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Scandale CEREGMIA-Archives de la BU : les mafieux seront-ils sauvés par la prescription ?

Scandale CEREGMIA-Archives de la BU : les mafieux seront-ils sauvés par la prescription ?

   Il s'agit d'une affaire dans l'affaire. Cette dernière, la grosse, la vraie, concerne, les détournements de fonds européens à hauteur de 14 millions d'euros pour lesquels les chefs de l'ex-CEREGMIA se sont vus signifier 7 chefs d'inculpation, le tout premier étant celui de "détournements de fonds en bande organisée au détriment de l'Union Européenne".

   Celle dont nous parlons dans le présent article (l'affaire dans l'affaire donc) ne concerne pas ces détournements de fonds mais la convention passée entre l'ex-Conseil régional dirigé par Serge LETCHIMY et le CEREGMIA en la personne de Fred CELIMENE (tous deux membres du PPM). On se souvient, en effet, qu'une centaine de cartons (400 mètres-cubes) avaient été découverts dans le vide sanitaire de la BU (Bibliothèque Universitaire) du campus de Schoelcher, composés pour 2/3 d'archives du Conseil régional et pour 1/3 de documents océanographiques de la Principauté de...Monaco.

   Cette convention avait été passée sans appel d'offres alors que cette dernière est obligatoire dès lors qu'un marché dépasse 90.000 euros. Le député LETCHIMY et l'universitaire CELIMENE ne pouvaient pas ne pas le savoir. Ils ont pourtant passé outre ! Outre ce problème légal, il y en avait un autre encore plus grave : un vide sanitaire doit rester complètement...vide. Pourquoi ? Parce qu'il sert à protéger un bâtiment en cas d'incendie, d'inondation ou de tremblement de terre. Or, celui de la BU de Schoelcher était bourrée de cartons, mettant ainsi en danger la vie du personnel de cette bibliothèque et des étudiants qui la fréquentent journellement (il y a 5.200 étudiants sur ce campus).

   L'Université des Antilles avait donc logiquement porté plainte et c'est ainsi que cette deuxième affaire-CEREGMIA est venue s'ajouter à la grosse affaire-CEREGMIA dont tout le monde a entendu parler. La justice a commencé donc à s'en occuper (avec la lenteur qu'on lui connaît et qui est un peu normale étant donné le manque de personnel dont souffre la juridiction de Fort-de-France). Sauf que les avocats du CEREGMIA invoquent maintenant la...prescription! Autrement dit, ils ne nient pas ce qui est reproché à leurs clients, mais s'appuient sur le fait que tout délit doit être jugé en temps et en heure. Ou plutôt dans un certain laps de temps. Passé ce laps de temps, les délits sont prescrits !!! Autrement dit sont comme qui dirait absous, effacés, oubliés, tout ce que l'on voudra.

   Si jamais les juges donnent raison aux avocats du CEREGMIA, vous verrez les chefs de ce dernier se mettre à pavoiser et chercher une nouvelle fois à entuber le grand public : "Nous avons été blanchis !" ne manqueront-ils pas de clamer. Sauf qu'il s'agit de la petite affaire-CEREGMIA (les archives de la BU) et non de la grosse (détournements de fonds européens) et qu'on n'est pas blanchis quand il y a prescription. C'est seulement que l'affaire ne peut plus être instruite !

   La pli bel anba labay !...

 

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