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RODOLPHE DESIRE ET DEUX BEKES EN GARDE A VUE

RODOLPHE DESIRE ET DEUX BEKES EN GARDE A VUE

   La nouvelle en a atterré plus d'un ! Certes, l'ancien maire de la ville du Marin n'est plus depuis des lustres le militant de l'OJAM (1958) qui réclamait la souveraineté martiniquaise, mais tout de même...

   Se retrouver en garde à vue avec deux patrons békés, Jean-Louis et Arthur DE LUCY, respectivement président et directeur de la société CARENANTILLES, à la gendarmerie du Lamentin, pour une affaire de passation de marché jugée suspecte entre la ville et cette dernière, n'est pas très reluisant. Suspicion de favoritisme et de prise illégale d'intérêts plus exactement.

    Certes, pour l'heure, la police enquête et aucun élément ne permet de porter une quelconque accusation contre l'ex-maire du Marin, c'est pourquoi nous nous intéresserons plus largement aux relations entre son parti, le PPM (Parti Progressiste Martiniquais), fondé par Aimé CESAIRE, et dont le double axe idéologique est (fut ?) la Négritude et l'Autonomie.

   En effet, après un virulent Discours sur le colonialisme dans lequel il a démoli l'Europe arrogante, le colonialisme français, l'Eglise catholique et les Békés, peu à peu, au fil des ans, son ton s'est apaisé, voire même adouci et qu'on a assisté à cet événement jugé improbable mais qui a bel et bien eu lieu comme le montre la photo ci-après : CESAIRE est venu planter "le Courbaril de la Réconciliation" sur l'Habitation CLEMENT, propriété du plus riche Béké martiniquais Bernard HAYOT.

 

 

   A ses côtés, on voit Camille DARSIERES, secrétaire général du PPM, et Serge LETCHIMY, le successeur de CESAIRE ainsi que Maurice ANTISTE, à l'époque maire du François et aujourd'hui sénateur. En fait, il s'est agi là d'un geste qui n'a aucun rapport, comme d'aucuns ont tenté de le faire accroire, avec celui de Nelson MANDELA tendant la main aux Blancs sud-africains après la chute du système d'apartheid. Rien à voir car en Afrique du Sud, des "Comités VERITE et RECONCILIATION" ont été créés et pendant des mois et des mois, à la télévision, tout, tout le passé, a été mis sur la table. Les Blancs ont été contraints de venir s'expliquer sur leurs actes et ceux de leurs ancêtres. La réconciliation n'est venue que dans un deuxième temps. Or, qu'ont fait CESAIRE, DARSIERES et LETCHIMY ce fameux jour où ils ont planté ce courbaril avec HAYOT-père, HAYOT-fils et DE LUCY ? Ils ont carrément zappé l'étape "VERITE". Et après ça, les connards de noiristes/khémites vont venir raconter que c'est le Mouvement de la Créolité qui pactise avec les Békés !!! Mieux (ou pire) : il y a deux ou trois ans, CESAIRE et DARSIERES étant décédés depuis longtemps, les autres sont revenus "arroser" le courbaril, manière de s'assurer qu'il pousse bien. 

   Sinon, on se souvient, comme on peut le voir sur la photo ci-après, de Bernard HAYOT venu prendre la parole aux côtés de Serge LETCHIMY et du PPM, sur la place Abbé Grégoire, au quartier Terres-Sainville (à Fort-de-France) à l'occasion des célébrations du 22 mai, date de la révolte anti-esclavagiste qui a conduit a l'abolition de l'esclavage en 1848.

 

 

   Environ 200 Békés avaient, la même année, signé un texte dans FRANCE-ANTILLES déclarant que l'esclavage est un crime contre l'humanité. Ce qui ne mange pas de pain quand on sait qu'il n'y a pas eu après l'abolition, le moindre début de commencement de réparation financière. L'ancien-esclave aux USA reçut (ou en tout cas se vit promettre) "un mulet et 22 acres de terres" pour pouvoir recommencer une nouvelle vie. En Martinique, non seulement il n'a pas reçu un seul penny, mais l'Etat français a en plus remboursé les Békés de la perte de leurs esclaves !!! C'est dire que la "réconciliation-express", la réconciliation promue par le PPM et les Békés fut une farce et demeure une farce.

    La Négritude s'est, en fait, agenouillée au pied de l'Habitation CLEMENT !

   Mais le PPM ne s'est pas arrêté là : il a accepté que la Fondation GBH (Groupe Bernard HAYOT) finance ou cofinance la publication de tous les discours et écrits politiques d'Aimé CESAIRE, notamment ceux qui ont été prononcés à l'Assemblée nationale pendant le demi-siècle au cours duquel il fut député. Le travail de collecte et de présentation de ces discours a été réalisé par l'historien Edouard DELEPINE, ancien maire PPM du Robert. Cet incontestablement magnifique et précieux travail, en plusieurs volumes, fut présentée en divers endroits de la Martinique : à la mairie de Fort-de-France, à celle du Robert etc...et à chaque fois B. HAYOT était présent, ce qui, dans le fond, est normal. Sur la photo ci-après, on le voit après la conférence du Robert en train de deviser amicalement avec DELEPINE et Camille CHAUVET, membre du bureau politique du PPM. Lequel CHAUVET avait virulemment dénoncé les...Békés dans un livre co-écrit avec Guy CABORT-MASSON et intitulé "Les Puissances d'argent en Martinique". Mais ne serait-ce pas grâce à "la puissance d'argent" de HAYOT que les cinq tomes des discours de CESAIRE ont pu être publiés ?

 

 

   Enfin, il y a le cas de la sénatrice "Alé-viré", Catherine CONCONNE, qui, dernièrement, a reçu la pire volée de bois vert de sa vie sur un blog, REVELATIONS MARTINIQUE, tenu par...des gens du PPM !!! Elle est soupçonnée d'accointances avec les Békés et notamment B. HAYOT (toujours et encore lui). D'aucuns racontent que la dette de 300.000 euros à laquelle elle fut condamnée par la justice à rembourser suite à la faillite de son magasin de chaussures au Centre commercial Perrinon, à Fort-de-France, le fut par la caste dite supérieure, ce qui n'est pas prouvé du tout, on le suppose bien. Mais parlez-parlez, il en restera toujours quelque chose et souvent les photos sont plus parlantes que les paroles comme on peut le voir ci-après.

 

 

   Quoiqu'il en soit la sénatrice semble être au mieux avec B. HAYOT mais quand on voit certains de ses camarades du PPM le lui reprocher, il y a de quoi sourire. Ils se sont "réconciliés" avec les Békés bien avant que CONCONNE ne soit connue en politique ! Car il faut le dire, les relations du PPM avec les Békés depuis au moins deux décennies sont à la fois dangereuses et suicidaires pour lui et, hélas, pour le pays qu'il assure défendre, la Martinique. Quelqu'un doit dire STOP ! au PPM.

   Enfin, faut-il pour autant condamner toute tentative de réconciliation avec les Békés ? CERTAINEMENT PAS ! Mais, car il y a un énorme "Mais", ceux-ci doivent d'abord tout mettre sur la table : le passé esclavagiste de leurs ancêtres ; leur présent de patrons féodaux (et pas du tout capitalistes !) qui enferment la Martinique dans une économie de comptoir mortifère. A partir du moment où ils acceptent ces prérequis, tout sera ouvert. Mais, de grâce, qu'ils arrêtent les mascarades comme sur la photo ci-après !

 

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