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Satisfaire à la fois les déboulonneurs et les électeurs

Satisfaire à la fois les déboulonneurs et les électeurs

   Décidément, dans ce petit pays de Martinique, c'est à qui jouera, sur le plan politique, au plus compère Lapin s'agissant des actions de ceux que les médias en sont venus à appeler les "activistes".

   Il y a deux mois, c'était un maire de la côte Nord-Caraïbe qui disait "comprendre sur le fond mais désapprouver sur la forme" l'agression de touristes européens sur une plage de sa commune. Ces grands révolutionnaires s'étaient, en effet, emparés des affaires des smicards venus du froid et les avaient voltigés carrément à la mer. Ce n'était pas l'attaque de la caserne Moncada mais on n'en était pas loin. 

   Hier, ce fut au tour du maire de la côte Sud-Caraïbe de se livrer à la même contorsion langagière face à la décapitation d'une statue de Victor Schoelcher dans sa commune. Enfin, statue, c'est beaucoup dire. Plus exactement un modeste buste que la plupart des gens qui visitent la commune ne voient même pas. Cette action, digne du siège du Palais d'hiver, a évidemment fait la Une des réseaux (a)sociaux et des médias qui semblent désormais s'être mis à leur remorque. 

   Seulement, il convient de s'interroger sur le discours à "dé bonda" de ces chers premiers édiles. 

   Car cette histoire de "forme" et de "fond", c'est bien évidemment de la pure foutaise. C'est une manière hypocrite de ne pas prendre ouvertement position de manière à ne s'aliéner ni les déboulonneurs ni les électeurs. C'est du compère-lapinisme le plus basique et finalement très représentatif d'un certain nombre d'élus (es) martiniquais de toutes tendances politiques. Il témoigne en tout cas de la déliquescence d'une société martiniquaise dans laquelle plus personne ne sait où donner de la tête ni quoi faire pour essayer d'extraire notre pays dans l'impasse dans laquelle il se trouve. 

   Martinique, île échouée ?...

Commentaires

yvleo | 08/03/2021 - 10:31 :
Ces quelques lignes disent mieux que tous les débats ce qu'est devenue la société martiniquaise. Vous avez dit "île échouée" ?
Karl | 08/03/2021 - 12:32 :
Je souscrit à ce qui est indiqué dans ce papier. La décapitation quasi clandestine de statues semble être devenu un haut fait d'armes aux yeux de certains. Pourquoi pas, après tout!!! Manque t-on à ce point de symbole de la présence française? Si les révolutionnaire cubains ont attaqué, le 26 juillet 1953, la Caserne MONCADA, ils ne se faisaient aucune illusion sur le sort qui leur serait réservé en cas d'échec et ce fu le cas. La veille de l'assaut, Abel Santamaría, le second de Fidel avait affirmé "si le destin s'avère contraire pour nous, il nous faut rester courageux dans la déroute, car ce qui se sera passé ici se saura et mourir pour la patrie sera un exemple pour toute la jeunesse de Cuba ». La majeure partie des prisonniers furent exécutés sommairement par les troupes batistiennes et les rebelles survivants, arrêtés la nuit suivante, furent jugés et condamnés. Abel Santamaría quant à lui est torturé, on lui brûle les bras et on lui arrache un œil pour lui faire avouer le nom du chef du groupe. L'hymne national cubain, la "Bayamesa" ne dit-il pas "Que morir por la Patria es vivir" (C'est vivre que mourir pour la patrie). N'y aurait-il aucune Caserne MONCADA en Martinique? Et ce fort de type Vauban construite entre 1638 et 1680, placé au beau milieu de Fort-de-France, ne constitue t-il un symbole autrement représentatif? Mais dans ce cas, ne faut-il pas faire preuve de courage et ne pas craindre une simple garde-à-vue mais se sacrifier pour sa patrie?
Louis Augé | 08/03/2021 - 18:22 :
Je ne comprends pas pourquoi le terme d' "activistes" est entre guillemets: car il correspond exactement à l'attitude de ces militants .D'après le Larousse ce sont des personnes engagées qui "privilégient l'action directe" .Exactement ce que font ces gens. Il n'y a donc aucune raison de mettre ce terme entre guillemets.
Stromaed | 09/03/2021 - 12:31 :
Ces politiciens sont prudents et pensent à leurs carrières comme le font tous les élus de France et de Navarre. Ménager la chèvre et le choux est une expression bien franco francaise qui sied aussi aux martiniquais.

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