes par la même occasion.

   Car le "Neg" n'a pas attendu le 22 mai 1848 pour devenir un homme, un être humain à part entière. Le croire (ou l'écrire comme l'ont fait certains historiens) est une insulte à nos ancêtres.

   Dès le premier bateau négrier arrivé en Martinique et tout au long de ces deux siècles et demi au cours desquels les Békés l'avaient considéré comme un meuble ou une bête de somme, il a résisté. Par tous les moyens ! Jour après jour, année après année, siècle après siècle. Il a soit marronné dans les forêts, soit, sur l'habitation, empoisonné le repas du Maître blanc, empoisonné les mulets, incendié les champs de canne etc...Il suffit de parcourir les 4 tomes des Mémoires d'un colon à la Martinique du Béké Pierre DESSALES, propriétaire de l'Habitation Nouvelle Cité (qui existe toujours), dans la commune de Sainte-Marie, pour s'en rendre compte. Les siens et lui avaient plus peur des Nègres d'Habitation que des (rares) Nègres-marrons !

   Donc la distinction, opérée là encore par certains historiens, puis par la suite certains idéologues, entre un Nègre-marron héroïque et un Nègre d'Habitation entièrement soumis est une contrevérité.

   Le Nègre-marron fut un héros flamboyant, le Nègre d'Habitation un héros silencieux. Tous les deux ont pourri l'existence du Maître blanc. Chacun à leur manière. Le Nègre d'Habitation, malgré les sévices, les tortures, les humiliations etc...s'est créé une cuisine, une musique, une pharmacopée, une langue, des croyances magico-religieuses qui lui sont propres et qui ne sont pas françaises. Qu'on les nomment "créoles" ou quel que soit le nom que l'on veut, toujours est-il qu'une identité nouvelle a pu émerger. Grâce au courage et à la ténacité de nos ancêtres. L'Afrique étant définitivement perdue, cette île est devenu la leur. Ils l'ont arrosé de leur sueur et de leur sang. 3 siècles durant !

   Simplement, le Béké n'ayant jamais perdu son pouvoir (de nos jours, surtout économique) et l'Etat français déployant une politique féroce d'assimilation par biais de l'école au premier chef, ni les acquis des révoltes flamboyantes du Nègre-marron ni les acquis des révoltes silencieuses du Nègre d'Habitation n'ont pu être capitalisés par ce qui est devenu progressivement le peuple martiniquais. Ni non plus les révoltes du Nègre "départemental" : décembre 59, Février 74, Février 2009 pour ne prendre que ces seuls exemples.

   Rien n'a pu être capitalisé à ce jour.

   Alors, face à l'ignominie de la caste békée a fait son apparition un délire noiriste. Ce dernier pratique le "Bétjé déwò !" à l'encontre des Blancs-pays et le "Vade Métro Satanas !" à l'encontre des Blancs-France, mais sans résultat. Sans le moindre résultat. Sans aucunement influencer la population martiniquaise comme on peut le constater avec ces deux exemples pour le moins affligeants :

 

   __une consultation (sur l'Article 74) qui aurait permis d'obtenir un petit début de commencement d'autonomie, une poussière d'autonomie, et donc de desserrer quelque peu l'emprise "métro" a été rejetée à...76%.

 

   __le blocage d'un supermarché béké un samedi par une centaine de noiristes et le lendemain, le dimanche donc, ce même supermarché pris d'assaut par la population. Or, une seule journée de recettes perdue n'entame en rien l'emprise békée.

 

   Malheureusement, ces échecs, loin de donner à réfléchir aux leaders politiques et à leurs militants, semblent n'avoir pas plus d'effet sur eux que l'eau sur les plumes d'un canard. Hors de question que ces messieurs-dames se remettent en cause et cherchent à comprendre pourquoi le peuple martiniquais ne les suit pas ! Ils ont raison ou plus exactement sont persuadés d'avoir raison et donc le peuple doit les suivre.

   Ce serait risible si ce n'était pas tragique.

   Et parfois, cela donne lieu à des spectacles grotesques comme celui que l'on peut voir sur la photo illustrant le présent article : une jeune Blanche arborant un tee-shirt sur lequel est écrit "J'ENCULLE LES BEKES" et brandissant le drapeau rouge-vert-noir. Du grand n'importe quoi ! Précisons que cette photo a été prise lors de la manifestation visant à bloquer le supermarché béké dont il a été question plus haut.

   Or, le combat, le véritable combat, du peuple martiniquais n'est pas seulement d'évincer les Békés, encore moins de les exterminer ou de les jeter à la mer, mais celui DE S'ASSUMER D'ABORD ET AVANT TOUT. De cesser de croire qu'il est français ou africain. L'Europe et l'Afrique sont à plusieurs milliers de kilomètres de la Martinique. Ce qui ne signifie aucunement rejeter les apports européens et africains à notre culture, ni les apports indiens ou autres d'ailleurs, mais de reconnaître que nous sommes un peuple nouveau avec une nouvelle identité.

   Peuple qui, de ce fait, a droit à la pleine et entière souveraineté nationale. A son indépendance pour parler plus directement...

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