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Sciences Po Paris à son tour bloquée par une centaine d’étudiants

Sciences Po Paris à son tour bloquée par une centaine d’étudiants

   Le blocage de Sciences Po Paris a été voté mardi soir lors d’une assemblée générale qui rassemblait entre 70 et 250 personnes selon les versions. Les manifestants contestent la réforme d’accès à l’université et la politique «néolibérale et raciste» du gouvernement.

   «Nous occupons Sciences Po parce que Macron en est sorti, et que nous ne voulons pas finir comme lui». Ainsi s’achève le communiqué de presse rédigé par les étudiants de Sciences Po qui bloquent, depuis hier soir, le bâtiment emblématique du 27 de la rue Saint Guillaume. Réunis en assemblée générale la veille à 21h, une centaine d’étudiants, 250 selon eux, ont voté «à une très large majorité» le blocage reconductible de l’immeuble. Ils manifestent notamment, mais pas uniquement, contre la loi ORE qui réforme l’accès à l’université.

   Dans la rue Saint Guillaume ce matin, des étudiants bloqueurs cagoulés se tiennent aux fenêtres. La chanson de révolte italienne Bella ciao, qui connaît un regain de popularité grâce à la série «La Casa de papel», est diffusée à destination de la rue. Devant l’entrée, une quinzaine d’étudiants solidaires du blocage distribuent le communiqué de presse. Ils font également monter dans le bâtiment, à l’aide d’un sac attaché à une corde, du ravitaillement. Du pain, des tablettes de chocolat, des fruits et du jus d’orange, pour redonner quelques forces aux occupants de la nuit. De l’autre côté du trottoir, étudiants et membres de l’administration observent la scène.    

  «Bloquons la fabrique à élite»

   «Occuper Sciences Po est fortement symbolique: en tant que fac où a étudié Emmanuel Macron et de nombreux membres de sa majorité parlementaire», soulignent les étudiants bloqueurs dans leur communiqué. Ils accusent le président de la République et son gouvernement de mener une «vaste entreprise néolibérale et raciste».

   Ils contestent également plusieurs cours donnés à Sciences Po, qui selon eux promeuvent cette idéologie et s’en fait le principal «relais académique». «Notre école est pleine de ces modules visant à former les hauts fonctionnaires zélés du régime libéral et autoritaire». Sur une banderole déployée par la fenêtre qui surplombe la porte d’entrée principale, on peut lire: «Ici sont formés ceux qui sélectionnent. Bloquons la fabrique à élite».

   

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